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Juin 2010 - Semaine 4

Le real brésilien a l'assaut du monde

 
Le real brésilien continue sa quete afin de s'affirmer sur la scene internationale comme une devise incontournable. Ce mouvement fait écho a la tentative, jusqu'a présent réussie, du Brésil de devenir un acteur international de premier plan, aussi bien au niveau économique, chose faite déja, qu'au niveau politique avec notamment les tentatives de médiation du président Lula dans la crise iranienne.

En pleine débandade du dollar américain, lorsque la paire EUR/USD atteignait 1,60, les pays émergents avaient appelé a maintes reprises a une refonte du systeme monétaire international en diversifiant les devises de réserve internationale. Depuis les accords de Bretton Woods , en 1944, le dollar américain est la principale devise de réserve internationale.

La Chine, la Russie, le Brésil, et en arriere-plan l'Inde, avaient fait plusieurs propositions, visant surtout a mettre au premier plan leurs devises respectives. Ainsi, la Russie et la Chine ont abondamment tiré la couverture pour eux, appelant a ce que le rouble, dans le premier cas, et le yuan, dans le deuxieme cas, soient élevés au rang de devises de réserve internationale. Cependant, avant que cela ne se produise, la Russie devra parvenir a stabiliser une économie avec un fort potentiel de développement mais qui souffre encore du désinvestissement des années soviétiques. De son côté, la Chine devra accepter de laisser le yuan évoluer librement sur le marché des changes face aux autres monnaies, ce qui n'est pas pour demain.

Entre-temps, il fut alors proposé de faire usage des fameux DTS (Droits de Tirages Spéciaux) du FMI, une option clairement soutenu jusqu'a présent par Dominique Strauss-Kahn qui y voit un moyen de contourner l'influence du dollar a long terme.

Cependant, a la veille d'une réunion importante du G20, le Brésil s'est réveillé. Alors que les années Lula sont en passe de se fermer, le gouvernement actuel a lancé une nouvelle initiative. Le ministre des finances brésilien, Guido Mantega, a ainsi suggéré d'inclure le yuan chinois et le real brésilien en tant que monnaies de conversion pour les DTS du FMI. Jusqu'a présent, seuls le dollar US, la livre sterling, l'euro et le yen sont inclus en tant que monnaies de conversion.

Une réforme du FMI est d'ailleurs prévue en 2011 afin de mieux représenter le poids économique des pays émergents, réforme qui ne devrait certainement pas etre menée par Dominique Strauss-Kahn, ce dernier étant appelé a d'autres responsabilités. Afin de poser les bases de cette réforme, le Brésil a ainsi lancé cette initiative qui semble avoir reçu un accueil plutôt favorable du directeur de l'institution.

En effet, il va de soi, selon nous, que le real brésilien deviendra dans les 20 prochaines années l'une des devises majeures du marché des changes, offrant certainement plus de sécurité aux investisseurs qu'un éventuel yuan flottant librement mais probablement victime des tensions sociales en Chine.


 
Franc suisse et yuan au coeur de l'actualité
 
L'actualité du marché des changes a été tres fournie ce week-end avec le plus haut niveau historique enregistré par le franc suisse face a l'euro vendredi au lendemain de la décision de la BNS de laisser filer le taux de change de la devise helvétique et avec la décision de la banque centrale chinoise de poursuivre la politique visant a accroître la flexibilité du yuan face aux autres monnaies.

Cette nouvelle a eu son petit effet sur les marchés financiers aujourd'hui qui évoluent tous dans le vert. En fait, les marchés financiers s'attendent dans les semaines qui viennent a une appréciation du yuan de 3 a 4% ce qui serait en fait positif pour le commerce mondial et notamment les pays exportateurs de matieres premieres comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. Dans ce contexte, les devises de ces deux pays s'affichaient en nette hausse aujourd'hui.

Toutefois, l'embellie apportée par la décision chinoise pourrait etre de courte durée car la Chine ne s'est pas engagée officiellement a réévaluer le taux de change du yuan. Elle a simplement réaffirmé son engagement de renforcer la flexibilité de la devise chinoise, renouant ainsi avec un discours déja entendu avant la crise.

Il est certainement probable que la Chine souhaite, par ce geste, apaiser les tensions qui commençaient a renaître, notamment aux Etats-Unis ou le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, s'en est pris de nouveau récemment au taux de change du yuan qui serait sous-évalué, selon certains économistes américains, d'au moins 40%.

Surtout, Pékin souhaite probablement que le yuan ne soit pas au coeur des discussions qui vont avoir lieu au G20 dans quelques jours. Afin d'apaiser les tensions, la Chine a donc décidé de ce geste. A en juger par les réactions dans les capitales occidentales, Pékin n'a pas de souci a se faire concernant le yuan pour le G20. Tous les responsables politiques internationaux semblent satisfaits par de simples paroles, quand il s'agit de la Chine en tout cas.

L'autre sujet d'actualité aujourd'hui fut une nouvelle fois le franc suisse qui s'affiche en nette hausse face au dollar et a l'euro. A la veille du G20, la présidente suisse, Doris Leuthard est revenue dans une interview sur la situation monétaire internationale, réaffirmant notamment son soutien a l'euro. Elle a également justifié la décision de la BNS de soutenir a tout prix le franc suisse contre l'euro pendant des mois, causant une perte de pres de 5 milliards de francs suisses sur son bilan, en affirmant qu'il s'agissait surtout de protéger les PME contre le risque de change. Enfin, elle n'a pas souhaité commenter la décision de la BNS de laisser filer le taux de change du franc suisse, affirmant silmplement que la Confédération est prete pour l'instant a affronter une appréciation de la monnaie nationale.

La crise de la dette des Etats se renforce dans ce contexte d'embellie et d'optimisme. Ainsi, la mise en garde de l'agence de notation Fitch concernant la note souveraine du Japon est presque passée inaperçue aujourd'hui. L'agence a notamment affirmé que la note souveraine du pays pourrait etre remise en cause si une réforme budgétaire sérieuse n'est pas présentée d'ici a la fin de l'année. La dette du Japon approche les 200% et elle éveille de nombreuses inquiétudes parmi les économistes. Il est préférable en ce moment de rester tres prudent concernant l'évolution du yen. L'annonce de Fitch pourrait notamment avoir des répercussions dans les échanges asiatiques demain.

Enfin, c'est une journée cruciale pour la livre sterling demain puisque le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, doit présenter son budget d'urgence pour le Royaume-Uni. La journée de demain sera cruciale car le pays risque de perdre sa note de crédit AAA, plusieurs agences de notation l'ont en effet mis en garde récemment. Vu le niveau actuel de la livre sterling, il est peu probable qu'elle chute demain suite a la présentation de ce budget qui devrait a priori satisfaire les agences de notation et les investisseurs. Il convient toutefois de rester tres prudent si vous investissez sur l'EUR/GBP ou l'USD/GBP.

 
Regain de frilosité sur le marché des devises
 
Hier, le marché des devises a fini sans réelle direction avec une monnaie unique européenne évoluant autour de 1,23 dollar. Le marché était toujours en train de digérer la douche froide lancée par la banque centrale américaine mercredi et n'a pas réussi a se rassurer avec les différents indicateurs macroéconomiques qui ont été publiés pendant la séance d'hier.

Le tassement de la relance de l'activité économique dans la zone euro a été confirmé hier avec une hausse moins forte que prévu des commandes a l'industrie dans la zone euro au mois d'avril. En effet, les commandes ont augmenté de 0,9% par rapport a mars contre 1,6% attendu par les économistes.

Toutefois, le marché a pu apprécier les bons chiffres du chômage américain puisque les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué lors de la semaine du 19 juin, passant a 457 000 contre 476 000 la semaine précédente selon le Département du Travail. Les économistes s'attendaient en fait a une baisse moins importante, aux alentours de 460 000. Le dollar a par conséquent profité de ces chiffres pour se renforcer en cette période d'aversion au risque.

Du côté de l'Asie, a la surprise générale, la banque centrale taiwanaise a décidé hier de relever ses taux qui sont passé a 1,375% contre 1,25% depuis mars 2009. La banque centrale a pris au dépourvu le marché mais a justifié son choix en soulignant que l'île est en train de renouer avec la croissance comme en témoignent la baisse du chômage ou le redressement du marché immobilier.

Taiwan suit ainsi la voie tracée par d'autres pays de la région qui ont relevé leurs taux au cours des mois précédents, comme l'Australie, l'Inde, la Malaisie ou encore la Nouvelle-Zélande. Singapour a fait, de son côté, le choix de réévaluer sa monnaie il y a deux mois.

Enfin, le président de la BCE s'est félicité dans un entretien paru hier dans La Repubblica des réformes de la régulation financiere. Il a par ailleurs rejeté les critiques concernant les mesures d'austérité prises par de nombreux gouvernements de la zone euro .

 
Le dollar australien sauvé par Julia Gillard?
 
A l'ouverture des échanges ce matin, le dollar australien s'affichait en recul par rapport au billet vert, passant de 0,8740 USD lors de la clôture des échanges vendredi dernier a 0,8716 USD pour un dollar australien.

Ce recul du dollar australien s'explique par l'incertitude qui regne sur le marché des changes concernant les perspectives de croissance et, comme l'ont souligné les analystes au mois de mai, par la crise de la dette des Etats en Europe qui se répercute sur le climat des échanges.

Cependant, apres avoir perdu beaucoup de terrain face au billet vert courant mai, le dollar australien s'est ressaisi au mois de juin a la faveur d'une embellie des marchés, de courte durée certes mais qui pourrait profiter sur le long terme a la devise australienne. La décision de la banque centrale chinoise de poursuivre une politique de flexibilisation de sa monnaie a concouru a une hausse des achats de dollars australiens.

Cependant, c'est sur le front intérieur que se joue pour l'instant le sort du dollar australien. La croissance chinoise continue de permettre a l'Australie de rebondir sur le plan économique ce qui se traduit par une hausse du PIB conséquente et une baisse du chômage que de nombreux pays européens aimeraient eux aussi percevoir.

Certains analystes français du marché des changes ont considéré la démission du Premier ministre australien Kevin Rudd comme un signal de vente pour le dollar australien. Selon eux, l'incertitude est telle que la tendance haussiere de la devise ne pourra pas durer longtemps.

Au contraire, nous pensons fortement que le dollar australien va poursuivre dans les semaines qui viennent son rallye haussier, surtout grâce a ce changement de Premier ministre. La politique du nouveau gouvernement ne devrait pas etre modifiée substantiellement, excepté sur un point qui attire l'attention des marchés.

La remplaçante du tres impopulaire Kevin Rudd, Julia Gillard, a affirmé des son élection son intention de négocier la taxe sur les super profits miniers qui avait été proposé par Kevin Rudd, soutenue par le FMI, mais qui a provoqué la chute du Premier ministre au final. Cette taxe prévoyait un prélevement de 40% sur les superprofits miniers, c'est-a-dire les profits qui dépassent 6% de retour sur investissement. Il va s'en dire qu'une majeure partie des profits des géants miniers australiens seraient concernés par cette taxe en cas d'introduction.

Cependant, lors de sa premiere allocution en tant que chef de gouvernement, Julia Gillard a annoncé la mise a plat de cette taxe si controversée ce qui a fait bondir vendredi dernier le dollar australien face au dollar néo-zélandais, la paire AUD/NZD atteignant vers la fin des échanges 1,2316.

Bien que les géants du secteur, comme Rio Tinto, ont accueilli avec prudence cette décision, qualifiant ce geste d' , les analystes considerent que ce changement de Premier ministre sonne le glas de cette taxe miniere et ouvre donc un pavé au dollar australien sur le marché des changes.


 
G20 décevant sans impact sur les changes
 
La réunion du G20 au Canada ce week-end a simplement mis en lumiere pour les observateurs les profondes dissensions entre les différents membres présents lors de ce forum international de premier plan.

Plusieurs dossiers furent sur la table : la relance économique qui fait du surplace dans certains pays, le projet d'une taxe bancaire qui ne satisfait pas tous les membres et la réévaluation du yuan qui a permis a la Chine d'obtenir un satisfecit de la part de ses partenaires.

Le projet d'une taxe bancaire au niveau mondial semble clairement hors de propos a l'heure actuelle, de nombreux pays, a l'instar du pays hôte du G20, le Canada, s'opposent a un tel projet qui aura incontestablement un impact limité sur la situation économique. En Europe, un tel projet est porté par la France et le Royaume-Uni afin d'assurer un soutien populaire a des gouvernements devant faire face a des choix difficiles. Un scénario similaire a lieu outre-Atlantique ou la réforme du systeme bancaire est sur de bons rails dans la perspective des prochaines élections de mi-mandat.

La relance économique fut sur le devant de la scene, avec en arriere-plan les propos plutôt prudents tenus récemment par Ben Bernanke et la révision a la baisse de la croissance économique aux Etats-Unis au premier trimestre, a 2,7%. La vision américaine s'est opposée frontalement a la vision européenne qui privilégie des mesures d'austérité. Il est probable que de telles mesures aient un impact négatif sur la croissance, notamment en visant la consommation. Cependant, les pays européens, qui font face a une crise de confiance se répercutant aussi bien sur le marché obligataire que sur le marché des changes, sont contraints de rassurer les investisseurs en réduisant le déficit public. 

Enfin, le dossier de la semaine fut évidemment la décision de la Chine de renforcer la flexibilité de sa devise. Lors du G20, le président américain, qui souffle le chaud et le froid sur ce dossier, a appelé son homologue chinois a prendre au sérieux l'engagement énoncé il y a une semaine par la banque centrale chinoise. Semblant vouloir donner des gages de confiance a ses partenaires commerciaux, la Chine a relevé une nouvelle fois aujourd'hui le taux de change du yuan face au dollar. Selon un communiqué publié sur le site internet de la banque centrale, le cours pivot a été remonté a 6,7890 yuans pour un dollar contre 6,7896 yuans vendredi dernier.

Dans la foulée du G20, le gouverneur de la banque centrale d'Arabie Saoudite a affirmé qu'il ne compte pas soutenir l'euro en achetant des obligations souveraines européennes. L'Arabie Saoudite ne détient pas un nombre réellement significatifs d'obligations européens mais une telle déclaration constitue toutefois un mauvais signal pour les marchés.

En ce début d'échanges européens, le marché des changes connait peu de mouvements, attenant la publication d'indicateurs macroéconomiques. Ainsi, la tendance des derniers jours se poursuit avec une hausse sensible du franc suisse face a l'euro et au dollar, hausse permise par la nouvelle politique monétaire de la BNS .


 
La France a l'heure de l'austérité
 
Afin de sauver la face, la zone euro est a l'heure de l'austérité. En pleine crise de la dette des Etats, les pays de l'euroland se sont engagés sur la voie de l'austérité. Il y a a peine un an, le président Sarkozy récusait la voie de l'austérité, soulignant qu'elle s'était avérée inefficace par le passé. Les présidents américain et chinois auraient certainement applaudi de tels propos a l'époque.

Cependant, a leur grand dam, meme la France, suivant la voie tracée par l'Allemagne, les pays ibériques et le Royaume-Uni, a décidé de réduire son train de vie. Dans les débats publics en France, la question de la dette est souvent mise sur le tapis. Pour autant, la dette actuelle de la France n'inquiete pas les agences de notation financiere. Ce qui inquiete Paris en revanche, c'est un phénomene de contagion qui pourrait se répercuter sur le pays.

Afin de faire bonne figure, le gouvernement français s'oriente vers une réduction des dépenses, en commençant par le train de vie de l'Etat. Apres plusieurs scandales qui ont émaillé le gouvernement, le président Sarkozy a présenté une série de mesures concernant le gouvernement en matiere de logements ou encore de déplacements. L'objectif est de faire bonne figure et de montrer aux français que le gouvernement participe a l'effort national au plus haut niveau. Ainsi, a titre symbolique, les garden party de l'Elysée, du Quai d'Orsay et de l'Intérieur ont été annulées pour ce 14 juillet.

Cette phase d'austérité devrait permettre, si elle est bien dosée, un retour progressif a la croissance selon le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. S'exprimant hier sur Europe 1, il a affirmé que la réduction du déficit ne doit pas se faire brutalement, afin d'éviter un effet négatif sur la croissance. Il a plaidé pour un processus assez long de <cinq ou six ans >. Cet avis est partagé par les économistes et également par l'ancien ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton, qui occupe depuis le poste de PDG de la SSII Atos Origin.

Cependant, le gouvernement n'est pas encore sur la meme longueur d'onde et souhaite aller rapidement, plaidant pour une réduction du déficit de 7,5% en 2009 a 3% en 2013, ce qui implique des coupes évaluées a 100 milliards d'euros sur trois ans. Afin de réduire le déficit, une augmentation des impôts parait inévitable, comme c'est le cas par exemple dans le budget d'urgence présenté il y a une semaine au Royaume-Uni et qui, depuis, provoque des remous entre les Conservateurs et les Libéraux Démocrates. Cependant, cette augmentation des impôts doit se faire de maniere judicieuse afin d'éviter que les français ne décident d'épargner au lieu de consommer, dans la perspective de jours difficiles.

La meilleure piste pour le moment, et c'est celle privilégiée par le gouvernement, est de tailler dans les dépenses. En Autriche, le Ministere de la Défense qui devrait voir son budget réduire de moitié d'ici a 2014 a ainsi décidé de mettre au rebut la moitié de son parc de véhicules blindés. En revanche, en France, en pleine crise, le Ministere de la Défense préfere s'offrir une piscine estimée a 30 millions d'euros.

 


 
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