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Fevrier 2010 - Semaine 2

Gros plan sur le Franc suisse

 

Plus de 3% face a l'Euro, plus de 4% face au GBP, plus de 5% face a l'USD... la discrete star de ces six derniers mois, c'est le Franc suisse. Certes, il a récemment perdu du terrain face a l'USD, mais le phénomene lourd semble etre de retour: la monnaie helvétique semble reprendre son statut de monnaie de refuge, perdu il y a déja longtemps. La crise aurait donc fait du bien au dernier franc européen.

En dépit de plusieurs interventions, la BNS, la Banque Nationale Suisse, n'a pas pu empecher l'appréciation de la monnaie nationale. Comme dans d'autres pays, comme en Asie ou en Israël, il est d'ailleurs intéressant de constater que la BNS  a pris le parti des exportateurs face aux consommateurs, soi-disant < pour soutenir l'emploi >.La question est bien sur de tenter d'analyser la cause de cette appréciation face aux devises majeures. En réalité, on a souvent tendance, et c'est normal, a se concentrer sur l'USD et l'Euro. Il est clair que ce sont les deux devises les plus importantes de la planete. On mesure donc souvent la force de l'une par rapport a l'autre. Mais la réalité du marché des changes est que les deux monnaies sont actuellement faible par rapport aux autres. Par exemple, pour prendre de nouveau le cas d'Israël, le shekel s'est renforcé a la fois par rapport a l'Euro et a l'USD, passant ces six derniers mois d'environ 4 shekels pour un dollar a 3.74 et de plus de 5.50 Euros pour un shekels a 5.12.

Le shekel est d'ailleurs exemplaire de plusieurs autres monnaies asiatiques et du franc suisse, qui montrent tous la meme tendance: en dépit des interventions des banques centrales, la devise nationale poursuit son appréciation face aux devises majeures.

La raison en est bien entendu claire et limpide: au contraire des pays de la zone euro, du Japon ou des Etats-Unis, qui croulent sous les dettes et les programmes gouvernementaux néfastes, les pays émergents, et dans une moindre mesure la Suisse aussi, ont fait preuve de responsabilité. Leurs politiques monétaires et fiscales sont plus conservatrices, ils ont moins de dette, et les gouvernements se sont moins impliqués dans l'économie. A ce titre, le célebre investisseur suisse Marc Faber a d'ailleurs estimé la semaine derniere dans les colonnes du quotidien suisse < Le Temps > que les investissements dans les marchés émergents étaient désormais moins risqués que ceux dans les pays développés.

Pour revenir sur le CHF, la Suisse, relativement épargnée, a donc un profil plus attractif, et ce, en dépit du peu d'intéret d'un investissement en CHF, qui rapporte 1.97% par année pour un placement sur sur 10 ans, contre plus de 3% pour un placement en euros ou en USD.

Dans ce sens, on peut dire que le CHF a donc retrouvé son statut historique de valeur-refuge, aux côtés de l'or, et son comportement est d'ailleurs assez corrélé a celui du métal jaune.

En fait, on se trouve aujourd'hui dans une situation pratiquement sans précédent: aucune des des devises majeures ne plaît vraiment aux investisseurs. Outre les problemes des Etats-Unis et des pays du sud de l'Europe, en particulier, qui plombent l'euro, on connaît les problemes du Japon, de la Grande Bretagne, qui se débattent également dans une situation difficile. Dans cet environnement, les investisseurs privilégient donc des monnaies moins importantes.

Parmi elle, la plus significative est donc le CHF, mais on souvent l'occasion de mentionner le NOK, la DKK et le SEK, les devises scandinaves, ou encore le dollar de Singapour, le shekel israélien, le dollar canadien, le Réal brésilien ou les devises convertibles asiatiques.

Dans cet environnement, nous ne pouvons que conseiller un investissement de moyen-terme dans ces monnaies, et y compris dans le CHF, qui devrait aller en direction des 1.47 CHF pour un euro.

 

Les Forex Futures, l'autre visage du forex

 

Tous les brokers forex proposent aussi des plateformes de trading sur lesquelles il est possible d'investir sur les Forex Futures. En fait, nombreux sont les traders du marché des changes qui hésitent a investir sur les Futures, méconnaissant ce marché.

Bien qu'il s'appelle aussi < Forex >, les Forex Futures different beaucoup du marché des devises. Avant d'évoquer point par point ces différences, il convient de s'attarder quelques minutes sur l'émergence de ce marché financier.

Historique

Le marché des Forex futures a émergé en 1972, a une période charniere pour l'histoire des marchés financiers. En effet, il a été créé quelques mois apres la décision unilatérale du président Nixon de mettre un terme a la convertibilité du dollar en or, et quelques années avant que les devises oscillent librement les unes par rapport aux autres sur le marché des changes. Jusqu'a la fin des années 90, ce marché n'a pas connu un véritable essor, surtout si on le compare au marché des actions. Etant limité aux horaires de travail, les Forex Futures peinaient a séduire les investisseurs.

L'introduction de la plateforme électronique en ligne Globex Chicago Mercantile Exchange fut a l'origine d'une véritable révolution. Le volume des échanges a considérablement cru en l'espace de quelques années, faisant passer ce marché au statut de plus important marché du monde en termes de quantité de devises étrangeres échangées quotidiennement.

Les principales différences entre le Forex et les Forex Futures

Communément, le Forex Futures est dénommé comme l'autre visage du marché des devises. Pourtant, c'est un rapprochement qui est quelque peu erroné, tant les différences sont nombreuses entre le Forex et les Forex Futures.

- Le marché des changes est un marché de gré a gré, ce qui n'est pas le cas des Forex Futures

- Le mode de cotation est différent puisque sur les Forex Futures, il y a un cours effectif alors que sur le Forex il existe juste la fourchette du spread

- Le forex est un marché spot contrairement aux Forex Futures ou les notions d'échéance et d'achat a terme sont importantes

Du fait de ces quelques différences, les regles de marché ne sont évidemment pas les memes.

Les avantages du Forex Futures

Les Forex Futures présentent en fait de nombreux avantages pour les investisseurs. Tout d'abord, il s'agit d'un marché central ou les prises de position des intervenants sont connues de tous, ce qui n'est pas le cas du marché des changes ou seuls le trader et le broker en ligne connaissent la position prise. De plus, les marges entre l'offre et la demande sont relativement minces ce qui permet aux petits investisseurs de pouvoir aussi intervenir a côté des investisseurs institutionnels. Enfin, il n'existe aucun risque de contrepartie ce qui est un avantage indéniable.

Les Forex Futures, qu'il ne faut pas confondre avec le Forex sur le marché des changes, peuvent représenter pour de nombreux investisseurs un choix intéressant de diversification de portefeuille, ce marché étant en expansion et offrant de bonnes opportunités aux nouveaux arrivants.

 

Rumeurs et hedge funds affolent les devises

 

Rappelez-vous de l'année 1992. C'est cette année-la que la livre sterling est sortie du systeme monétaire européen, le fameux serpent européen. La faute a qui? Au plus fameux dirigeant de hedge funds, le milliardaire américano-hongrois Georges Soros. Au passage, il avait empoché la jolie somme de 1 milliard de dollars. Ce coup d'éclat reste dans les annales des marchés financiers.

Dix-huit ans plus tard, les hedge funds refont parler d'eux. Déja accusés d'etre a l'origine de la plus grave crise économique et financiere depuis la Seconde Guerre mondiale, ils sont maintenant cloués au pilori par les responsables espagnols et grecs qui les accusent de destabiliser les marchés et de profiter de la situation budgétaire difficile des deux pays.

Deux hedge funds américains sont notamment pointés du doigt par la Grece. Face a ces monstres financiers qui profitent de la spéculation pour s'enrichir, les gouvernements paraissent totalement démunis. Les politiques sont condamnés, pour l'instant, a des déclarations qui tentent vainement de rassurer les investisseurs.

La possibilité d'une aide financiere a la Grece, qui commence a circuler dans les milieux politiques européens, pourrait toutefois inverser la tendance, surtout pour la Grece. Bruxelles a convoqué jeudi un sommet extraordinaire qui doit réunir les Chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ainsi que le chef de la Banque Centrale Européenne, Jean Claude Trichet, afin de discuter de la crise économique et des moyens de préserver le modele social européen. Selon certains commentateurs, cette réunion pourrait etre l'occasion pour l'Europe d'apporter son aide a la Grece. C'est le signal qu'attendent en tout cas les marchés pour retrouver confiance dans la monnaie unique européenne.

Toutefois, les déboires de la Grece, qui ne sont peut etre qu'un prélude a de nouveaux rebondissements avec les cas du Portugal et de l'Espagne, soulignent les méfaits d'une spéculation sans contrôle. Au lieu de s'attaquer aux bonus, certes parfois extravagants, des traders et des banquiers, les Chefs d'Etat et de gouvernement du G20 auraient certainement mieux fait de se pencher sur l'impact des hedge funds sur le systeme économique et financier mondial. Cela aurait peut-etre évité a la Grece de faire l'objets d'intenses attaques spéculatives depuis plusieurs jours qui compliquent une situation financiere déja difficile.

 

Des rumeurs circulent sur le sauvetage de la Grece

 

En Europe, on a vu hier des échanges nerveux sur la paire EUR/USD, avec une tendance a la hausse dans le contexte des nouvelles concernant la Grece. On a meme entendu une rumeur selon laquelle le changement de programme du vol de Trichet, le directeur de la BCE , était pour discuter de la situation et d'envisager une plan de sauvetage.

Plus tard dans la journée, les titres faisaient références a un accord pan-européen de sauvetage du gouvernement d'Athenes et de sa mise de facto sous tutelle par l'Union européenne. La paire EUR/USD a immédiatement réagi pour retourner au niveau de 1.3840.

Le démenti du porte-parole du gouvernement allemand a ensuite refroidi les ardeurs en disant que ces rumeurs de plan de de sauvetage étaient < infondées >, sans toutefois nier l'existence de discussions a ce sujet. L'EUR/USD a tout de suite réagi en reculant a 1.3800 avant de poursuivre ce matin sa chute vers les 1.377. Le marché attend maintenant les nouvelles avant de se décider sur une direction.

En Allemagne, les chiffres de l'inflation ont été publiés, avec un niveau de 0.8% en rythme annuel et une balance du commerce en surplus de 13.5 milliards d'Euros. 

Hier, on a eu un calendrier économique assez léger avec peu d'annonces majeurs aux Etats-Unis, autre les inventaires, qui ont donné un résultat plus négatif que prévu de 0.8%.

Ben Bernanke devait parler devant le Congres mais son intervention a été repoussé suite aux conditions climatiques déplorables. Le texte de son intervention sera quand meme rendu public aujourd'hui a 15:00 GMT.

Au Japon, le ministre des finances, Naoto Kan, a dit que le forex était la cause de la chute récente des marchés et qu'il n'y avait pas eu de récents développements négatifs dans l'économie japonaise. Cela tendrait a montrer que la communauté des affaires est inconfortable avec le niveau actuel du JPY. Sur la paire USD/JPY, on traite sur un range étroit de 89.20 a 90.01, en attente de nouveaux développements.

En Chine, les exportations ont augmenté de 21% pour le mois de janvier en rythme annuel, ce qui augmentera la pression sur le gouvernement chinois de laisser le Yuan s'apprécier. L'objectif de l'inflation pour la Chine est maintenant de 3% en rythme annualisé et on enregistre de nouvelles spéculations sur un nouveau tour de vis monétaire de la PboC, la baque centrale chinoise.

Aujourd'hui, le calendrier financier sera tres chargé avec la BoE qui doit donner son rapport sur l'inflation trimestrielle. Le rapport inclus aussi les projections de croissance et d'inflation de la BoE pour les deux prochaines années, les deux facteurs principaux façonnant sa politique, ce qui rend ce rapport toujours tres intéressant.

Bernanke devrait aussi dévoiler sa stratégie de sortie de crise, et on attend aussi les détails de la balance du commerce aux Etats-Unis ainsi que les réserves de pétrole hebdomadaires aux Etats-Unis.

On regardera en particulier les paires EUR/USD et USD/JPY, qui nous donneront une indication de la réaction des marchés a la situation en Grece et a l'appétit du risque, apres une bonne session hier soir.

Le Dow Jones et le S&P500 ont terminé en hausse de respectivement 1.52% et 1.30%. EN Europe également, on a enregistré de légeres hausse, avec le FTSE en hausse de 0.38%, comme le DAX et le CAC, qui ont fermé en hausse de 0.24% et de 0.15%, respectivement. En Asie, le Nikkei a fermé en hausse de 0.31% et le Hang-Seng de 0.84%, comme la plupart des autres marchés.

Au vu de l'extreme volatilité de la situation, on ne peut que vous conjurer d'etre extremement prudent de serrer vos stops !

 

Chute de l'euro sur fond de crise européenne

 

Chaos complet en Europe ! Les rumeurs ne cessent de circuler sur un éventuel sauvetage de la Grece par l'Europe. Quid du Portugal, de l'Espagne voire de l'Italie !

L'éventualité d'une aide de l'UE a la Grece semble se confirmer plus les heures passent. En effet, un sommet extraordinaire portant officiellement sur la crise économique et financiere a été convoqué, prétexte pour officialiser une aide a la Grece, évitant ainsi un recours au FMI. Meme l'Allemagne, peu prompte a aider son coreligionnaire grec, semble avoir dépassé ses réticences.

Reste maintenant a savoir sous quelle forme sera cette aide. Plusieurs responsables politiques européens, dont le PS Jean Christophe Cambadélis, ont appelé la Banque Centrale Européenne a endosser le rôle de pourvoyeur de fonds pour la Grece. Le leader du Parti Socialiste a affirmé que le seul moyen serait que l'institut d'émission rachete sur criteres tout ou une partie de la dette du pays. L'hypothese d'un sauvetage conduit par la BCE est corroborée par le retour précipité de Jean Claude Trichet pour assister au sommet des Chefs d'Etat et de gouvernement. Toutefois, il convient d'etre extremement prudent pour le moment puisqu'un responsable influent de la BCE, Ewald Nowotny, a infirmé l'hypothese d'une aide de la BCE, arguant que < La BCE a un mandat clair. Nous avons une clause de non-renflouement claire >. De tels propos ont été tenus pas plus tard qu'hier et publiés par le site FT Alphaville, qui dépend du tres sérieux Financial Times.

Quand bien meme la Grece serait sauvée, reste le cas problématique de la péninsule ibérique ! Que faire du Portugal et de l'Espagne ? Certes, la question de la dette des Etats devient presque une fable. Il est aussi question de l'Italie, certains analystes évoquant meme le cas du Royaume-Uni. Aucun pays de la zone euro voire de l'UE n'est protégé. En fait, Bruxelles ne parviendra pas a rassurer les marchés tant que les pays européens ne se seront pas accordés sur un mécanisme clair d'aide aux pays en difficulté. Résoudre temporairement le cas de la Grece ne permettra pas a l'euro de remonter. Au contraire, les inquiétudes demeureront. Seule une position claire de Bruxelles pourrait éventuellement restaurer la confiance des marchés. Cependant il est peu probable qu'un tel programme de crise soit présenté cette semaine. L'effritement de la monnaie unique européenne devrait donc joyeusement se poursuivre, faisant au passage le bonheur des industriels européens.

 

La Grece sauvée par Bruxelles mais pas l'euro

 

La Grece est peut-etre sauvée par Bruxelles, le tandem franco-allemand symbolisé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel s'étant empressé de rassurer la presse sur l'issue du sommet, l'euro reste toujours a la traîne.

Le yoyo de la monnaie unique européenne sur le marché des changes aujourd'hui illustre parfaitement la perplexité des investisseurs sur l'avenir de la zone euro et, plus globalement, la maniere d'affronter la dette des Etats.

L'euro a d'abord entamé la séance plutôt en mauvaise position, poussé a la baisse par les propos du président de la Commission Européenne José Manuel Barroso. Il a en effet appelé la Grece a plus d'efforts. Effet direct sur l'euro qui décroche a 1,3714 dollar.

Heureusement, Angela Merkel, seule responsable politique de la zone euro a avoir l'écoute des marchés, a rattrapé le coup en rassurant immédiatement les investisseurs sur l'issue du sommet. Oui, en effet, comme le tout le monde l'assurait, l'Union Européenne ne laissera pas tomber la Grece. Les marchés bruissaient depuis quelques jours a ce sujet mais ils avaient besoin d'une confirmation. Immédiatement, l'euro repart a la hausse. Pas pour longtemps toutefois puisqu'il décrochera vers midi aux alentours de 1,3708 dollar. Cette fois-ci, l'ancien Premier ministre portugais n'y était pour rien.

Le sauvetage de la Grece n'a pas levé en effet toutes les incertitudes. D'abord, quid de l'aide de l'Union Européenne. Etant donné qu'Athenes n'a pas fait la demande d'une aide financiere, sous quelle forme se traduira cette aide salvatrice de l'UE? François Hollande, interrogé lors de l'émission de France 2 < A vous de juger > a avancé l'idée d'un Fonds Monétaire Européen, qui fonctionnerait sur le modele du FMI, appelant au passage a l'émergence d'un gouvernement économique européen, une proposition bien française qui semble etre aussi bien partagée par la droite que par la gauche. Enfin, qu'en est-il de la péninsule ibérique? La démonstration de solidarité européenne a laquelle nous avons assisté aujourd'hui ne laisse rien présager concernant les dossiers délicats du Portugal et de l'Espagne. Bien que la situation soit moins catastrophique qu'en Grece, la péninsule ibérique pourrait etre un fardeau de longue durée pour la zone euro.

Enfin, l'agence Standard And Poor's s'est invitée dans le débat aujourd'hui, a un moment assez inopportun, en s'inquiétant de nouveau d'un risque accru de défaut des Etats. Pour l'instant, aucun Etat n'a fait défaut cette année, excepté la Jamaique. Cependant, la liste risque de s'allonger vu la situation budgétaire de nombreux pays. Des propos qui ne sont évidemment pas propices a rassurer les investisseurs.

 


 
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