En raison des craintes pesant sur la reprise économique en Europe, la monnaie unique restait en retrait dans les échanges européens tandis que les gains du dollar étaient beaucoup limités aujourd'hui par la révision a la hausse des perspectives économiques par le Fonds Monétaire International.
Dans ce contexte, les cambistes ne savaient pas vraiment aujourd'hui ou investir. En effet, l'horizon économique dans la zone euro inquiete toujours les analystes, l'Europe semblant un peu a la traîne par rapport au reste du monde. La publication des chiffres du chômage ont évidemment corroboré de telles craintes puisque 1,22 million de personnes ont perdu leur travail au premier trimestre dans la zone euro. Pour autant, le dollar n'a pas vraiment profité des déboires de la monnaie unique puisqu'il continuait de perdre son aura de valeur refuge. En effet, la révision a la hausse des prévisions du FMI a diminué l'attrait du dollar aux yeux des investisseurs du marché des changes, la livre sterling et d'autres monnaies profitant en revanche de cette annonce.
Enfin, le communiqué du G8 des Finances a réservé tres peu de surprises aux cambistes puisqu'il fut particulierement consensuel. Meme le ministre des Finances russe a réitéré sa confiance dans le dollar, soulignant qu'il est beaucoup trop tôt pour trouver une alternative a la devise américaine. Un tel discours rompt en tout cas avec celui tenu par Dmitri Medvedev récemment. Pour autant, les investisseurs du marché des changes jetteront un oeil attentif demain a la réunion des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) au cours de laquelle le statu du dollar devrait etre évoqué.
Evolutions et Avenir du métier de trader
Que ce soient le personnage du film American Psycho ou bien l'affaire Kerviel, l'opinion a souvent une idée biaisée du métier de trader. Certes, l'image du < cow-boy trader > n'est pas totalement absurde. L'épisode Kerviel peut en témoigner meme si l'affaire est certainement beaucoup plus complexe et ne peut pas se résumer seule a la dérive d'un trader tenté par les défis et l'appât du gain. Pour autant, ce serait méconnaître ce métier et surtout les évolutions entamées ces dernieres années que de réduire la profession de trader a cette image biaisée.
En effet, depuis quelques années, le métier de trader connaît de profonds bouleversements qui devraient, a priori, encore se renforcer du fait de la crise financiere et de dérives qui ont surgi a ce moment la sur le devant de la scene.
L'émergence d'un nouveau profil de trader
Du fait de l'importance croissance accordée aux produits exotiques et du renforcement de la surveillance des activités dans les salles de marché, le profil recherché par les banques et les autres institutions financieres a beaucoup évolué. Les nouveaux traders doivent en effet pouvoir se targuer d'un parcours académique exemplaire, souvent gage de rigueur et de sérieux. Le trader doit désormais etre plus appréhendé comme un gestionnaire des risques, qui applique des raisonnements mécaniques et académiques, s'occupant de la part déterministe du marché et partageant ses profits avec les équipes de vendeurs, que comme un trader a tendance individualiste, basant ses opérations sur ses intuitions. Ce dernier profil, bien qu'il ait pu apporter aux banques des profits énormes par le passé, peut aussi provoquer des pertes importantes voire précipiter leur faillite. Ainsi, Jérôme Kerviel aurait fait perdre a la Société Générale pres de 4,9 milliards d'euros en prenant des positions dissimuées sur des contrats a terme sur European Index. Toutefois, le sort de la Société Générale fut toujours mieux que celui de la Barings, prestigieuse institution de la City qui fit faillite a cause des spéculations boursieres de l'un de ses traders, Nick Leeson. Ces quelques épisodes malheureux ont ainsi invité les banques a plus de prudence et a un renforcement accru de la surveillance de leurs traders.
Les conséquences de cette évolution dans les salles de marché
Ce changement progressif dans le statut de trader a eu trois conséquences majeures au niveau de la salle de marché. D'abord, les prop traders et toutes les fonctions qui impliquent les capitaux propres de la banque se font de plus en plus rares. Deuxiemement, les banques font de plus en plus appel aux automates de trading, soulignant le passage du trading stochastique au trading déterministe qui implique, a priori, moins de risques. Ainsi, la banque d'affaires Goldman Sachs s'est tournée vers les automates afin de remplacer son équipe de traders des dérivés actions de New York. Enfin, la derniere conséquence majeure de cette évolution se trouve dans le recrutement. Les jeunes diplômés qui cherchent a s'engouffrer dans une carriere de trader doivent se présenter équipé : c'est a dire pourvu d'un parcours académique et éventuellement professionnel irréprochable. La motivation et le sourire ne suffisent en effet plus. Les banques uniformisent leur processus de recrutement sur celui des cadres, ce qui impliquent qu'elles recherchent des professionnels diplômés. Désormais, plus du trois quart des banques et établissements financiers passent par un < graduate program > normalisé pour recruter leurs nouveaux professionnels.
L'euro surfe sur la hausse de l'indice ZEW
Bien que des craintes pesant sur le secteur bancaire européen et la possible retombée d'une dévaluation de la monnaie lettone ait pesé aujourd'hui sur le cours de la monnaie unique européenne, l'euro a confirmé son avance sur le dollar lors des échanges européens.
La monnaie unique fut portée par la publication de l'indice ZEW et les chiffres de l'immobilier américain. Concernant le premier indicateur économique, l'indice a grimpé de 13,7 points en juin, a 44,8 points, soit une hausse plus importante que prévu par les analystes, reflétant un regain de confiance des acteurs sur les marchés financiers allemands. A cet indice, il fallait aussi ajouter aujourd'hui les chiffres de l'immobilier américain qui se sont affichés en hausse. En effet, les mises en chantiers de logements et les permis de construire délivrés outre atlantique se sont repris le mois dernier apres etre tombé a un plus bas en avril. Ce regain sur le secteur de l'immobilier a rassuré les investisseurs qui guettent les moindres signes de reprise.
Le climat sur le marché des changes fut également propice a une poursuite de la hausse de la livre sterling face au dollar et a l'euro.
Enfin, comme nous l'annonçions hier, les BRIC se sont réunis aujourd'hui en Russie, appelant a diversifier davantage le systeme monétaire international. Une telle déclaration reflete notamment les positions chinoise et russe qui militent en faveur d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, le Kremlin avançant l'idée du rouble notamment. Pour autant, de telles déclarations devraient vraisemblablement rester lettre morte pour l'instant, tant les BRIC sont dépendants du dollar au niveau de leurs avoirs et réserves.
La résistance du dollar surprend les cambistes
Bien que les valeurs refuge s'affichent en baisse depuis plusieurs semaines du fait du retour du gout pour le risque des investisseurs, le dollar semble depuis quelques séances faire une pause qui rassure les analystes du marché des changes. En effet, alors que le yen a dégringolé ce matin face aux autres monnaies, le dollar a seulement commencé a glisser dans la nuit face a l'euro sous l'effet de la réunion des BRIC a Ekaterinbourg et de la publication de l'indice ZEW qui mesure les attentes économiques des milieux financiers outre-Rhin.
Cependant, les analystes du marché des changes ont remarquablement noté que le dollar a a peine sourciller a l'issue de la réunion des BRIC qui, pour faire simple, s'est terminée sur le constat que la devise américaine n'a pas joué son rôle pendant la crise, appelant donc a une diversification des devises de réserve internationales. Il y a a peine quelques semaines, une telle déclaration aurait eu pour conséquence un net décrochage du dollar face aux autres devises, décrochage qui n'eut pas lieu cette fois.
Pour cause, personne n'est dupe sur le marché des changes : les BRIC n'ont aucun intéret a < démolir >, pour reprendre le terme utilisé par Arkadi Dvorkovitch, le dollar pour rentrer dans la cour des grands. En effet, en agissant ainsi, les BRIC se tirent une balle dans le pied puisque la Chine et la Russie, a eux seuls, détiennent déja plus des deux tiers des 6700 milliards de dollars de réserves de change mondiales. Une telle stratégie ne serait donc pas payante.
Par conséquent, les joutes oratoires ne semblent plus avoir d'effet sur le cours du dollar et certains analystes se risquent meme déja a évoquer un rebond de la devise américaine. Ainsi, les économistes d'Aurel BGC prédisent que le dollar pourrait terminer l'année a 1,25 pour un euro. D'une part, les incertitudes entourant l'évolution des indices boursiers pourraient jouer en faveur du dollar et, d'autre part, comme l'ont souligné les chiffres de l'immobilier publiés hier, les Etats-Unis sont sur la bonne voie et devraient sortir de la crise avant les économies européennes.
Toutefois, c'est également oublier le fardeau de la dette américaine qui pese, comme l'a récemment rappelé Ben Bernanke, sur le moral des investisseurs. Hier encore, des rumeurs rapidement démenties par la Fed évoquaient la possibilité d'une monétisation de la dette publique américaine.
Si l'avenir du dollar est encore incertain, une chose est sure, il devrait profiter dans l'immédiat des rumeurs de relevement des taux de la Réserve Fédérale puisque les prix a la consommation aux Etats-Unis sont restés particulierement sages au mois de mai, n'augmentant que de 0,1%.
La livre sterling confirme son retour
Aujourd'hui, la livre sterling s'affiche en léger recul face au dollar et a l'euro, sous l'effet des chiffres du chômage et de prises de bénéfice. Pour autant, la livre sterling confirme depuis plusieurs semaines, notamment a la faveur du gout pour le risque des investisseurs, son grand retour sur le marché des changes. Sa descente aux enfers en fin d'année derniere ne semble plus etre qu'un mauvais souvenir. Apres avoir frôlé la parité avec la monnaie unique européenne et avoir enfoncé le seuil de 1,45 dollar pour la premiere fois en l'espace de six ans, la devise britannique prend sa revanche, regagnant notamment 16% face a l'euro.
Pourtant, une telle reprise semble digne du miracle. En effet, la crise économique qui sévit outre manche est l'une des plus graves en Europe et les déboires du gouvernement de Gordon Brown ne sont pas en mesure de rassurer les investisseurs. D'ailleurs, des rumeurs de démission du Premier ministre avaient fait chuter momentanément la livre sterling il y a quelque temps.
En fait, le rebond de la livre sterling face aux autres monnaies du marché des changes s'explique en partie par l'action de la vénérable institution de Threadneedle Street. En effet, la Banque d'Angleterre s'est lancée en meme temps que la Réserve Fédérale dans une politique d'assouplissement quantitatif qui semble porter ses fruits et donne surtout des gages de reprise aux investisseurs.
Si de nouveaux signes viennent confirmer que l'économie britannique est sur la bonne voie, la Banque d'Angleterre pourrait faire preuve dans les mois qui viennent de sa légendaire réactivité et relever progressivement ses taux. En effet, traditionnellement, les taux pratiqués outre manche sont supérieurs a ceux de la Banque Centrale Européenne, sauf cette année ou ils sont actuellement inférieurs de moitié
Euro et livre sterling finissent en hausse
L'euro et la livre sterling finissent la semaine de trading en beauté, la livre sterling s'affichant en hausse simultanée face a la monnaie unique européenne et face au dollar tandis que l'euro reprenait l'ascendant sur le dollar, évoluant légerement au dessus de 1,40 dollar sur le marché des changes.
La confiance semble de nouveau dominé sur le marché des devises, l'euro et les autres valeurs jugées a risque continuant leur hausse au détriment des valeurs refuge.
Le dollar a particulierement mal appréhendé la journée d'aujourd'hui. En effet, alors que l'agence Standard & Poor's avait assuré qu'il n'existe pas de raison de baisser la note des Etats-Unis hier, l'agence de notation Moody's a jeté de nouveau un froid, affirmant qu'elle pourrait baisser la note de la Californie. Les rumeurs ont alors repris de plus belle, notamment sur l'éventualité d'un sauvetage par les autorités fédérales et sur une hypothétique perte du triple A des Etats-Unis.
Enfin, les opérateurs du marché des changes surveilleront attentivement la semaine prochaine l'émission de bons par le Trésor américain pour un montant estimé a 104 milliards de dollars, soit un record. Cette émission, de part sa taille et ses implications sur le cours du dollar et des taux d'intéret, sera donc d'importance.
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