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Janvier 2009 - Semaine 4

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La Chine manipulerait sa devise selon Geithner

 

Les premiers jours de la nouvelle administration américaine sont évidemment intenses en annonces. Alors que les annonces sur le plan économique se font encore attendre, le nouveau secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, s'est fait le porte parole du président Obama en annonçant que la nouvelle administration américaine allait user de toutes les voix diplomatiques afin de faire changer les pratiques de la République populaire de Chine en matière de devises. Réaffirmant par ailleurs son engagement envers un dollar fort, le nouveau secrétaire au Trésor a laissé entendre que des annonces sont imminentes afin de redresser l'économie américaine.

De tels propos n'ont pas été réellement répercutés sur le marché des changes aujourd'hui, sachant que le dollar profite toujours de son statut de valeur refuge et des difficultés de la zone euro en matière économique.

En revanche, la banque du Japon a très clairement mis en garde hier le marché des changes contre une éventuelle intervention. En effet, l'appréciation de la devise nippone sur le Forex est très mal appréciée par les autorités japonaises car elle pénalise fortement les exportations, qui sont le principal moteur de la croissance dans l'archipel. Ces dernières se sont contractées de 35% en glissement annuel en novembre, du jamais vu. Attirant les flux de capitaux d'investisseurs en mal de valeurs sûres, le yen est à ce jour au plus haut depuis sept ans face à l'euro et depuis quatorze ans face au dollar. Les autorités redoutent fortement que le yen ne renoue dans les prochaines semaines avec son point haut historique face au dollar qui fut atteint au printemps de 1995. Dans ces conditions, la banque centrale japonaise, faisant écho aux propos du ministère des finances, a averti le marché des changes d'une possible intervention afin d'empêcher que l'appréciation du yen n'hypothèque les mesures prise par la banque centrale afin de relancer la croissance.

 

Le marché des changes grouille de rumeurs

 

Certes, ce n'est pas réellement un fait anodin. Parfois, les rumeurs font même la loi sur le marché des changes, conduisant à des comportements irrationnels car, rétrospectivement, elles s'avèrent infondées. Cependant, cette semaine a été exemplaire en la matière.


En effet, il suffisait de sillonner les forums ou les sites d'information pour s'en rendre compte. Les cambistes attendaient avec impatience les annonces économiques de la nouvelle administration, qui pourraient éventuellement restaurer la confiance sur les marchés, mais en échange, ils ont simplement eu droit à une violente réprimande de la part du nouveau secrétaire au Trésor contre la politique monétaire de la Chine. Se faisant le porte parole d'Obama, il a appelé à user toutes les voix diplomatiques possibles pour faire pression sur la Chine qui manipulerait le taux de change du yuan. Cependant, ce n'est pas une nouveauté puisque ce grief est récurrent depuis des années et les investisseurs se demandent bien quels sont les moyens, jusque là non utilisés, qui pourraient faire plier Pékin.

Si Pékin n'a pas sourcillé et ne compte pas plier, la banque centrale de Russie devrait le faire sous le coup des critiques des investisseurs qui récusent avec acrimonie sa politique monétaire qui consiste à accompagner une dévaluation graduelle du rouble, dévaluation qui s'est accélérée depuis le début du mois de janvier. En effet, une telle politique a un coût et n'est pas vue d'un bon œil par les investisseurs du marché des changes qui sanctionnent en retour de la devise russe. Handicapée par la chute du cours des matières premières et l'impact de la crise financière, le rouble est un peu léthargique sur le marché des devises et devraient poursuivre sa chute, avec ou sans l'aide de la banque centrale, avant de se stabiliser et s'apprécier de nouveau dans deux à trois ans d'après les autorités russes.

Cependant, la vraie rumeur de la semaine, qui circule en fait depuis début décembre mais qui semble se préciser, a trait au yen. Devenue en l'espace de quelques mois la nouvelle valeur phare du marché des changes en raison de l'aversion pour le risque, le yen n'a cessé de progresser face aux principales devises, atteignant un niveau qui n'est pas soutenable pour les autorités japonaises. En effet, à l'heure actuelle, le yen est à son plus haut niveau depuis 7 ans face à l'euro et depuis 14 ans face au dollar. La banque centrale redoute de vivre l'épisode de 1995 quand le yen a atteint son plus haut niveau jamais vu face à la devise américaine. D'avance, la banque centrale ne laissera pas un tel écart se produire. Dès le mois de décembre, le ministre des finances l'avait laissé entendre. Cette semaine, ce fut la banque centrale qui a pris le relais en annonçant que :
« La hausse du yen est l'un des facteurs contribuant à la détérioration de l'économie nippone du fait de son impact majeur sur les exportations ».

En effet, c'est peu dire puisque les exportations, qui contribuent intensivement à la croissance de l'archipel, se sont contractées de 35% en glissement annuel en novembre. Du jamais vu ! Alors que la banque centrale annonce un nouveau train de mesure pour relancer la croissance, il est sûr et certain qu'elle ne laissera pas plus longtemps l'appréciation du yen contrecarrer ses plans. Il faut donc s'attendre à une prochaine intervention sur le marché des changes qui pourrait, d'ailleurs, ne pas être officielle. Il suffira alors de regarder l'évolution de ses réserves de change pour juger.
 

Scission entre les monnaies du G7

 

Le prochain sommet des pays les plus puissants du monde devrait consacrer le divorce. Il n'est pas question évidemment de remettre à plat cette instance informelle mais plutôt d'évoquer les courbes des taux de change des devises du G7. A un moment, ces courbes se sont croisées mais, depuis, chaque devise a suivi son propre chemin sur le marché des changes.

Deux tendances radicalement différentes se dessinent entre, d'un côté, l'euro et la livre sterling et, de l'autre côté, le dollar et le yen. Alors que ces deux monnaies affichaient, à la même époque il y a tout juste un an, une mine très grise, leur teint s'est depuis bonifié. En effet, si la crise financière, à ces débuts, les a pénalisé, l'aversion pour le risque sur le marché des changes leur a profité. Ainsi, le dollar et le yen affiche une santé éclatante sur le Forex, santé qui viendrait même à inquiéter Tokyo tant l'appréciation de la devise nippone semble impossible à freiner.

De l'autre côté, l'euro et la livre sterling accumule les plus bas et s'affichent, aujourd'hui encore, en berne sur le marché des changes. Les pertes de l'euro ont, certes, été freinée par les propos d'un membre de la BCE, qui a mis en garde contre une baisse trop importante des taux mais, l'inquiétude concernant les perspectives économique dans la zone euro restant intacte, il faudra s'attendre à ce que la monnaie unique européenne poursuive sa tendance à la baisse. La livre sterling ne fait évidemment pas mieux, bien que sa résistance soit admirable. Alors que le Royaume Uni est officiellement entré en récession vendredi dernier, la presse britannique s'est fait l'écho d'une partie de l'opinion qui redoute un scénario à l'islandaise dans quelques mois.

 

Répit de courte durée pour la monnaie unique

 

Aujourd'hui, la monnaie unique européenne a affiché un très léger rebond sur le marché des changes qui ne laisse pas, cependant, espérer un rebond de long terme. En effet, à l'heure actuelle, l'euro profite du différentiel de taux qui existe avec les autres devises du G7, notamment le yen et le dollar dont les taux directeurs sont de facto à zéro. Cependant, sur le long terme, les acteurs du marché des changes devraient continuer de se rabattre sur les valeurs refuges, notamment à cause des difficultés croissantes de la zone euro. La dégradation du marché du crédit ainsi que l'accroissement des défauts de paiement devraient en effet peser lourdement sur le cours de la monnaie unique européenne.


Pour l'instant, l'euro a en fait capitalisé, d'une part, sur les mauvaises nouvelles venant d'outre atlantique, qui, d'autre part, se sont confrontées aux bonnes surprises venant de la zone euro. En effet, le baromètre Ifo a affiché une hausse surprise qui a poussé les investisseurs du marché des changes à se reporter sur l'euro, au détriment du yen et, dans une moindre mesure, du dollar. Cette bonne nouvelle a surtout contrasté avec les difficultés économiques aux Etats-Unis, qui sont se rappelées aux bons souvenirs des cambistes. En effet, la baisse de 1,8% des ventes des chaînes de magasins outre atlantique pour la semaine close le 24 janvier, qui a effacé la hausse de 1,1% constatée la semaine précédente, a fortement pesé sur le cours du dollar.

Toutefois, les cambistes attendent beaucoup des négociations qui ont cours en ce moment au Congrès sur le plan de relance proposé par le président Obama. Ce plan pourrait en effet contribuer au renforcement du dollar sur le marché des changes.

 

Pression en faveur d'une dévaluation du shekel

 

En regardant une mappemonde, l'horizon s'obscurcit rapidement. En effet, la zone euro est en récession, tout comme la première économie mondiale et, vendredi dernier, les médias se sont largement fait l'écho de l'entrée officielle en récession du Royaume Uni. Les devises de la zone euro mais également la livre sterling et les devises émergentes, comme le rouble, sont en chute libre depuis des semaines sur le marché des changes alors que les investisseurs, en mal de valeurs sûres, se rabattent massivement sur le dollar et le yen. Seuls le real brésilien, qui semble avoir retrouvé un semblant de stabilité après avoir perdu un tiers de sa valeur depuis mi-2008, et le shekel paraissent encore faire front parmi les devises émergentes.


En effet, en dépit de la riposte de Tsahal dans la bande de Gaza, qui a eu un coût financier conséquent et qui a poussé à la baisse le shekel, la devise israélienne se porte toujours plutôt bien sur le marché des changes. Pourtant, dieu sait que la banque centrale israélienne est engagée depuis le printemps 2008 dans une phase de baisse du shekel afin de faire face à la crise économique mondiale. En effet, depuis mai 2008, la banque centrale a décidé de suivre une politique monétaire d'austérité consistant à faire baisser le shekel. Cette politique a eu pour conséquence de faire considérablement augmenter les réserves de change de la banque centrale israélienne qui a réussi à amasser plus de 12 milliards de dollars en l'espace de huit mois. Ainsi, cette forte remontée en 2008 devrait placer Israël parmi les vingt premières réserves de change au monde alors qu'elle occupait auparavant la 32ème place.

En dépit de cette politique, le shekel affiche toujours une très bonne santé sur le marché des devises et les entrepreneurs israéliens ne cessent de militer pour une baisse plus agressive de la monnaie israélienne. Le directeur de Motorola, Elisha Yanaï, s'est fait le porte parole de telles attentes en appelant le 22 janvier à faire chuter « artificiellement et agressivement » le shekel face au dollar, quitte à fixer le billet vert à 4,5 shekels. Une telle baisse aurait pour objectif de redresser l'économie israélienne qui, d'après UBS, devrait afficher son plus bas taux de croissance depuis près de sept ans en 2009. Toutefois, la banque estime dans ses prévisions qu'un risque de récession est d'avance exclu en Israël même si l'impact de la récession mondiale devrait se faire sentir sur le marché local. A raison d'ailleurs puisque le journal économique The Marker a estimé à 23 000 le nombre d'israéliens qui ont perdu leur emploi depuis le mois de septembre.

Si une baisse plus accentuée du shekel semble être appelée des vœux de tous, les faits montrent un renforcement depuis le début d'année de la monnaie israélienne face au dollar et à l'euro. Dans ces conditions, la banque centrale devrait de nouveau intervenir sur le marché des changes et, dès que la pression à la baisse sur le shekel disparaîtra, la devise devrait se renforcer considérablement face à la monnaie américaine, par effet élastique.

 

La banque centrale polonaise déçoit les traders

 

Décidément, il n'y a rien à faire, les acteurs du marché des changes boudent le zloty. Déjà pénalisé par une aversion pour le risque qui est toujours bien présente sur le marché des devises, le zloty n'a pas été aidé hier par la décision de la banque centrale polonaise. En effet, alors que la Pologne connaît des difficultés économiques croissantes, la banque centrale a seulement réduit son taux directeur d'un quart de point, le ramenant à 4,25%, alors que les investisseurs s'attendaient à une baisse d'au moins un demi-point. Ils avaient été confortés dans cet espoir par les deux baisses d'un point entier consenties en novembre et en décembre par les autorités monétaires polonaises.
Le grand voisin de la Pologne n'a pas fait mieux aujourd'hui puisque le rouble vient de fortement chuter sur le marché des changes face à l'euro et au dollar. C'était en effet un mouvement tout à fait prévisible puisque la banque centrale russe a annoncé la semaine dernière qu'elle avait décidé de laisser filer le cours de la devise russe. Il y a fallu cependant un délai de quelques jours pour que la chute du rouble s'accentue en raison d'une pénurie de roubles. D'après la plupart des analystes du Forex, la chute du rouble semble désormais inexorable étant donné que les investisseurs n'ont aucune confiance dans les autorités russes pour redresser rapidement l'économie, qui est en proie à un fort ralentissement causé par la chute du prix des matières premières et les répercussions de la crise mondiale.

Enfin, suivant la tendance esquissée hier, l'euro affiche une petite hausse aujourd'hui encore surfant sur les bonnes nouvelles venues d'Allemagne. Après le baromètre Ifo, le regain inattendu des entrepreneurs pour l'avenir a donné un peu de baume au cœur à la monnaie unique européenne. Cependant, les analystes ne croient pas en un rebond durable de la devise et constatent d'ailleurs que même l'annonce de bonnes nouvelles ne permet pas à l'euro de réaliser des gains conséquents, tant les investisseurs sont pessimistes quant aux perspectives économiques dans l'euroland.

 

Pas d'éclatement de l'euro, selon Trichet

 

Jean Claude Trichet doit s'efforcer de faire bonne figure alors que les perspectives économiques pour la zone euro en ont repris un coup avec l'entrée officielle en récession de l'Espagne. En effet, alors que des voix s'élèvent de plus en plus pour critiquer la gestion de l'euro, Jean Claude Trichet est aujourd'hui monté au créneau depuis le forum de Davos pour rassurer les investisseurs et leur affirmer qu'il n'existe pas de « risque d'éclatement de l'euro ».

Jean Claude Trichet s'est prêté à cet exercice alors que l'euro a de nouveau baissé face au dollar. Si les perspectives économiques pour la zone euro ne sont pas spécialement bonnes, de l'autre côté de l'Atlantique, la confiance revient au galop et profite pour le moment à la devise américaine. En effet, la Chambre des représentants vient juste d'adopter le plan de relance du président Barack Obama et reste maintenant à passer l'étape du Sénat, qui ne devrait être qu'une formalité étant donné que les démocrates ont la majorité dans les deux chambres.

Cette bonne nouvelle a évidemment rassuré les investisseurs du marché des changes qui étaient plus sceptiques ces derniers jours, hésitant entre confiance et aversion pour le risque. La réunion de la Fed hier ne leur a évidemment pas permis de trancher puisque, sans surprise, elle s'est conclue sans décision importante, étant donné que la Réserve Fédérale américaine est désormais privé du levier des taux.

En fait, il faudra attendre les minutes de la réunion d'hier ou encore l'audition de Ben Bernanke devant le Congrès à la mi-février pour connaître la teneur des débats et avoir une idée plus précise des perspectives envisagées par la Fed, notamment en ce qui concerne les voies non conventionnelles vers lesquelles elle semble se diriger pour sortir les Etats-Unis de la crise.

 

Le chômage et l'inflation s'invitent sur le Forex

 
Les chiffres de l'inflation et du chômage dans la zone euro se sont invités sur le marché des devises aujourd'hui. Ce n'était évidemment pas une bonne nouvelle qui était attendue, loin s'en faut. Les cambistes ont pu être satisfaits puisque leurs craintes se sont confirmées : l'inflation a atteint son plus bas niveau depuis dix ans, en s'inscrivant à 1,1% en janvier, tandis que le taux de chômage dans la zone euro a grimpé à 8% en décembre, un plus haut depuis deux ans. La forte baisse de l'inflation a redonné du grain à moudre aux acteurs du marché des changes qui s'attendent à une nouvelle baisse des taux dans la zone euro. Cette baisse semble d'ailleurs plus que probable puisque dans une interview sur CNN, le président de la Banque Centrale Européenne, Jean Claude Trichet a affirmé qu'il n'exclue pas que les taux puissent passer en dessous de 2% dans le courant de l'année.

La baisse de l'euro pourrait cependant être de courte durée face au dollar puisque la devise américaine pourrait être pénalisée cet après midi par la première évaluation de la croissance américaine au quatrième trimestre 2008. Les cambistes s'attendent évidemment au pire.

Le yen a également subit la publication de mauvais chiffres mais affiche une bonne résistance néanmoins sur le marché des changes, du fait de  son statut de valeur refuge. Cependant, la situation économique dans l'archipel est plus que préoccupante puisque la production industrielle a enregistré une chute brutale de 9,6% en décembre et le taux de chômage a atteint un plus haut depuis trois ans, en s'inscrivant à 4,4%.

Enfin, sans surprise, étant donné que la banque centrale russe a décidé de laisser filer le cours du rouble, la devise russe continue son plongeon sur le marché des changes et risque bientôt de s'approcher du niveau plancher fixé la semaine dernière.
 

L'Ode à la joie résonne au forum de Davos

 

Entre la colère du premier ministre turc et l'absence remarquée des responsables américains, l'ode à la joie a résonné dans les couloirs du forum économique mondial de Davos durant la semaine. En effet, les responsables européens, Jean Claude Trichet et José Manuel Barroso en tête, se sont efforcés de rassurer les investisseurs sur la capacité de résistance de la zone euro et se sont même vantés du succès de la monnaie unique européenne, qui contraste avec le désordre actuel en Islande, qui a résulté de la chute abyssale de la couronne islandaise depuis l'automne.

Bien que les pays européens s'engouffrent un à un dans la récession, cette semaine ce fut au tour de l'Espagne après le Royaume-Uni, et que les agences de notation dégradent progressivement certains pays de l'euroland, Jean Claude Trichet a voulu se montrer confiant, soulignant qu'il n'existe aucun risque pesant sur l'euro à l'heure actuelle.

Pour autant, en regardant de près son évolution sur le marché des changes, le contraste est frappant. En effet, après la légère bouffée d'air frais offerte par les bonnes statistiques allemandes en début de semaine, notamment le baromètre Ifo, l'euro a repris sa chute face au dollar, chute renforcée par la baisse drastique de l'inflation et une hausse du chômage. Du fait, du ralentissement de la croissance et de l'atténuation de l'inflation, le scénario d'une nouvelle baisse des taux de la part de la Banque Centrale Européenne semble de plus en plus plausible, sachant que même Jean Claude Trichet a affirmé, dans une interview donnée à CNN, que les taux pourraient prochainement s'inscrire en dessous de 2%, tout en rejetant l'hypothèse des taux zéro, comme aux Etats-Unis ou au Japon.

En fait, c'est un véritable découplage qui semble se produire sur le marché des changes. Si le découplage dans l'économie réelle, scénario évoqué cet été par certains économistes qui pronostiquaient que l'Asie serait épargnée par la récession, semble passé de mode, celui d'un découplage sur le Forex semble au contraire se confirmer au sein des monnaies du G7.

En effet, d'un côté, il y a l'euro et la livre sterling, qui s'affaissent du fait de perspectives économiques pessimistes, et de l'autre, le dollar et le yen qui résistent envers et contre tout du fait de leur statut de valeur refuge. Ainsi, en dépit d'une hausse du chômage et d'une chute brutale de la production au mois de décembre, le yen s'affiche toujours comme la valeur privilégiée des investisseurs en ces temps d'incertitude.

De même, le dollar semble reprend le dessus depuis quelques mois, alors que l'année dernière, à la même époque, il commençait sa lente chute sur le marché des changes face à l'euro. Le vote par la Chambre des représentants cette semaine du plan de relance de Barack Obama a d'ailleurs conforté la position du dollar et pourrait à terme restaurer un peu la confiance parmi les investisseurs.


 
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