Le propre des analystes est d'évoquer des scénarios qui, au final, ont souvent peu de chances de se produire. Rappelons nous par exemple que Royal Bank of Scotland évoquait durant l'été 2008 un clash dramatique en raison du différentiel de taux entre la Réserve Fédérale et la Banque Centrale Européenne. Toutefois, un tel clash ne s'est jamais produit.
Cette fois-ci, certains analystes du marché des changes, notamment Marc de Boisséson d'Octo Finances, se sont amusés à envisager une éventuelle dévaluation du dollar qu'ils appellent souvent de leurs voeux. Cette dévaluation répondrait selon eux à une nécessité, résultant du plan Geithner destiné à se débarrasser des actifs toxiques des banques. Rappelons nous qu'avant de faire une gaffe magistrale concernant le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale, Tim Geithner était parvenu à restaurer momentanément la confiance sur le marché des changes grâce à ce plan.
Afin de mener à bien l'opération, il est prévu de lever 500 milliards de dollars, de quoi soulever encore des questions au sujet de l'endettement inquiétant des Etats-Unis. Le plan présenté par Tim Geithner consiste à créer des partenariats entre des fonds privés et le Trésor.
Avec un tel plan, selon certains analystes, les banques pourraient trouver un excellent moyen de se financer bien que le plan prévoit qu'il ne doit pas exister de liens entre les banques vendeuses de leurs créances jugées « toxiques » et les acheteurs.
Cependant, là n'est pas le problème le plus aigu d'après certains analystes. En effet, le temps joue contre ce plan puisqu'il va falloir attendre sûrement quelques semaines voire mois pour qu'il soit mis en place. Entre temps, il est tout à fait vraisemblable que les banques américaines aient de nouveau besoin d'injections de liquidités. Toutes ne peuvent pas se vanter, à l'instar de Bank of America, de commencer le remboursement des fonds prêtés par l'Etat fédéral.
Ainsi, Tim Geithner pourrait rapidement se voir contraint de demander de nouveau fonds au Congrès alors que les fonds alloués au plan Paulson de cet automne ont presque été entièrement utilisés.
Une question récurrente se poserait alors, ayant trait au financement de la dette américaine. Certes, la Chine a rappelé qu'elle continuerait, contrainte et forcée puisqu'elle n'a pas de porte de sortie pour le moment, d'acheter des bons du Trésor américain. Le Japon, en fidèle allié, devrait agir de même. Toutefois, afin d'inciter davantage les épargnants du monde entier à venir financer la dette des Etats-Unis, certains analystes suggèrent d'avoir recours à une dévaluation du dollar et à une hausse des taux d'intérêt par la Fed. Cependant, il semble peu probable pour le moment que Ben Bernanke opte pour une telle option. Barack Obama, à l'instar de son prédécesseur, n'a-t-il pas plaidé en faveur d'une politique du dollar fort...
Nouvelle déconfiture du yen face au dollar
Bien que la semaine commence de manière générale plutôt mal pour le dollar, il a franchi aujourd'hui la barre de 100 yens pour un dollar, poussant la devise nippone à un plus bas depuis près de cinq mois sur le marché des changes. Considéré dans les premiers temps de la crise financière comme une valeur refuge, le yen a perdu depuis le mois de janvier ce statut du fait de la forte dégradation de l'économie nippone, sous l'effet d'une chute historique des exportations. Du fait du contexte économique intérieur, le yen s'est affiché régulièrement en baisse ces dernières semaines sur le marché des changes, au profit notamment du dollar.
Ce dernier s'affiche plutôt faible en milieu d'échanges européens face à la monnaie unique européenne en dépit des actions de la Corée du Nord ce week-end qui auraient pu favoriser un retour de l'aversion pour le risque sur le marché des changes. En fait, le dollar est toujours sous le choc des chiffres du chômage qui furent publiés vendredi dernier, atteignant un taux de 8,5% en mars, soit un record depuis près de 25 ans.
En dépit de la baisse des chiffres des ventes de commerce de détail et des prix à la production industrielle dans la zone euro, la monnaie unique européenne s'affiche en hausse sur le marché des changes. La semaine devrait être plutôt calme d'après les analystes puisqu'aucun indicateur majeur n'est attendu.
La seule annonce intéressante fut aujourd'hui une nouvelle divulguée par le Financial Times faisant état qu'un rapport confidentiel du FMI se prononcerait en faveur d'une adoption de la monnaie unique européenne par les pays d'europe de l'Est qui ont connu au cours des dernières semaines des déboires. Cependant, une telle proposition, qu'il convient de relativiser puisqu'il s'agit pour l'instant d'un document de travail, devrait être rejetée en bloc par la BCE et les pays membres de la zone euro qui ne sont pas favorables à un assouplissement des critères de Maastricht et par les pays d'europe de l'Est qui refuseraient probablement une adhésion a minima, c'est à dire sans siège au conseil des gouverneurs de la BCE comme le prévoit le document.
George Soros tâcle le dollar
Soulignant que l'environnement économique outre atlantique devrait continuer à se dégrader dans les mois qui viennent, les derniers du chômage corroborant de tels propos, George Soros a souligné que le système bancaire américain devrait mettre un certain temps avant de se relever étant donné qu'il est, selon lui, « fondamentalement insolvable » à l'heure actuelle.
Par ailleurs, George Soros anticipe, à l'instar du Fonds Monétaire Internationale, une reprise de l'économie mondiale en 2010. Comme la plupart des experts, il souligne que cette reprise devrait d'abord avoir lieu d'ici à la fin de l'année en Chine puis se propager au reste du monde.
Surtout, quelques jours après le sommet du G20 au cours duquel la question du dollar en tant que monnaie de réserve internationale n'a pas été officiellement soulevée, George Soros s'est félicité de la proposition chinoise, soutenue par la Russie et les pays émergents, de mettre en place une nouvelle monnaie de réserve internationale, qui pourrait être éventuellement les DTS du FMI. Selon Soros, « à long terme, avoir une unité internationale de compte autre que le dollar pourrait être un avantage ».
Enfin, alors qu'un rapport confidentiel du FMI a été révelé hier par le Financial Times, George Soros s'est félicité, à l'inverse d'une majorité des experts américains, de la résistance de l'euro à la crise, soulignant que l'euro a offert « un avantage colossal » aux pays qui l'utilisent, rejetant par la même l'hypothèse d'une sortie d'un pays membre de la zone euro en raison de la politique monétaire suivie par la Banque Centrale Européenne. Citant les Etats Baltes ou encore l'Ukraine, qui sont dans des situations économiques dangereuses, il s'est félicité du soutien plus constructif apporté par l'Allemagne, première économie de la zone euro, tout en ne se prononçant pas sur la question de l'adoption de la monnaie unique européenne par les pays d'europe de l'Est, comme le suggérait le rapport confidentiel du Financial Times.
Les valeurs refuge sont à l'honneur
Deux facteurs majeurs expliquent aujourd'hui la baisse prolongée de la monnai unique européenne, sur fond de rebond du dollar.
D'abord, mécaniquement, l'anticipation d'une nouvelle baisse du loyer de l'argent dans la zone euro, alors que le principal taux de la Banque Centrale Européenne a été baissé à 1,25% ce mois ci, joue en défaveur de l'euro. Le gouverneur de la banque centrale grecque a d'ailleurs rappelé que la Banque Centrale Européenne pourrait tout à fait baisser son taux en dessous de 1% en cas d'aggravation de la situation économique, ce qui n'est toutefois pas d'actualité pour le moment.
Par ailleurs, la baisse constatée de la monnaie unique européenne en ce milieu de semaine s'explique surtout par la chute des marchés d'action, qui correspond à un regain de l'aversion pour le risque, entraînant l'euro par la même.
L'euphorie du G20 passée, la Bourse de New York s'est inscrite en baisse substantielle hier en raison de l'inquiétude exprimée par les investisseurs pour la santé des entreprises à l'orée de la saison des résultats. De plus, les investisseurs tendent à vouloir limiter les risques à la veille d'un week-end prolongé, ce qui explique la prudence constatée lors des dernières séances.
Evidemment, ce contexte favorise un rebond de la devise américaine sur le marché des changes. Ainsi, le dollar a notamment affiché une hausse depuis hier face à l'euro, tout en baissant aujourd'hui face au yen. Les investisseurs retrouvent des conditions de marché qu'ils connaissent bien, c'est à dire la liaison entre le marché des changes et le marché des actions, dans un climat d'incertitude qui favorise le retour des valeurs refuge.
FOREX est l’abréviation de FOReign EXchange – qui signifie marché des changes ou encore marché des devises. Le FOREX est le marché où les monnaies sont vendues, achetées, sous forme de parités. Sur le marché du Forex, toutes les monnaies sont échangées en temps réel, 24h/24h, 7J/7J. Le Forex est depuis quelques années ouvert aux particuliers, simples investisseurs voulant diversifier leurs placements ou purs spéculateurs. L'acces au marché des changes pour les particuliers est offert grâce aux brokers du forex.
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