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Juillet 2009 - Semaine 2

Rouble en baisse et raffermissement de l'euro

 

Du fait de la chute des cours du pétrole, le rouble continue son affaiblissement sur le marché des changes, affaiblissement entamé la semaine derniere. Depuis plusieurs semaines, avec les remous qui ont lieu dans le secteur des matieres premieres, notamment des minerais et des hydrocarbures, les devises qui sont étroitement liées au cours des matieres premieres se sont affaiblies. A l'instar du rouble, le dollar australien a connu une forte baisse la semaine derniere suite a l'arrestation de quatre dirigeants du groupe minier Rio Tinto, arrestation appréhendée comme le dernier épisode de l'imbroglio entre Pékin et Camberra.

Du côté de la monnaie unique européenne, elle s'affichait en progression aujourd'hui, profitant notamment des propos du gouverneur de la Banque Centrale Européenne. En effet, Jean Claude Trichet a laissé entendre que la reprise devrait avoir lieu au milieu de l'année 2010, confortant ainsi les investisseurs. A cela, il faut également ajouter la possibilité d'un allegement de la dette du groupe automobile Porsche suite a l'entrée dans le capital du groupe de l'émir du Qatar.

Pour autant, les investisseurs du marché des devises sont restés plutôt prudents aujourd'hui, attendant lors des prochains jours une batterie de statistiques macroéconomiques en provenance de la zone euro et des Etats-Unis et les résultats des banques américaines. Les investisseurs redoutent que les chiffres américains ne refletent les chiffres de l'emploi publiés la semaine derniere, profitant alors au dollar et au yen en raison de leur statut de valeur refuge. Entre temps, le dollar fut conforté par les propos du secrétaire au Trésor, Tim Geithner, qui a laissé entendre que de nombreux risques pesent encore sur le rétablissement de l'économie mondiale.

 

Le climat économique a les faveur du dollar

 

En ce mardi, la devise américaine continue sa progression sur le marché des changes alors que la monnaie unique s'était un peu renforcée hier en fin de séance. Le climat qui regne sur le marché des changes est, une nouvelle fois, propice aux valeurs refuge. En effet, la consommation américaine s'affiche toujours assez faible : en excluant les ventes d'essence et d'automobile, la consommation des ménages apparaît en baisse pour le quatrieme mois consécutif de 0,2%. Sachant qu'en temps normal, la consommation représente pres des deux tiers de la croissance américaine, cette mauvaise nouvelle a évidemment renforcé l'attrait pour les valeurs refuge sur le marché des changes.

Cette nouvelle a d'ailleurs totalement éclipsé les résultats meilleurs que prévu de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs qui a annoncé un bénéfice net de 3,44 milliards de dollars pour le deuxieme trimestre.

Un autre coup dur pour l'euro est tombé aussi aujourd'hui avec la publication des chiffres de l'indice de confiance allemand ZEW qui a reculé de 5,3 points en juillet alors que les économistes s'attendaient a une petite hausse. Pénalisé par cette nouvelle, la monnaie unique européenne n'a pas réussi a reprendre du terrain en dépit du regain de 0,5% de la production industrielle dans la zone euro.

Dans ce contexte, les craintes des investisseurs du marché des changes restent toujours tres vives, ces derniers ne sachant plus tres bien a quel sein se vouer.

 

Regain d'optimisme et prise de risque sur le forex

 

La monnaie unique européenne a créé la surprise aujourd'hui en remontant au dessus de 1,41 dollar sur le marché des changes, profitant d'un regain de confiance des investisseurs suite a la publication d'indicateurs économiques américains et des réserves de devises chinoises. Bien que le dollar se soit affiché en recul, ce fut surtout le yen, qui fut le grand gagnant des dernieres séances, qui a baissé simultanément face au billet vert et a l'euro aujourd'hui.

Certes, la monnaie unique européenne fut légerement destabilisée en milieu de séance par le recul des prix a la consommation en juin dans la zone euro, soit une premiere mais cette nouvelle a eu un impact assez limité sur le taux de change de l'euro puisque ce recul constaté de 0,1% sur un an n'est qu'une confirmation d'une premiere estimation faite par Eurostat et déja diffusée aux marchés.

Surtout, les cambistes ont tourné les yeux aujourd'hui sur la Chine, une fois n'est pas coutume. Non pas qu'un nouveau rebondissement ait eu lieu dans l'affaire Rio Tinto mais, la Chine a fait connaître le montant de ses réserves de devises internationales. Fin juin, elles ont atteint un record estimé a 2 131,6 milliards de dollars, soit une hausse de plus de 17% sur un an.

A cette nouvelle, il a fallu aussi ajouter plusieurs indicateurs américains qui sont venus rassurer les investisseurs dont les espoirs furent douchés la veille par le bilan mitigé de la consommation outre atlantique. Le recul de l'activité industrielle autour de New York a ralenti plus que prévu en juillet tandis que les prix a la consommation ont connu une forte accélération en juin avec une hausse de 0,7%. Enfin, la production industrielle outre atlantique a ralenti sa chute, en diminuant de 0,4% alors que les économistes s'attendaient a une baisse de 0,6%.

Au final, de tels indicateurs ont évidemment joué en faveur de la monnaie unique européenne et des autres valeurs jugées a risque, le dollar se maintenant toutefois bien face au yen.

 

Le billet vert capitalise sur les craintes

 

Stimulée par la publication des minutes de la derniere réunion de la Réserve Fédérale américaine et par la révision a la hausse des perspectives de croissance pour les Etats-Unis en 2010, la monnaie unique européenne avait pu feter hier dignement son record historique d'il y a un an, quand l'euro avait été propulsé a 1,6038 dollar sur le marché des changes.

Cependant, comme nous le laissions entendre dans notre article d'hier, la tendance s'est rapidement retournée en faveur du dollar et du yen. En effet, les valeurs refuge ont capitalisé sur un retour des craintes des investisseurs du marché des changes en dépit de la publication des chiffres de la croissance chinoise. Celle-ci fut apparemment portée par le vaste plan de relance préparé par Pékin, accusant une hausse de 7,9% sur an. Certes, les économistes sont plus habitués a des niveaux a deux chiffres mais, en période de crise, une telle performance est a saluer. Elle n'a en tout cas pas permis aux investisseurs du marché des changes de reprendre confiance meme si les milieux économiques ont coutume d'affirmer que la reprise débutera en Chine.

En fait, les cambistes ont surtout exprimé des inquiétudes suite au < Niet > donné par Washington au groupe de services financiers CIT Group. Ce dernier avait en effet demandé une nouvelle aide afin d'éviter la faillite. Le refus des autorités américaines de répondre favorablement a cette demande a inquiété les marchés qui redoutent la plus importante faillite depuis celles de l'automne. Les cambistes ont encore en mémoire l'abandon par les autorités américaines de Lehman Brothers. En tout cas, ce refus a fait l'affaire du dollar qui a repris un peu du terrain perdu hier face a la monnaie unique européenne, les cambistes étant a l'affut de placements surs.

 

L'euro cede du terrain face au yen et au dollar

 

En début d'échanges européens, la prudence était encore de rigueur, l'euro cédant notamment le pas face au yen et au dollar. Lors de la séance d'hier, la monnaie unique européenne avait repris un peu de terrain sur le marché des changes a la faveur des résultats meilleurs que prévu des banques Goldman Sachs et JPMorgan Chase.

Cependant, des signes d'essoufflement se font sentir et les investisseurs du marché des changes ont de nouveau décidé de se replier sur les valeurs refuge. Deux phénomenes principaux expliquent de tels choix d'investissement. D'abord, les attentats qui ont frappé deux hôtels de luxe, tuant des occidentaux, en Indonésie ont rappelé a tous que la menace terroriste n'a pas disparu. Par ailleurs, les investisseurs du marché des devises ne cachent pas leur inquiétude au sujet des résultats des entreprises américaines, notamment Bank of America, Citigroup et dans une moindre mesure General Electric qui a mis en place une opération massive de refinancement. Ces différents groupes doivent publier leurs résultats trimestriels aujourd'hui, avec l'annonce des chiffres des permis de construire et des mises en chantier de logements au mois de juin.

Les investisseurs du marché des changes avaient déja été échaudé par le refus des autorités américaines d'aider le groupe de services financier CIT, qui joue un rôle important dans le financement des PME outre atlantique. Ils se font désormais a l'idée d'une inévitable faillite du groupe.

En dépit des nombreuses incertitudes pesant sur la santé de l'économie mondiale, les analystes du marché des changes ont souligné que les devises jugées a risque et donc défavorisées cette semaine se sont néanmoins bien tenues sur le forex. Le dollar canadien a été la monnaie la plus performante du marché des changes cette semaine, sachant que les dollars australiens et néo-zélandais se sont aussi bien tenus.

 

L'aversion pour le risque freine les traders

 

L'aversion pour le risque sur le marché des changes a, certes, gagné du terrain cette semaine mais les devises jugées a risques, notamment les dollars canadien, australien et néo-zélandais, ont particulierement bien résisté.

L'euro - Cette semaine, la monnaie unique européenne a un peu joué au yoyo sur le marché des changes, les investisseurs hésitant entre prise de risque et aversion pour le risque. Ainsi, dans un climat plutôt morose, l'euro a néanmoins pu feter dignement son record historique d'il y a un an. La publication des minutes de la derniere réunion de la Fed et la révision a la hausse des perspectives de croissance pour 2010 pour les Etats-Unis, ainsi que les résultats meilleurs que prévu de Goldman Sachs ont en effet permis a la monnaie unique d'avoir un court répit cette semaine alors que l'euro avait plutôt tendance a baisser face au billet vert.

Le dollar - Dans ce contexte d'aversion pour le risque, les investisseurs ont souvent choisi d'acheter des dollars sur le marché des changes. Ainsi, la devise américaine a connu plutôt une bonne semaine. La fin de non recevoir des autorités américaines a la demande d'aide formulée par le groupe de services financiers CIT, qui joue un rôle important dans le financement des PME outre atlantique, a fait redouter aux cambistes le scénario d'une nouvelle faillite. L'avenir de CIT semble en tout cas sombre et la société pourrait faire faillite prochainement, rappelant l'épisode Lehman Brothers.

Le yen - En cette période de crise économique et en dépit des déboires politiques du gouvernement japonais, qui risque d'essuyer une sévere défaite aux prochaines élections législatives anticipées, le yen continue son bout de chemin sur le marché des changes. La devise nippone a poursuivi cette semaine son appréciation face a l'euro et au dollar. Bien que la Banque du Japon ait souligné des signes d'amélioration dans l'archipel, avec notamment une amélioration du moral des entrepreneurs et une augmentation des exportations et de la production industrielle, elle s'est néanmoins voulu prudente sur les mois a venir. Elle a en effet revu a la baisse ses prévisions de croissance, ce qui a évidemment joué en faveur du yen. Par ailleurs, la Banque du Japon a annoncé vouloir de trois mois les mesures prises au début de l'année pour accompagner le retour de la croissance. Outre un maintien des taux a 0,10%, la banque centrale prévoit de continuer jusqu'au 31 mars 2010 ses achats directs d'obligations et de billets de trésorerie aux entreprises afin d'alléger leur situation financiere.

Le dollar canadien - Le dollar canadien est la devise qui a enregistré cette semaine la meilleure performance sur le forex. Certes, l'envolée du dollar canadien fut un peu freinée par le retour de l'aversion pour le risque mais, pour autant, le dollar canadien a continué a s'apprécier, notamment face au billet vert. L'optimisme sur lequel capitalise le dollar canadien est du a la publication de nouvelles positives sur le front économique et au redressement des prix des matieres premieres. Certains analystes du marché des changes osent meme s'aventurer a dire que la devise canadienne serait en meilleure position que le dollar australien car les cours du brut devraient rebondir plus vite que ceux des métaux de base, grâce a l'augmentation de la demande en Amérique latine et en Asie.

Le dollar néo-zélandais - Bien que le dollar néo-zélandais se soit affiché en bonne santé cette semaine, a l'instar des autres devises liées aux matieres premieres, il a connu un moment d'affaiblissement apres l'avertissement lancé par l'agence de notation Fitch. Cette derniere a en effet affirmé qu'elle pourrait dégrader les notes de la dette de la Nouvelle-Zélande ce qui a pesé sur le cours de la devise nationale. D'autres pays occidentaux risquent également d'essuyer de telles menaces, les déficits se creusant en cette période de crise économique.

Le rouble - Etant étroitement lié au cours des matieres premieres et notamment du pétrole, le rouble a poursuivi, en début de semaine, son affaiblissement sur le marché des changes, affaiblissement provoqué par une chute des prix du baril de pétrole. Cependant, le rouble s'est ensuite un peu ressaisi en fin de semaine grâce a l'amélioration des cours.

La lire turque - La Banque centrale turque a décidé cette semaine de baisser de nouveau ses taux, a 8,25% afin de contrer les effets de la crise économique sur le pays. Les autorités turques sont en négociation depuis plus d'un an avec le FMI pour obtenir un pret mais les négociations piétinent alors que le pays s'enfonce dans la crise. En effet, au cours du premier trimestre, l'économie a enregistré une chute sans précédent de 13,8%.

 


 
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