En ce mardi matin, en dépit d'une légère baisse, l'euro a largement maintenu ses gains de la veille sur le marché des changes alors que la prudence des investisseurs se fait considérablement sentir en raison des incertitudes liées à la conjoncture mondiale et d'indicateurs cruciaux attendus tout au long de la semaine.
En dépit d'une perspective de reprise de l'économie américaine d'ici à la fin de l'été, les cambistes restent particulièrement prudents, essayant de déterminer une tendance pour leurs achats à court terme, certains n'excluant pas une chute du dollar sur le marché des changes.
A l'inverse de la semaine dernière qui fut plutôt calme, cette semaine devrait être mouvementée pour les devises du Forex, notamment la devise américaine. En effet, en dépit des bons résultats de Wells Fargo et hier de la banque d'investissements américaine Goldman Sachs, qui a permis une remontée du dollar dans les échanges asiatiques, les incertitudes restent grandes. Il suffit d'ailleurs de voir l'impact qu'a eu un article du New York Times évoquant la baisse des achats par la Chine de bons du Trésor américain sur le dollar pour constater l'ampleur des doutes.
De nouveaux résultats du secteur bancaire américain sont attendus d'ici à la fin de la semaine. Le bal doit continuer jeudi avec JP Morgan et Citigroup doit clôturer la semaine vendredi. D'après les premières estimations, les résultats des banques américaines au premier trimestre sont globalement meilleurs que ceux prévu par les analystes.
Enfin, concernant la monnaie unique européenne, les investisseurs du marché des devises seront attentifs aux chiffres de l'inflation et de la production industrielle.
Ascension des valeurs refuge sur le marché
Le dollar, en tant que valeur refuge, surfe littéralement sur l'aversion pour le risque. La séance d'aujourd'hui ne déroge décidément pas à la règle. En effet, grâce à une avalanche de mauvais indicateurs, l'aversion pour le risque des investisseurs s'est considérablement renforcée sur le marché des changes lors de la séance d'aujourd'hui, pénalisant la monnaie unique européenne.
Après avoir été soutenu hier par les baisses surprises des ventes de détail et des prix à la production aux Etats-Unis, la devise américaine a capitalisé aujourd'hui sur les chiffres indiquant une déflation pour le mois de mars. Ce scénario, redouté par les banques centrales, n'a plus eu lieu depuis près de 50 ans outre atlantique.
Outre des chiffres décevants, alors que les experts, rappelons-le, prévoient une sortie de crise d'ici à la fin de l'été aux Etats-Unis, le dollar a profité du petit coup de pouce donné mardi par le président de la Fed, Ben Bernanke. Ce dernier a eu un discours qui s'inscrit largement dans la rhétorique des dernières semaines outre atlantique, soulignant que le dollar est toujours la seule monnaie de référence au niveau mondial et qu'il n'existe pas, pour le moment, de raison valable d'en changer. La contre attaque en bon ordre était destinée évidemment à la Chine et à la Russie qui, depuis le G20, s'évertuent à militer en faveur d'une nouvelle monnaie de réserve mondiale.
Enfin, la monnaie unique européenne a évidemment pâti de l'aversion pour le risque sur le marché des changes mais également de craintes de déflation en Allemagne, principale économique de la zone euro. La monnaie unique a toutefois connu un répit grâce aux retombées des propos d'Axel Weber, membre de la BCE, qui a souligné qu'il ne voit aucunement la nécessité d'inscrire le principal taux de l'institut en dessous de 1%. Suite à ces propos, l'euro a réussi à gagner un peu plus d'un cent avant de se tasser sur le Forex.
L'euro sous la barre de 1,32 dollar sur le Forex
Commençons la journée par une anecdote amusante qui souligne à quel point la realpolitik prédomine et peut même avoir un impact direct sur le marché des changes. Vous vous souvenez certainement qu'en février, lors de la prise de fonction de la nouvelle administration, le président Barack Obama et Tim Geithner ne s'étaient pas privés pour critiquer la manipulation du taux de change du yuan par Pékin. Depuis, le revirement fut spectaculaire puisque le Trésor a récemment affirmé que le yuan n'est pas manipulé mais qu'il est cependant toujours sous-évalué en dépit des efforts de Pékin. Le statut de premier détenteur de bons du Trésor américain de la Chine et sa récente sortie à la veille du sommet du G20 à Londres dans le domaine monétaire ne sont certainement pas pour rien dans cet assouplissement de la position américaine vis à vis de la monnaie chinoise.
Passons cependant aux choses sérieuses. En ce début de séance, la monnaie unique européenne continue son tassement face au billet, passant sous la barre de 1,32 dollar dans un contexte particulier. En effet, bien que les analystes veulent croire que le pire de la crise est derrière nous, ils restent néanmoins prudents, ayant reçu un coup de masse ces derniers jours avec la publication de mauvais indicateurs venant des Etats-Unis. Le dernier en date, faisant état d'une déflation aux Etats-Unis au mois de mars a pris les cambistes au dépourvu.
Selon certains analystes, les cambistes pourraient rester prudents jusqu'à la publication annoncée hier par Washington d'informations concernant la santé des 19 principaux établissements bancaires du pays.
D'ici là, les acteurs du marché des changes devraient jeter un regard attentif aux nouveaux indicateurs attendus aujourd'hui. Il s'agit en l'occurrence des chiffres des mises en chantier et des permis de construire au mois de mars aux Etats-Unis, devant donner quelques indices sur le marché immobilier. Enfin, il faudra, pour la clôture de la semaine, veiller à ne pas rater les propos de Ben Bernanke, président de la Fed.
Dominique Strauss Kahn soutient le dollar
Le directeur général du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss Kahn, ancien professeur d'économie à Sciences-Po Paris et ministre des Finances sous le gouvernement Jospin, a rejoint la ligne américaine en affirmant que le dollar doit rester pour le moment la monnaie de référence internationale, contredisant ainsi les demandes chinoise et russe, ajoutant au passage que la devise américaine affiche une excellente résistance sur le marché des changes en dépit de la profonde crise économique que traversent les Etats-Unis.
En effet, DSK n'a pas tort puisque le dollar, depuis le début de la crise, en dépit de soubresauts, affiche une belle résistance face aux autres devises du marché des changes. Cette résistance est surtout le résultat du statut de valeur refuge de la devise américaine. En ce vendredi, ce statut se confirme encore pleinement, le dollar s'affichant en hausse face à l'euro et au yen, alors que les investisseurs du marché des changes hésitent, partagés entre la réalité économique et les perspectives à court terme de l'économie américaine.
Les bons résultats du secteur bancaire américain et la bonne performance de Wall Street ont incité les cambistes à acheter du dollar sur le marché des devises. Comme il fallait le prévoir, les banques américaines affichent de bons résultats pour le premier trimestre, notamment JP Morgan Chase dont les bons résultats ont éclipsé les mauvais chiffres des mises en chantier de logements et des permis de construire délivrés outre atlantique.
Aujourd'hui, les investisseurs jetteront un oeil attentif aux résultats de Citigroup puis suivront ceux de Bank of America et Morgan Stanley la semaine suivante. Sans surprise, les résultats annoncés devraient probablement favoriser le dollar sur le marché des changes.
Les banques, baromètre du marché des devises
Les bons résultats trimestriels du secteur bancaire américain, depuis l'annonce faite il y a un peu moins de quinze jours par Wells Fargo, ont levé un certain nombres d'incertitudes sur le marché des changes, les cambistes s'inquiétant depuis le début de la crise de la santé du système financier américain, notamment suite à la faillite de Lehman Brothers ou à la nationalisation du géant AIG.
Remises à flot, les banques américaines désirent désormais rembourser l'Etat américain dans les plus brefs délais afin de retrouver leur indépendance. C'est notamment le cas de Goldman Sachs qui compte lancer une augmentation de capital de 5 milliards de dollars d'actions ordinaires afin de réunir une partie des fonds nécessaires au remboursement des dix milliards de dollars d'aides prêtés par le gouvernement américain. L'Etat américain accueille très positivement de tels mouvements, à condition que les banques soient capables d'attirer des investisseurs privés. Dans un tel contexte, les valeurs risquées ont retrouvé un certain regain d'intérêt aux yeux des cambistes.
La prévision d'une sortie de crise d'ici à la fin de l'été, évoquée par des experts américains et la Maison Blanche a contribué à instaurer un climat plus positif sur le marché des changes qui a notamment bénéficié à la monnaie unique européenne.
Toutefois, la publication mardi dernier des chiffres décevants des ventes de détails, suivis par de mauvais indicateurs du marché de l'immobilier et l'entrée au mois de mars en déflation des Etats-Unis ont rappelé aux investisseurs que l'économie américaine est toujours convalescente même si les perspectives à moyen terme sont plutôt rassurantes.
Dans ce contexte, marqué par une très forte incertitude et un tiraillement des investisseurs du marché des changes entre la dure réalité économique et les perspectives d'avenir, les valeurs refuge, au premier rang le dollar et le yen, ont alors regagné du terrain sur les autres devises du marché des changes, notamment les dollars australien et néo-zélandais. L'aversion pour le risque a marqué de son emprise les dernières séances de la semaine, les cambistes préférant s'orienter vers des placements jugés sûrs.
La monnaie unique européenne a notamment conclu la semaine en forte baisse face à la devise américaine alors que l'environnement économique dans la zone euro a continué de se dégrader au cours des dernières semaines.
FOREX est l’abréviation de FOReign EXchange – qui signifie marché des changes ou encore marché des devises. Le FOREX est le marché où les monnaies sont vendues, achetées, sous forme de parités. Sur le marché du Forex, toutes les monnaies sont échangées en temps réel, 24h/24h, 7J/7J. Le Forex est depuis quelques années ouvert aux particuliers, simples investisseurs voulant diversifier leurs placements ou purs spéculateurs. L'acces au marché des changes pour les particuliers est offert grâce aux brokers du forex.
ATTENTION: le FOREX est un marché rendu volatil par l'effet de levier qui vous est proposé. Un risque de pertes financières importantes est toujours présent. Tribuforex fournit à ses internautes des idées de trade ainsi que des analyses, mais ne pourra être tenu responsable en cas de perte.