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Mai 2009 - Semaine 2

Bernanke estime que le dollar devrait rester fort

 

Le calendrier économique est peu fourni aujourd'hui, a l'exception des chiffres de la balance commerciale américaine au mois de mars. Apres avoir connu un ajustement technique hier, avec la publication des chiffres a la production en Italie et en France, la monnaie unique européenne remonte sur le marché des changes face au dollar.

Pour autant, du fait de la politique tres volontariste de la Réserve Fédérale qui s'evertue notamment a favoriser une stabilité des prix et de la force de l'économie américaine, en dépit de la crise financiere et économique actuelle, le patron de la Fed a estimé que le dollar devrait encore rester fort dans les mois qui viennent face aux autres devises du marché des changes.

Comme l'a constaté Jean Claude Trichet, l'économie mondiale est actuellement a un tournant, les perspectives économiques pour les mois a venir commençant a s'éclaircir. Dans ce contexte, les analystes du marché des changes s'attendent a ce que les investisseurs aient de moins en moins de répugnance a s'aventurer sur les devises jugées a risque comme l'euro ou encore la livre sterling. Ce mouvement, prédit par la plupart des analystes, devrait pousser le dollar a la baisse dans les mois qui viennent sur le marché des devises.

L'atmosphere sur le marché des changes est d'ailleurs a l'optimisme aujourd'hui alors que les dix banques concernées par la levée de fonds suggérée par le Trésor américain se ruent depuis lundi sur les marchés pour attirer les investisseurs. La baisse du dollar est également le résultat d'une translation des investissements de nombreux traders du marché des changes au marché des actions, certains anticipant une hausse des cours et souhaitant donc acheter alors que les cours sont encore bas.

 

Plongeon de la livre sterling sur le forex

 

La publication par la Banque d'Angleterre du traditionnel rapport trimestriel sur l'inflation a laissé planer de tres fortes inquiétudes sur les perspectives économiques outre manche, faisant littéralement plonger la livre sterling face aux autres devises sur le marché des changes. Ainsi, en début de matinée, la livre sterling est tombée a 1,1087 euro et a 1,5161 dollar.

Lors d'une conférence de presse précédant la publication du rapport, le gouverneur de la banque centrale, Mervyn King, a déclaré qu' < il serait extremement imprudent de prétendre savoir de quoi le futur est fait >. Ce flou, entourant les perspectives économiques au Royaume-Uni, a largement contribué au mouvement de défiance des investisseurs qui fut constaté lors de la séance d'aujourd'hui vis a vis de la livre sterling.

Dans son rapport trimestriel, la Banque d'Angleterre a estimé que la hausse des prix pourrait non seulement passer sous l'objectif de 2% fixé par l'institut d'émission, mais qu'elle pourrait également se transformer en baisse des le deuxieme semestre 2009, c'est a dire en déflation. Ce scénario, redouté par toutes les banques centrales, pourrait, a priori, perdurer jusqu'en 2011 selon le rapport. Ce rapport, sur lequel la Banque d'Angleterre s'appuie pour définir sa politique monétaire, caractérisée dernierement par une baisse successive du loyer de l'argent outre manche, fait l'objet de toutes les attentions des investisseurs. Le scénario d'une déflation, qui n'est pas nouveau puisque le Japon a affronté une telle situation économique pendant des années et que les Etats-Unis ont connu au mois de mars dernier, devrait amputer la marge de manoeuvre de la banque centrale, en raison principalement de sa durée. Ainsi, la perspective d'une sortie de crise semble s'éloigner outre manche, poussant a la baisse la livre sterling face aux autres monnaies.

 

Fortes tensions sur le marché des changes

 

Au lendemain de la publication du rapport de la Banque d'Angleterre qui a jeté un froid sur le marché des changes, la prudence est de mise aujourd'hui. La reprise tant espérée par les cambistes, meme si elle ne s'éloigne pas, devrait cependant se produire tres lentement. Ainsi, la moindre marque de panique pourrait provoquer un acces de panique chez de nombreux investisseurs.

Suite a la publication des chiffres des ventes de détail outre atlantique, le dollar a connu une petite hausse hier, retrouvant son aura de valeur refuge. A chaque nouvelle turbulence sur le marché des changes, les cambistes se replient stratégiquement sur le yen et le dollar, faisant ainsi chuter les valeurs jugées a risque, comme l'euro. Cependant, en début d'échanges européens, la monnaie unique européenne a pu se targuer d'une petite hausse simultanée face au yen et au dollar sur le marché des changes en raison de l'hypothese d'un statu quo des taux dans la zone euro. Cette hypothese fut confirmée par le gouverneur de la banque centrale autrichienne, qui n'a pas caché il y a quelques semaines etre en faveur de taux en dessous de 1% en cas de nécessité. Ce dernier a en effet souligné que les risques d'inflation mais également de déflation, sujet au combien d'actualité en raison du rapport trimestriel sur l'inflation de la Banque d'Angleterre, se sont fortement éloignés dans la zone euro, alimentant ainsi les spéculations sur un éventuel statu quo. Cette hypothese a au moins permis a la monnaie unique européenne d'engranger quelques gains face aux valeurs refuge, restant néanmoins toujours faible par rapport a ses précédents records.

 

Récession dans plusieurs pays de la zone euro

 

L'annonce de l'entrée en récession de plusieurs pays de la zone euro a définitivement douché, en début d'échanges européens, les espoirs des cambistes. En effet, plusieurs pays, dont la France et l'Espagne, ont annoncé leur entrée officielle en récession, poussant ainsi la monnaie unique européenne a la baisse face au dollar sur le marché des changes.

Au premier trimestre, la croissance espagnole a reculé de 1,8% par rapport au dernier trimestre de 2008 tandis que la France a annoncé une chute de 1,2% au premier trimestre et l'Allemagne, premiere économie de la zone euro, une baisse de 3,8%, plus importante que prévu.

Ces nouvelles ont inquiété les investisseurs du marché des changes qui constatent que la dégradation de l'environnement économique dans la zone euro est beaucoup plus importante qu'outre atlantique. Du fait de la crise et d'une forte chute de l'inflation, confirmée a 0,6% en avril, la Banque Centrale Européenne pourrait etre tentée de laisser ses taux inchangés, a 1%.

Suite a l'assombrissement des perspectives économiques dans la zone euro, le dollar, profitant de son statut de valeur refuge, a commencé a reprendre la main sur le marché des changes. Pour autant, la prudence est de mise puisqu'une batterie d'indicateurs américains est attendue a partir de 12h30 GMT. Il s'agit notamment des prix a la consommation pour le mois d'avril, de la production industrielle et de la confiance des consommateurs américains. Par conséquent, il conviendra de bien guetter les indicateurs économiques en question afin de bien placer ses ordres.

Enfin, la devise britannique, apres avoir fortement chuté face au dollar et a l'euro suite a la publication mercredi du rapport trimestriel sur l'inflation de la Banque d'Angleterre, s'est reprise aujourd'hui.

 

 
Les espoirs des cambistes douchés
 

Les day-traders ont été servis cette semaine. En jetant un regard sur le calendrier économique, peu d'évenements importants étaient attendus. Au demeurant, suite a l'activisme affiché par la Banque Centrale Européenne et au levé de rideau sur le systeme bancaire américain, les cambistes pouvaient afficher leurs espoirs d'une reprise prochaine de l'activité dans la plupart des pays occidentaux.

Toutefois, c'était sans compter sur la publication du rapport trimestriel sur l'inflation de la Banque d'Angleterre. Ce rapport alarmiste, présenté lors d'une conférence de presse par le gouverneur Mervyn King, a jeté un froid sur le marché des changes, pronostiquant l'entrée en déflation jusqu'a l'horizon 2011 de nos voisins d'outre manche. Un mouvement de défiance s'est rapidement emparé des investisseurs du marché des changes a l'annonce de cette nouvelle, faisant dégringoler la livre sterling face au dollar et a l'euro, avant qu'elle ne se reprenne progressivement en fin de semaine.

Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, la fin de semaine fut marquée par le retour de l'aversion pour le risque sur le marché des devises au fur a mesure que les mauvais indicateurs économiques tombaient.

Plusieurs pays de la zone euro ont en effet annoncé leur entrée officielle en récession. Au premier trimestre, le PIB de la France a ainsi reculé de 1,2% tandis que celui de l'Allemagne a dégringolé de 3,8%, l'Espagne ne s'en tirant pas mieux avec une chute de 1,8%. La révision a la baisse des perspectives de croissance dans les principaux pays de la zone euro ont contraint a une révision des prévisions de l'ensemble de la zone monétaire, celle ci devant accuser une baisse de l'activité estimé a 2,5%. La zone euro semble ainsi s'en tirer plus mal que les Etats-Unis qui, ayant expérimenté la déflation au mois de mars, ont au moins pu se réconforter avec une hausse de l'indice de confiance des consommateurs américains, profitant au dollar en fin de semaine.

Le reste du monde n'est pas non plus épargné par ce < coup de froid >, comme l'a titré le quotidien < La Tribune > dans son édition du week-end. En effet, le Japon a accusé au mois de mars 620 000 destructions d'emplois, du jamais vu, chiffres qui mettent a mal la cohésion de l'archipel. Pour autant, le yen ne fut pas affecté pas ces chiffres, capitalisant sur l'aversion pour le risque des investisseurs. De son côté, Hong Kong ne semble pas profiter des signes de reprise venus de Chine puisque la ville a enregistré au premier trimestre une contraction de 7,8% de son économie a cause d'une baisse des exportations et d'un affaiblissement de la consommation. Cet indicateur a contribué a affaiblir un peu plus le dollar de Hong Kong face aux autres devises du marché des changes. Enfin, afin d'enrayer la chute des exportations et les conséquences économiques de la grippe A, qui pesent sur la santé du peso mexicain, la banque centrale du mexicain a opéré une cinquieme baisse des taux, établissant le loyer de l'argent a 5,25%.

Pour autant, l'horizon n'est pas si obscur que cela puisque meme si les investisseurs doutent de plus en plus d'une reprise rapide de l'économie dans les pays industrialisés, ils parient de plus en plus sur une reprise anticipée dans les pays émergents, notamment au Brésil. Profitant de la hausse récente du baril de pétrole, qui a redonné des couleurs a la Bourse de Moscou, et de la bonne tenue du prix des matieres premieres agricoles, le Brésil semble s'acheminer rapidement sur une sortie de crise qui a des effets tres positifs sur le cours du real brésilien depuis le début de l'année. Le meilleur conseil a donner est certainement, a l'heure actuelle, de se placer sur le long terme sur les devises des pays émergents qui offrent un potentiel incroyable.

 


 
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