La banque centrale chinoise renforce les contrôles
La Chine a décidé de resserrer le financement immobilier en demandant aux entrepreneurs de soumettre au gouvernement leurs plans de construction pour approbation.
La Commission chinoise de régulation des produits financiers a transféré des demandes de financement de 41 sociétés au Ministere du terrain et des ressources. Les officiels chinois dissent toujours etre en faveur d'une politique monétaire relativement souple, meme si le gouvernement central essaie toujours d'éviter la formation d'une bulle.
Zhou Xiachuan, le Gouverneur de la Banque Populaire de Chine, la banque centrale, a en effet dit dans un communiqué a une reunion du FMI que son pays maintiendra une politique monétaire expansive mais qu'ils travaillaient a empecher la formation d'une bulle.
Néanmoins, le gouvernement chinois est pris entre le marteau et l'enclume et essaient de trouver le bon équilibre entre d'un côté la lutte contre l'inflation et de l'autre le soutien de la reprise économique, spécialement alors que les incertitudes se poursuivent sur la reprise économique avec le retrait des mesures de < stimulus >.
Souvenons-nous que la Chine a introduit des mesures de soutien de l'ordre de 4 trillions de Yuan, soi-disant pour < soutenir l'économie et faire face aux conséquences de la crise financiere >.
Ces dernieres mesures sont venues alors que les banques chinoises ont preté environ 9.6 trillion de Yuan l'année derniere, soit 1.4 trillion de dollars, afin de relancer la machine économique chinoise en légere perte de vitesse. La croissance semble etre revenue au troisieme et au quatrieme trimestre de l'année derniere mais il semble que l'hydre de l'inflation s'apprete a faire son retour, ce qui ne calme pas les décideurs chinois.
De plus, la Commission de Régulation Bancaire a dit en janvier dernier que la Chine allait contrôler la croissance du crédit pour qu'il ne dépasse pas 7.5 trillion de Yuan (1.1 trillion de dollars) cette année, en plus d'avoir < demandé > a certaines banques de limiter leurs prets pour faire face aux pressions inflationnistes.
Concernant les prix des proprieties en Chine, ceux-ci ont augmenté en moyenne de 11.7% d'apres une étude effectuée sur 70 villes en mars, le plus important chiffre depuis 2005. Certains y voient le début de la formation d'une bulle dans le marché immobilier, qui pourrait empecher la réalisation du potentiel économique chinois.
Le gouverneur de la Banque centrale a donc dans cet environnement promis de < mettre en application une politique fiscale proactive et une politique monétaire assez souple >.
La croissance chinoise a accéléré au rythme incroyable de 11.9% au premier trimestre de cette année, ce qui pourrait néanmoins forcer la banque centrale a resserré les boulons pour lutter contre l'inflation.
Les déboires de l'euro se poursuivent
Rapidement tour d'horizon de la situation en Europe avec une nouvelle chute de la monnaie unique européenne aujourd'hui face aux principales monnaies du marché des changes. Par rapport a vendredi soir, l'euro chutait en fin de matinée aujourd'hui a 1,3320 dollar, toujours sous le seuil de 1,34 dollar. Ce seuil avait momentanément été atteint en fin de semaine derniere juste apres l'annonce de la Grece de faire appel a l'aide internationale conjointe de l'UE et du FMI.
Comme nous l'indiquions déja vendredi, les pays principaux de la zone euro, notamment la France et surtout l'Allemagne, imposent des conditions a l'aide de l'UE a la Grece. Athenes reste toutefois confiante et espere que les premiers crédits pourront etre versés dans le courant du mois de mai.
Pour autant, la pression reste toujours aussi forte sur la Grece, comme en témoigne la forte poussée du rendement des obligations grecques a 10 ans qui a dépassé le seuil de 9% aujourd'hui. L'euro reste également sous pression bien qu'il ait réussi en début d'échanges européens a prendre un peu de terrain par rapport au yen.
De nombreux analystes ont aussi pointé du doigt le fait que de nombreux pays européens qui sont déja en difficulté, comme les pays ibériques ou l'Irlande, vont devoir trouver de l'argent afin de pouvoir accorder un pret a la Grece, en vertu des engagements pris il y a quelques semaines a Bruxelles. Une telle perspective n'est évidemment pas faite pour rassurer les investisseurs du marché des changes.
Rapport de la Banque d'Israël
La Banque d'Israël a rendu son dernier rapport récemment sur l'état et les perspectives de l'économie israélienne. La banque centrale israélienne est le premier pays développé a avoir relevé ses taux cet été, hausse permise par la bonne santé de l'économie israélienne par rapport aux économies américaine et de la zone euro. Comparé aux autres devises émergentes, le shekel s'est nettement mieux attendu sur le marché des changes et a entamé une phase d'appréciation face au billet vert depuis le début de l'année.
Le dernier rapport de la Banque d'Israël, qui adresse de nombreuses recommandations, pointe notamment du doigt la trop forte concentration de l'économie israélienne aux mains d'un petit nombre de grandes familles ce qui créé une situation monopolistique sur certains segments de marché. Une telle situation est évidemment inquiétante a maints regards, notamment car elle est contraire a la concurrence et car elle pourrait obliger l'Etat en cas de risque de faillite a intervenir afin d'éviter un risque systémique. Un tel souci est d'ailleurs a l'heure actuelle évoquée au Congres américain dans le cadre d'un projet de loi de régulation bancaire. Le rapport de la Banque d'Israël fait notamment aux récents déboires financiers du consortium Africa-Israel qui a été malmené récemment a la Bourse de Tel Aviv. Afin de réduire cette concentration monopolistique de l'économie israélienne, l'une des recommandations de l'institution est d'émettre un <impôt sur les dividendes > qui sont réalisés lors du transfert de capitaux entre sociétés.
Enfin, une fois n'est pas coutume, le rapport de la banque centrale s'inquiete de l'état du secteur immobilier. En dépit de la hausse continue des prix de l'immobilier depuis deux ans, une bulle ne s'est pas formée mais un tel risque n'est pas écartée dans le futur, surtout si cette hausse se poursuit en 2010. Elle pourrait alors peser sur le rétablissement de l'économie israélienne, voire a terme influer négativement sur l'évolution du taux de change de la devise israélienne vis-a-vis du dollar et de l'euro.
La finance virtuelle au cour de la crise
La crise économique et financiere mondiale a mis en lumiere les nombreuses fragilités du systeme financier américain dont le succes dans les années 80 a poussé le monde entier a se conformer aux regles et a la mentalité américaine.
Cependant, ce systeme est maintenant en lambeau, les Etats-Unis ayant meme été contraints, comble du comble, de certains établissements afin d'éviter un risque systémique. Maintenant que le plus fort de la crise est derriere nous et que les bonnes habitudes de Wall Street ont reprises, les responsables politiques américains ont décidé de s'attaquer a la tâche tres difficile de mieux réguler le secteur financier américain. Barack Obama, qui est l'artisan de cette réforme, n'est pas a louer pour autant. Aucun président ne pouvait ne pas agir.
La réforme qui a été récemment présentée pour le secteur bancaire met au centre du systeme la Réserve Fédérale, une institution critiquée mais qui a prouvé son rôle essentiel a maintes reprises depuis 2008. Cependant, réformer le systeme bancaire est certes une bonne chose mais s'attaquer aux racines du mal serait certainement une meilleure chose encore. Les racines du mal, c'est la finance virtuelle. Cette finance qui, complexe, créé chaque mois de nouveaux instruments financiers dont l'utilité et le fonctionnement sont souvent difficiles a appréhender, meme pour ceux qui sont chargés de les vendre. Deux criteres sont toujours mis en avant : la prise de risque et le rendement.
Au cour de cette finance virtuelle se trouvent deux établissements qui ont défrayé la chronique aux Etats-Unis au plus fort de la crise : Fannie Mae et Freddie Mac. Ces deux agences fédérales, sauvées par Washington, ont fait la Une des journaux au moment de leur sauvetage mais, depuis, plus un mot sur elles. Pourtant, elles sont clairement a l'origine de la crise. Peu réglementées, elles ont été créées outre-Atlantique en 1916 afin de stimuler les crédits vers certains secteurs de l'économie américaine. Cependant, deux problemes apparaissent : elles sont peu réglementées, comme nous venons de le dire, mais surtout, en cas de difficultés, elles n'ont pas acces a la banque centrale américaine pour avoir des prets.
Surtout, ces deux entreprises se sont spécialisées dans le rachat d'actifs déja titrisés ou de CDO déja mis en place. De tels produits ont été abondamment utilisé lors des dernieres années par les grandes banques d'affaires de Wall Street telles que Lehman Brothers, dont tout le monde connait le sort, ou encore Goldman Sachs. Ainsi, ce n'est pas seulement le secteur bancaire qui est a l'origine de la crise mais aussi cette finance virtuelle au cour de laquelle se trouvent Fannie Mae et Freddie Mac. Une réforme du secteur bancaire est certes nécessaire mais une meilleure réglementation de ces deux mastodontes s'impose afin de renforcer le capitalisme américain.
La crise grecque s'étend
La baisse de la note de crédit de la Grece et du Portugal par S&P ainsi qu'une mauvaise émission d'obligations souveraines italiennes a envoyé les marchés financiers européens, obligataires et ceux des actions, a la baisse de maniere spectaculaire.
S&P a baissé la note du Portugal de deux rangs et a envoyé la dette grecque au rang de < junk >, c'est-a-dire des obligations avec une forte probabilité de défaut sur la dette. Il s'agit du premier pays européen a etre rétrogradé a ce niveau. La contagion est maintenant bien enclenchée et on peut s'imaginer que les autorités de l'Union monétaire européenne vont agir tres rapidement, sans attendre pour les élections locales allemandes du 9 mai, pour mettre un terme a la situation de crise.
L'Euro a quant a lui pris un tres gros coup sur la tete et s'est proprement écroulé face aux autres devises. La paire EUR/USD a atteint son niveau le plus bas de l'année a 1.3159 alors que les investisseurs se ruent sur le Dollar et le Yen.
La paire USD/JPY a aussi légerement reculé avant de rebondir ce matin et de se stabiliser pour l'instant aux alentours de 93.4450.
Les marchés actions de par le monde ont réagi de maniere tout aussi dramatique aux événements, qui ne le sont pas moins.
Ce matin, le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a dit que les négociations avec la Grece avançaient bien et qu'il n'était pas question d'arriver a un accord de restructuration de la dette. Il a dit que le plan de sauvetage pourrait etre activé des le 10 mai, mais le probleme est qu'au rythme de la désintégration des marchés, cela risque d'etre beaucoup trop tard.
De son côté, le FMI semble etre en train de considérer une hausse de sa participation au plan de sauvetage de la Grece au-dela des 10 milliards d'euros déja promis, afin d'éviter que la crise de la dette coule le navire grec et entraîne avec lui l'armada européenne.
Aux Etats-Unis, le Dow et le S&P ont perdu respectivement 1.90% et 2.34%, tirés a la baisse par les financieres. En Asie également, les marchés actions se sont écroulés suite aux craintes en provenance des problemes de la dette européenne.
Ben Bernanke a dit hier soir dans une annonce dramatique que les Etats-Unis devaient produire tres rapidement un plan pour couper le déficit, faute de quoi les taux d'intérets allaient monter.
Sur le marché des devises, la paire EUR/USD a été celle qui a attiré, par la force des choses, le plus d'attention, surtout apres les mauvais résultats de l'émission obligataire italienne. Alors que la paire se traitait encore aux alentours de 1.33, elle a commencé sa baisse, d'abord calmement, avant de chuter lourdement suite a l'annonce de S&P, qui a causé un mouvement de panique, alors que les investisseurs fuient l'Euro pour aller se réfugier dans des avoirs plus surs, le dollar et le Yen.
La grande question est maintenant politique. Est-ce que les décideurs européens vont essayer de faire quelque chose pour enrayer la crise ou va-t-elle continuer a se développer ?
Seul l'avenir nous le dira. Une chose est claire en tout cas: l'ere des gens qui pensent que les gouvernements peuvent faire ce qu'ils quand ils veulent est terminée. Les marchés viennent de démontrer qu'il y a une limite a tout, y compris a l'irresponsabilité gouvernementale.
Taxe sur les banques, une nouvelle aberration
A toute crise, une réponse politique. C'est ainsi que pourrait etre brievement résumé le mécanisme dérivant du déclenchement d'une crise. Une réponse politique passe d'abord par le discours. L'oral, la communication sont alors au premier plan. Les responsables politiques en ont fait abondamment usage en faisant de nombreuses déclarations de bonne intention.
Cependant, le discours n'est pas suffisant sur le long terme. Des actes sont demandés par les citoyens. Pele-mele, les gouvernements occidentaux, soit a l'échelle nationale, soit a l'échelle régionale voire internationale, ont depuis quelques mois multiplié les idées de réforme. Une fois il s'agit des traders et de leurs bonus, une autre fois des paradis fiscaux et désormais, des banques.
Au lieu de souvent s'attaquer aux réels problemes qui ont conduit a la crise des subprimes, les gouvernements jettent en pâture quelques personnages idéalisés du monde de la finance et en profitent aussi pour régler des problemes qui n'ont trait que de loin a la crise financiere et économique de 2008. Les paradis fiscaux, aussi nuisibles puissent-il etre aux yeux des gouvernements, n'ont pas un rôle déclencheur dans la crise. Certes, cette crise fut l'occasion, peut-etre inespérée, de s'attaquer a ces places financieres hors-la-loi mais, pour autant, le probleme de la crise des subprimes reste entier.
Incapables de réellement empecher qu'une crise similaire ne se produise a l'avenir, en dépit des efforts de régulation de part et d'autre, les gouvernements ont donc décidé de en proposant l'idée d'une taxe sur les banques et leurs activités. Une telle idée est doublement avantageuse. D'une part, elle a pour objectif de créer un fonds spécial destiné a couvrir le cout des prochaines crises et, d'autre part, elle représente surtout une aubaine pour la classe politique qui cherche a se différencier et a faire payer le secteur bancaire, redorant au passage son blason vis-a-vis de l'opinion publique.
Cependant, une telle taxation des banques est une aberration. Une telle idée est soutenue par l'Europe, la France et le Royaume-Uni en tete, et par le FMI. Cependant, évidemment, tous ne la supportent pas. Au premier rang, les acteurs du secteur bancaire mais aussi, parmi les membres du G20, le Canada. Mieux encore, de nombreux gouverneurs se sont aussi opposés a cette idée. Jean Claude Trichet a avancé l'argument selon lequel une telle taxe pourrait fragiliser la reprise économique déja difficile dans la zone euro. L'argument ne fait pas mouche.
Pour convaincre, mieux vaut entendre les critiques récemment formulées a New-York par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui se différencie ainsi tres nettement de la position officielle du gouvernement et de la ministre de l'économie Christine Lagarde. Il a en effet souligné que <la valeur ajoutée d'une taxe par rapport a la réglementation prudentielle reste a démontrer pour des pays qui, comme la France, ont tiré parti d'un cadre réglementaire et prudentiel efficace et ou les interventions publiques dans le secteur financier n'ont entraîné aucun cout net pour l'État >.
Certes, dans le principe, une telle taxe est séduisante. Cependant, l'un des effets pervers d'une taxe sur les banques pourrait etre d'offrir aux acteurs bancaires une sorte de <police d'assurance-renflouement > en cas de crise, partant du principe en plus que la crise proviendra du secteur bancaire. Surtout, l'affectation de la taxe a un fond de résolution des crises ne va aucunement réduire le risque inhérent a l'activité financiere. Plus de régulation, ou mieux encore, une meilleure régulation est nécessaire pour éviter au maximum que les erreurs ayant conduit a la crise de 2008 ne se reproduisent.
Une clarification du débat politique est donc nécessaire et aussi une prise de recul de la part des responsables étatiques vis-a-vis de cette question. Parmi les solutions alternatives proposées, Christian Noyer a notamment envisagé d' <étendre le mandat des mécanismes nationaux de garantie des dépôts > en leur donnant la possibilité d'intervenir précocement. Une solution a prendre en considération avant d'envisager la création d'un énieme fonds.
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