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Avril 2009 - Semaine 4

Cacophonie au sommet de la zone euro

 

En milieu de semaine dernière, le puissant patron de la Bundesbank, Axel Weber, avait donné de la voix pour s'opposer à une réduction du loyer de l'argent dans la zone euro en dessous de 1%, arguant que « le taux de l'argent au jour le jour, c'est à dire le taux auquel les banques se prêtent des liquidités entre elles sur un jour, est nettement inférieur au principal taux de refinancement ».

D'habitude, les membres du Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne n'exposent pas leurs différents sur la place publique, préférant laver leur linge sale en famille.

Cependant, depuis la dernière conférence de presse de Jean Claude Trichet, le 2 avril, au cours de laquelle il a clairement laissé entendre que la prochaine baisse des taux serait d'un quart de point et serait la dernière, sauf scénario catastrophe, des voix discordantes se sont faites entendre, quitte à brouiller le message de la Banque Centrale Européenne auprès des investisseurs.

En règle générale, les interventions verbales des membres du Conseil des Gouverneurs sont plutôt destinés à aiguiller les investisseurs sur la prochaine décision de politique monétaire de Francfort. Cette fois-ci, il en est tout autre puisque les investisseurs ne savent désormais plus à quel sein se vouer.

La charge fut en fait lancée il y a déjà quinze jours par le gouverneur de la banque centrale autrichienne, Ewald Nowotny (ci-dessus) sans que son intervention ne créé, sur le moment, de remous. Il a simplement souligné que le débat sur l'ampleur de la prochaine baisse des taux est toujours ouvert. Cependant, les gouverneurs des banques centrales grecques, George Provopoulous, et chypriote, Athanasios Orphanides, se sont ralliés à sa position, allant même plus loin puisqu'ils ont clairement défendu l'idée d'une assouplissement monétaire en dessous de 1% et l'achat de titres de dette afin de soutenir l'économie de la zone euro.

Face à cette cacophonie, Axel Weber est monté au créneau, permettant au passage à la monnaie unique européenne de gagner près d'un cent sur le marché des changes face au dollar. Alors que la Banque Centrale Européenne a toujours été plus ou moins divisée depuis le début de la crise entre deux tendances extrêmes, incarnées d'une part par le gouverneur de la banque centrale chypriote et d'autre part par le gouverneur de la banque centrale allemande, jamais jusque là les dissensions internes n'ont fini sur la place publique.

Il faut avouer que la sortie de crise commence à pointer, du moins outre atlantique où de nombreux experts, auxquels s'est joint le président Obama, envisagent une reprise de l'économie d'ici à septembre 2009. Entre temps, l'horizon continue toujours de s'obscurcir dans la zone euro sans que les perspectives économiques ne s'améliorent pas significativement. La pression est donc importante au Conseil des Gouverneurs, chacun y allant de sa propre stratégie. Il faudra patienter jusqu'au prochain Conseil pour savoir quel courant aura réussi à faire valoir son point de vue le plus efficacement.

 

L'euro sous 1,30 dollar sur le marché des devises

 

Faisant directement écho à notre éditorial intitulé « Cacophonie au sommet de la zone euro », l'euro s'est affiché aujourd'hui en milieu d'échanges européens fortement en baisse face au dollar puisque la devise de la zone euro s'est inscrite en dessous de 1,30 dollar, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis le 18 mars dernier, date à laquelle la Réserve Fédérale avait annoncé un renforcement de sa politique d'assouplissement quantitatif par le biais de rachats massifs de titres.

Depuis cette date, la monnaie unique européenne a entamé un cycle plutôt baissier sur le marché des changes, les spéculations allant bon train quant à savoir les mesures qui seront prises par la Banque Centrale Européenne. Si Francfort semble s'être résolu à adopter des mesures d'assouplissement quantitatif afin de relance la croissance dans la zone euro, il semble toutefois que l'hypothèse d'une baisse des taux soit encore en débat.

Hier, Jean Claude Trichet a en tout cas lancé un pavé dans la mare en annonçant qu'une nouvelle baisse des taux est vraisemblable le mois prochain mais d'une ampleur qui ne devrait pas dépasser 25 points de pourcentage, ne tranchant ainsi pas le débat entre ceux, au sein du conseil des gouverneurs, qui sont favorables à une baisse des taux en dessous de 1% et ceux qui y sont fermement opposés, comme le gouverneur de la banque centrale allemande Axel Weber.

En ce qui concerne le dollar, la devise américaine était soutenue en milieu d'échanges européens par les révélations faites aujourd'hui par le New York Times selon lesquelles les conseilleurs économiques du président Obama envisageraient de renflouer les banques sans débourser davantage de fonds publics en convertissant tout simplement les prêts du gouvernement américain aux banques en actions.

 

La Riksbank abaisse son taux à 0,5%

 

Tôt ce matin, la banque centrale suédoise, la Riksbank, a pris la décision de baisser son principal taux directeur à un niveau historiquement bas, à 0,5%. Cette annonce fut concomitante d'une autre, celle d'un recul du PIB de 4,5% pour l'économie suédoise pour 2009, avant de renouer en 2010 avec une croissance très faible, estimée à 1,3%.

Outre la Suède qui, à l'instar de nombreux pays européens est entré dans une profonde récession, la banque centrale australienne, par la voix de son gouverneur, Glenn Stevens, vient de confirmer que l'Australie n'a pas échappé à la récession, le pays connaissant pour la première fois depuis 1991 deux semestres consécutifs de contraction de l'économie.

Ces mauvaises nouvelles étaient largement attendues mais tombent très mal alors que des signes de rebond de l'économie américaine ont été perçus lors des dernières semaines.

Pour autant, l'aversion pour le risque sur le marché des changes est très forte. Le rebond constaté du dollar face aux autres devises n'a toutefois pas profité aux valeurs dites « dollar », à l'exemple du titre EADS sur le marché des actions. Selon certains analystes, les marchés d'actions et les actifs risqués, notamment les dollars australiens et néo-zélandais, pourraient connaître une correction dans les prochaines semaines avec la remontée de l'aversion pour le risque, poussant les investisseurs à se replier sur les valeurs refuges, nommément le dollar et le yen.

Entre temps, les indices contradictoires s'accumulent pour la zone euro. La publication de l'indice ZEW allemand, qui est repassé dans le vert, a redonné un peu de souffle à la monnaie unique européenne en début d'échanges européens face au dollar. Les cambistes ont interprété cette hausse de l'indice comme l'espoir que la récession pourrait peut-être s'adoucir dans la première économie de la zone euro.

Enfin, les investisseurs du marché des changes attendent impatiemment la publication par Washington du « test de résistance » que les principaux établissements bancaires américains ont subi, afin de prendre position sur le plus long terme.

 

Axel Weber attise les craintes des cambistes

 

Le puissant patron de la banque centrale allemande, Axel Weber, a ravivé de nombreuses craintes aujourd'hui sur le marché des changes. En effet, alors que la publication de l'indice ZEW hier a attisé les espoirs et profité à la monnaie unique européenne, les récents propos d'Axel Weber ont jeté un froid sur les marchés.

Ce dernier a, en effet, souligné que les perspectives économiques pour la zone euro restent toujours incertaines, écartant cependant le scénario d'une déflation. A l'heure actuelle, il n'y a aucun signe de retournement conjoncturel qui puisse étayer la thèse d'une reprise de la croissance prochainement.

Il a par ailleurs de nouveau réaffirmer sa ferme opposition à une baisse des taux de la Banque Centrale Européenne en dessous de 1%, soulignant qu'inscrire le loyer de l'argent dans la zone euro à 1% constitue un « plancher raisonnable pour le taux de refinancement ». Ces propos étayent de plus en plus l'hypothèse d'une nouvelle baisse des taux dans la zone euro, baisse déjà esquissée par Jean Claude Trichet. Celle-ci devrait avoir lieu début mai et être d'une faible ampleur, estimée à 25 points de base.

Le renouveau des inquiétudes sur le marché des changes s'est évidemment matérialisé par un repli stratégique des investisseurs sur les valeurs refuge, faisant ainsi chuter la monnaie unique européenne face au dollar en milieu d'échanges européens.

Pour l'heure, le point focal du marché des changes va demeurer les résultats du « test de résistance » effectué par Washington sur les 19 principaux établissements bancaires du pays, ce test pouvant donner le pouls du marché pendant quelques semaines, et la réunion du 7 mai du Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne.

 

Le blogueur financier Minerve tire sa révérence

 

Cette histoire prend un tournant particulier puisqu'elle a pour toile de fond un durcissement de l'usage d'internet en Corée du Sud.

Jusqu'à maintenant, les traders francophones n'ont certainement jamais eu l'occasion d'entendre parler de Minerve, à l'exception de ceux qui se souviennent encore de leurs cours d'histoire portant sur la mythologie. En l'occurrence, il n'est pas question ici de la déesse romaine de la sagesse mais d'un blogueur financier sud-coréen qui a pris pour pseudonyme Minerve.

Pendant plusieurs mois, Minerve, qui se présentait comme un ancien courtier résidant à l'étranger, a inondé de ses « posts » le forum de discussions Agora, qui est hébergé par le portail Daum. Son activité a commencé en juillet 2008 et elle fut marquée par quelques coups d'éclat spectaculaires qui ont permis d'asseoir rapidement sa réputation. Ainsi, il a notamment prévu la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers et la chute du won face au dollar sur le marché des changes. Ces quelques succès, qui cachent en fait de nombreuses erreurs, ont vite fait de bâtir sa légende sur la blogosphère et dans le monde des courtiers. Au plus haut de la vague, les « posts » de Minerve étaient lus par près de 370 000 internautes.

Cependant, tel Icare, ce dernier s'étant trop rapproché du soleil, il a fini par chuter. La chute fut évidemment dure puisqu'il fut emprisonné et accusé de « diffuser de fausses informations dans le but de porter atteinte à l'intérêt public ». Disculpé et libéré depuis, le fameux Minerve était en fait un chômeur d'une trentaine d'années qui glanait ses informations sur internet.

Au final, aucune méthode miracle, aucune connaissance particulière des marchés. Rien. Minerve savait seulement utiliser intelligemment internet afin de se bâtir une réputation.

A l'instar des services de renseignement, Minerve récupérait ses informations si précieuses aux yeux de nombreux courtiers sur un outil qui est à la portée de tous. Au final, loin de diffuser des informations économiques inaccessibles, il diffusait simplement des informations disponibles à partir des « sources ouvertes », pour réutiliser le jargon des services de renseignement.

Deux leçons peuvent être tirées de cette aventure. D'abord, les traders doivent se méfier des intervenants qui se targuent de décrypter les informations économiques avant tout le monde. En effet, même s'il a réussi par exemple à prévoir l'effondrement du won, il a également diffusé de nombreuses informations qui se sont avérées fausses et qui ont pu porter atteinte à des investisseurs peu prudents. Enfin, le succès de Minerve montre également qu'en matière de trading, ce qui est le plus important, c'est d'avoir accès aux informations. En effet, toutes les informations sont disponibles, notamment grâce à des flux d'informations en temps réels fournis par des agences, comme Bloomberg par exemple, pour pouvoir faire des trades judicieux. Bien sûr, cela ne garantit pas qu'un trade sera immanquablement fructueux mais cela permet de mettre toutes les chances de son côté. Ainsi, il convient de s'informer au maximum, sur les forums et les sites d'informations comme forex.fr notamment pour pouvoir tenter d'anticiper les mouvements du marché.

 

Le Peso mexicain est la devise la plus fragilisée

 

Du fait de la grippe porcine, le peso mexicain a sombré depuis l'ouverture des marchés lundi face au dollar, réduisant à néant les efforts des derniers mois de la banque centrale mexicaine pour maintenir à flot la devise sur le marché des changes.

A l'image du peso, l'euro et la livre sterling ont accusé une baisse sur le marché des devises depuis la découverte de cette nouvelle épidémie. Le yen, et dans une moindre mesure la devise américaine,  a capitalisé sur son statut de valeur refuge pour s'inscrire à des plus hauts face à la monnaie unique européenne.

Toutefois, selon la plupart des analystes du marché des changes, l'effet d'annonce lié à la grippe porcine devrait s'estomper lors des prochaines séances, les cambistes jetant plutôt un regard du côté de de la Réserve Fédérale américaine.

En effet, la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed commence aujourd'hui. Selon toute vraisemblance, la Fed devrait maintenir en place l'impressionnant arsenal mis en place au cours des derniers mois pour lutter contre la crise mais devrait également esquisser des mesures de retour à la normale en prévision d'une reprise de la croissance américaine d'ici à la fin du mois de septembre.

Les investisseurs du marché des changes attendent également avec une certaine fébrilité le résultat des tests appliqués aux 19 principales banques américaines. Vendredi dernier, les autorités du Trésor ont révélé leur méthodologie, estimant que les banques doivent notamment posséder un capital de réserve de 3,3% en 2009 pour faire face à la crise. Les résultats officiels sont attendus le 4 mai. Entre temps, les premières rumeurs font état de la nécessité de renforcer les capitaux à Citigroup et Bank of America.

Enfin, les acteurs du marché des changes veilleront aujourd'hui à jeter un oeil sur la publication des chiffres de la confiance du consommateur américain qui pourraient avoir une influence sur l'évolution du taux de change du dollar.

 

Le dollar a du plomb dans l'aile mais résiste

 

En ce mercredi après midi, la devise américaine a été plombée par les chiffres très décevants du PIB américain alors que les acteurs du marché des changes attendent l'issue de la réunion du Comité de Politique Monétaire de la Réserve Fédérale.

D'après les analystes du marché des changes, cette réunion devrait simplement confirmer les mesures agressives prises depuis plusieurs mois par la Fed afin de surmonter la crise. Toutefois, en prévision d'une sortie de crise, des mesures de retour à la normale devrait probablement être évoquées.

Pour autant, la reprise de l'économie semble encore loin outre atlantique. En effet, les chiffres du PIB publiées aujourd'hui rappellent à quelle point la crise économique est profonde. En effet, l'économie américaine enregistre son troisième trimestre de contraction d'affilée, le PIB américain dégringolant de 6,1% en rythme annuel au premier trimestre, notamment en raison d'une chute incroyable de l'investissement.

Une telle nouvelle a renforcé la hausse de la monnaie unique européenne sur le marché des changes, entamée depuis hier avec le rebond de la confiance des consommateurs américains et l'annonce d'un accord entre le Trésor et les créanciers du groupe automobile Chrysler. Cette hausse a été confirmée aujourd'hui par la hausse de la confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs de la zone euro. Ces nouvelles ont permis un timide retour de la confiance des investisseurs, ces derniers se détournant des valeurs refuge, oubliant au passage la grippe porcine. Pour autant, en dépit d'une légère baisse, la résistance de la devise américaine sur le marché des changes est admirable.

 

Le risque fait son retour sur le Forex

 

L'aversion pour le risque, avec un repli sur les valeurs refuge, nommément le dollar et le yen, a caractérisé les premières séances du début de semaine sur le marché des changes à la faveur de la grippe porcine. Depuis, le marché des changes s'est totalement retourné puisque les investisseurs sont retournés aux fondamentaux économiques. Ceux-ci étant relativement rassurants, les devises jugées à risque en ont largement profité aujourd'hui.

Ainsi, en milieu d'échanges européens, la monnaie unique européenne s'inscrivait en hausse simultanément face au dollar et au yen.

En regardant de plus près, les indicateurs économiques sont en fait très contrastés mais les investisseurs semblent vouloir croire à une reprise durable proche. Ainsi, bien que la Banque du Japon a révisé à la hausse ses prévisions concernant la récession pour la période 2009-2010, les chiffres meilleurs que prévu de la production industrielle au mois de mars ont redonné un peu d'espoir. De même, l'euro a retrouvé un peu de lustre aujourd'hui grâce à des indicateurs moins mauvais que prévu. Il s'agit notamment des chiffres de l'inflation qui sont restés identiques au mois d'avril. Pour autant, la prudence est encore perceptible.

Les chiffres du chômage dans la zone euro au mois de mars ont rappelé que la sortie de crise, si elle se profile timidement, est encore loin et, surtout, les cambistes attendent de connaître l'issue de la tragi-comédie au centre de laquelle est le constructeur automobile Chrysler et les résultats du « test de résistance » sur les banques américaines avant de prendre position.

Un long week-end commence pour les marchés européens et japonais qui devrait permettre aux esprits de se calmer, les cambistes étant manifestement encore anxieux sur l'avenir.

 


 
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