Le résultat des élections législatives israéliennes a davantage fragilisé le shekel face au dollar sur le marché des changes, s'affaissant en dessous de 4,04 shekels pour un dollar contre un peu plus de 4,05 lundi, du fait de l'incertitude quant au nom du futur premier ministre. En effet, Tzipi Livni, dont la liste a remporté un courte avance sur son rival du Likoud, s'est félicitée de sa victoire tandis que Benjamin Netanyahu a affirmé au même moment qu'il allait entamer une discussion avec les autres partis du camp nationaliste, dont le très convoité Avigdor Lieberman, leader du parti Israel Beitenou, afin de former le nouveau gouvernement. Les tractations ont déjà commencé dans les deux camps afin de mettre sur pied une coalition pouvant réunir au moins 61 sièges à la Knesset mais, d'après les spécialistes, Benjamin Netanyahu tient la corde pour le moment.
Du côté des Etats-Unis, les acteurs du marché des changes se remettent peu à peu du plan Geithner qu'ils ont jugé médiocre et très laconique au sujet du rachat des actifs jugées toxiques des banques. La déception des investisseurs s'est traduite par un regain d'incertitude qui a profité aux valeurs refuge, surtout à la devise nippone. En effet, durant les échanges asiatiques, le yen a grimpé jusqu'à 89,71 yens pour un dollar et 115,93 yens pour un euro.
Enfin, le marché des changes attend avec impatience dans l'après midi le rapport trimestriel sur l'inflation de la Banque d'Angleterre qui pourrait mettre sous pression la livre sterling, sachant que son regain récent est jugé par les analystes très précipité et excessif.
Le franc suisse perd rapidement de son attrait
Malgré l'aversion pour le risque résultant des déceptions liées au plan d'aide américain, le franc suisse n'a pas fait l'objet d'une forte demande, contrairement à ce qui se passait dans le passé. En fait, le franc suisse ne peut plus vraiment prétendre au statut de valeur refuge sur le marché des changes depuis la forte dégradation de l'économie helvétique, qui pousse les investisseurs à se reporter notamment sur le yen et le dollar. En effet, l'économie de la Suisse est touchée de plein fouet par la crise économique avec une menace de déflation qui pèse sur elle. La Banque Nationale Suisse commence d'ailleurs à songer à un recours massif à des mesures d'assouplissement quantitatif afin de faire face à la situation. La perte massive annoncée par la première banque du pays, UBS, lors de l'exercice du quatrième trimestre, n'a évidemment pas fait l'affaire du franc suisse qui s'affiche toujours affaibli en ce jeudi matin face à l'euro et au dollar.
Les craintes concernant l'économie de la zone euro se sont également amplifiées ces derniers jours, notamment en raison de la forte exposition de l'euroland à la dégradation économique en Russie, ce qui pourrait peser sur le cours de l'euro. Il n'est pas nécessaire d'ailleurs de rappeler que la rumeur faisant étant d'un ré-échelonnement d'une dette des entreprises russes envers l'étranger avait fait plonger en début de semaine la monnaie unique européenne.
Enfin, les cambistes jetteront un oeil attentif à la réunion du G7, à laquelle a été convié la Russie, ce week-end à Rome. Cette réunion ouvre le bal d'une succession de sommets internationaux qui auront lieu dans les prochaines semaines afin de surmonter la crise économique mondiale et de mieux réguler la finance.
Le dollar australien enregistre de fortes pertes
En dépit du vote acquis à une voix près d'un vaste plan de relance économique d'un montant de plus de 42 milliards de dollars australiens aujourd'hui par le Sénat, la devise australienne subit toujours le contre coup de la forte incertitude sur le marché des changes, qui pénalise également le dollar néo-zélandais et la livre sterling.
Cette dernière a notamment essuyé des pertes depuis mercredi dernier en raison de la publication du rapport de la Banque d'Angleterre soulignant les dispositions de cette dernière à prendre des mesures non conventionnelles et à laisser la porte ouverte à de nouvelles baisses des taux, pouvant conduire à une politique de taux zéro comme au Japon ou aux Etats-Unis.
La dégradation du contexte économique international profite essentiellement aux valeurs refuge, notamment le dollar et le yen. Toutefois, le dollar essuie encore la déception des investisseurs du marché des changes qui ont été particulièrement mécontents du plan Geithner, dont les grandes lignes n'ont été que très superficiellement dévoilée.
Ainsi, cela a permis à la monnaie unique européenne de s'afficher à la hausse face à la devise américaine, en dépit des mauvaises nouvelles venant de la zone euro. En effet, le PIB de la zone euro a enregistré une baisse record de 1,5% au dernier trimestre 2008, du jamais vu. Pour autant, l'euro poursuivait sa hausse ce vendredi face au dollar.
En fait, cette hausse inattendu de la monnaie unique européenne s'explique, en grande partie, par la désorientation des investisseurs du marché des changes qui ne savent plus à quel sein de vouer, étant donné que même les valeurs refuge, comme le dollar, commencent à inspirer le doute. Seul le yen et l'or semblent par conséquent être encore considérés comme des valeurs sûres.
L'incertitude, reine du marché des changes
A l'heure actuelle, il semble presque impossible de déceler une tendance de fond sur le marché des changes. En effet, le climat d'incertitude a brouillé les cartes durant toute la semaine. Même le dollar, qui pourtant profite d'habitude de son statut de valeur refuge, a suivi une trajectoire inattendu, ce qui a poussé certains analystes du marché des changes à clamer haut et fort que le yen est désormais la seule valeur refuge avec l'or.
En effet, le dollar a cédé le pas devant la monnaie unique européenne qui a pourtant essuyé de mauvaises nouvelles sur le plan économique, dont une chute record du PIB de la zone euro de 1,5% au dernier trimestre 2008. Cette baisse du dollar s'explique par la déception des investisseurs à l'écoute du plan Geithner. En effet, ce plan, dont les grandes lignes ont été dévoilées mardi, a suscité la méfiance sur les marchés qui attendent d'avoir plus de détails, notamment au sujet du rachat des actifs toxiques des banques par une structure gouvernementale. Des rumeurs ont circulé dans la presse américaine, affirmant que cette solution pourrait être abandonnée par la nouvelle administration américaine, au profit d'un système devant inciter les investisseurs privés à acquérir ces actifs.
Le dollar n'est pas la seule devise à avoir fait les frais des rumeurs cette semaine qui soulignent à quel point les investisseurs sont à cran et à la recherche de nouveaux repères. En effet, la monnaie unique européenne a connu une dégringolade éphémère en début de semaine lorsque le quotidien économique Nikkei a répandu la fausse rumeur selon laquelle des entreprises russes envisageraient de ré-échelonner leur dette vers l'étranger. Cette rumeur a eu un fort impact sur l'euro, avant d'être démentie, en raison de la forte exposition de la zone euro aux aléas économiques de la Russie.
Le shekel n'a pas, non plus, été épargné par l'incertitude ambiante cette semaine, bien qu'il résiste plutôt bien, comparé aux autres devises émergentes, à la crise économique. Le résultat très incertain des législatives pour la Knesset, qui a donné une victoire à l'arraché au parti de Tzipi Livni, Kadima, a fortement poussé à la baisse mercredi la devise israélienne face au dollar.
Enfin, le dollar australien et le dollar néo-zélandais, qui étaient il y a quelques mois encore, les stars du marché des changes, ont enregistré cette semaine de très fortes pertes en raison de la forte aversion pour le risque qui domine le marché des changes. L'adoption à l'arraché d'un vaste plan de relance économique d'un montant de 42 milliards de dollars australiens n'a pas changé la donne pour la devise australienne.
Les acteurs du marché des changes s'attendent désormais à de nouveaux assouplissements monétaires à partir du mois de mars, notamment de la part de la Banque Nationale Suisse, de la Banque Centrale Européenne et de la Banque d'Angleterre qui s'est prononcée cette semaine en faveur d'un recours à des mesures non conventionnelles et d'une politique de taux zéro, à l'instar de la Fed et de la Banque du Japon.
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