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Mai 2010 - Semaine 2

La SEC réagit a la panique de jeudi dernier

 
Suite a la dégringolade de pres de 9% du Dow Jones jeudi dernier en soirée a la suite, apparemment, d'une erreur d'un trader de Citigroup sur les titres de la société Procter and Gamble, la SEC (Securities Exchange Commission) a décidé de réagir en urgence. Cette dégringolade de la bourse de Wall Street s'était faite sur fond de psychose liée a la dette de plusieurs pays membres de la zone euro.

Dans un tres bref communiqué remis hier a la presse, la SEC a annoncé etre parvenu a un accord avec les principales plateformes d'échanges outre-Atlantique, c'est-a-dire le NYSE, le NASDAQ, le Chicago Board of Excahnge, le BATS et le Direct Edge, pour renforcer les .

Dans le jargon, ces renvoient a des systemes informatiques qui sont mis en place aux Etats-Unis afin de limiter les variations de trop grande ampleur sur une valeur ou un titre. L'objectif principal de ces systemes est d'éviter une panique boursiere liée a une erreur humaine ou une erreur informatique. L'épisode de jeudi dernier a toutefois souligné les limites du systeme actuellement mis en place et surtout la nécessité de le renforcer dans les plus brefs délais.

Pour l'instant, la SEC et ses partenaires n'ont pas précisé les nouvelles mesures structurelles qui vont etre prises. La SEC a précisé qu'elle communiquera a ce sujet dans la semaine.

 
Le Yen et la dette souveraine japonaise
 
Par la force des choses, nous avons beaucoup parlé ces derniers temps de la Grece, de l'Europe et de l'Euro. Pour changer un peu, voyons quelle est la situation de la dette en-dehors du continent, plus particulierement dans la deuxieme économie de la planete, le Japon, et quelle est son influence sur la monnaie locale, le Yen.

Depuis le début de la crise de la dette souveraine grecque, le JPY est l'un des principaux bénéficiaires des flux de capitaux qui quittent l'Europe pour se réfugier ou ils peuvent. Le JPY continue a se traiter de maniere inverse au sentiment du risque, et donc a la direction du marché des actions.

Evidemment, pour le Japon, un Yen fort resserre les conditions monétaires et complique leurs efforts dans la lutte contre la déflation.

Le taux d'inflation au Japon a décru pour le treizieme mois consécutif en mars, tombant de 1.2%.

La conséquence a été que le gouvernement japonais a mis la pression sur la Banque du Japon pour combattre la déflation en prenant des mesures agressives, bien que la BoJ arrive pour l'instant a repousser la pression populiste des démagogues qui veulent fixer un objectif de taux de change pour le JPY et qui demandent donc une intervention sur les marchés. La BoJ sait bien sur qu'une telle démarche serait nuisible a l'économie nippone mais le probleme est que si le JPY continue son appréciation, la pression politico-démagogue risque de continuer a monter et il n'est pas sur que la BoJ puisse y résister pendant encore longtemps. Le gouverneur de la BoJ, Shirakawa, a bien dit en avril que la banque centrale ne pouvait pas mettre fin a la déflation, mais bien entendu, la politique suivie par le gouvernement est plus dictée par des considérations électoralistes de popularité que par la nécessité de la responsabilité.

En effet, l'année derniere et au début de l'année, la BoJ avait déja du capituler devant la pression politique en augmentant son programme de prets d'une somme de 20 trillions de JPY et en faisant des prets sans intérets a trois mois aux banques commerciales, ce qui revient donc a donner de l'argent gratuit aux banques sur le dos du contribuable ! Mais tout ceci n'est donc qu'une partie de ce que le gouvernement aimerait voir la BoJ faire.

L'amélioration récente de la situation économique dans le pays a permis a la BoJ de ne pas acheter d'obligations du gouvernement mais de nouveau, si la croissance rechute, on risque aussi d'y arriver.

Dans ce contexte, la croissance ayant été moins soutenue que prévue, la force du JPY est prise pour bouc-émissaire, puisqu'il est vrai qu'un JPY fort pénalise les exportateurs, qui représentent une force importante au sein de l'économie nippone. Ceci dit, le JPY fort est plutôt positif pour les consommateurs japonais et l'effet net est difficile a déterminer.

Du côté de la dette nationale, on l'oublie trop souvent, la situation est dramatique. Si on est inquiet pour la Grece et sa dette qui n'atteint pas encore 150% de son PIB, celle du Japon devrait atteindre a la fin 2011 le chiffre dramatique de 200% du PIB ! Evidemment, a la différence de la Grece, les Japonais ont aussi des réserves énormes d'épargne qui leur permettent < d'éponger > la dette nationale et de la financer, mais meme ça a une fin. Les agences de notation ont averti que si le gouvernement continuait a augmenter le rythme d'émission d'obligations en Yen pour financer le déficit, elles n'auront pas d'autre choix que de baisser la note de crédit du pays, qui est, rappelons-le encore, la deuxieme économie de la planete ! En d'autres termes, et bien que les conditions soient différentes, l'équivalent de la crise grecque n'est plus tres loin, et au vu de la taille du pays, personne ne pourra cette fois venir a son secours.

Evidemment, dans une conjoncture pareille, le Yen perdrait non seulement ses gains récents, mais pourrait bien s'écrouler. Tout cela est tres inquiétant et c'est pourquoi nous ne pouvons que conseiller la plus grande prudence en s'approchant de la devise japonaise. Nous déconseillons sur cette monnaie de prendre une vue de long terme et nous vous suggérons de faire du trading de court terme, qui semble etre plus logique, au vu de l'instabilité des événements depuis 2008.


 
Goldman Sachs gagne sur les marchés
 
La célebre banque de Wall Street est peut-etre pointée du doigt dans une enquete de la SEC, il n'en demeure pas moins qu'elle est toujours tres profitable pour ses actionnaires. En effet, selon un document du gendarme américain des marchés, Goldman Sachs aurait accumulé grâce aux opérations de trading au moins 25 millions de dollars sur les 63 premiers jours de l'année et aurait meme, a cette occasion, réalisé a plus de 35 reprises des profits de 100 millions de dollars.

Goldman Sachs n'est évidemment pas la seule banque citée par le document, mais c'est évidemment celle qui attire le plus les projecteurs de la presse. De son côté, la banque JP Morgan Chase réussit un beau challenge également en gagnant en moyenne via les opérations de transactions financieres plus de 5 millions de dollars par heure.

Ces résultats ont de quoi surprendre car ils ont eu lieu a une période de l'année qui fut marquée par une tres forte volatilité sur les marchés, en raison du contexte international et surtout des déboires de la Grece. Interrogée sur ses résultats, la direction de Goldman Sachs les attribue tout simplement a .

Grâce a ces opérations sur les marchés, les banques américaines ont pu réaliser au premier trimestre de cette année d'excellents résultats. Ainsi, Goldman Sachs a annoncé un bénéfice double au premier trimestre de pres de 3,3 milliards de dollars. Au total, les plus grosses banques d'investissement, au nombre de 14, ont annoncé des revenus cumulés de 78,8 milliards de dollars sur le premier trimestre.

De tels chiffres montrent ainsi la vitalité du secteur bancaire américain, notamment dans ses stratégies de trading, mais constituent aussi un argument important pour les partisans d'une taxe sur les banques qui semble, a vrai dire, aberrante en l'état des discussions actuelles.


 
Edito: L'euro au creux de la vague
 
La crise grecque est révélatrice, a maints égards, des faiblesses intrinseques a la construction européenne sur le plan économique. Au plus fort de la crise des subprimes, de nombreux gouvernements européens, dont le gouvernement Fillon, avaient milité en faveur de la création d'une sorte de gouvernement économique de la zone euro , idée depuis tombée dans les oubliettes de l'histoire. La reprise aidant, les bonnes intentions qui ont émergé pendant la crise sont désormais caduques.

Cependant, la crise grecque, conséquence indirecte de la crise des subprimes, a remis sur le devant de la scene les faiblesses inhérentes a la construction de l'Europe de Schuman. La chute vertigineuse de la monnaie unique européenne sur le marché des changes n'est en fait que le symptôme d'un mal plus profond.

Sans etre un fervent partisan de l'approfondissement de la construction européenne, force est de constater que la création d'une zone monétaire unifiée nécessite beaucoup plus que la création d'une banque centrale dite européenne. En effet, sans unification politique, le projet européen ne rassure pas, surtout en temps de crise.

Les récents développement dus a Lisbonne ont plutôt souligné aux yeux du monde entier les nombreuses incohérences de la construction politique de l'Europe du XXIeme siecle : volonté d'etre un poids lourd international pouvant dialoguer d'égal a égal avec les Etats-Unis et la Chine grâce a une construction politique originale qui rencontre l'hostilité des gouvernements nationaux, artisans principaux de la construction, qui rechignent a lâcher trop de prérogatives au profit du supranational.

Les américains qui, par la voix par exemple de l'économiste Joseph Stiglitz , ont évoqué depuis quelques semaines le risque de disparition de la monnaie unique européenne n'ont pas totalement tort. Ils n'ont certes jamais vraiment compris l'euro et, lorsqu'il fut prouvé que l'initiative était une réussite, ils en furent les premiers surpris. Pour autant, en dépit de nombreuses critiques infondées dues certainement a une incompréhension intrinseque a la relation transatlantique, les américains ont eu raison de pointer du doigt l'absence de pouvoir politique sur lequel la construction économique de l'Europe peut se reposer.

Lisbonne, en dépit des bonnes intentions du texte, apparait comme une coquille vide dans la pratique. Le fameux nouveau président européen ne joue pas dans la cour des grands et ne peut pas prétendre côtoyer Obama ou Poutine sans sembler ridicule, n'ayant aucune structure sur laquelle il peut exercer réellement son pouvoir.

L'euro est incontestablement une belle initiative mais la crise grecque a souligné de maniere explicite les faiblesses de la monnaie unique. Les responsables européens le savent depuis longtemps : sans pouvoir politique européen, la crédibilité de l'euro est entamée.

 
L'ascension pese sur le trading
 
Comme on pouvait s'y attendre, pese sur la journée de trading, qui est tres calme et avec tres peu de volatilité. 

Hier, le marché américain a fermé en vert, suite au fait que les craintes d'une contagion systémique de la crise grecque se sont affaiblies, ce qui se voit également au travers du marché  des CDS et celui des obligations souveraines, ou les rendements ont baissé.

Il semble qu'en tout cas a court terme, la peur se soit calmée et l'activité globale semble etre forte, ce qui devrait soutenir les actions les devises dites a risque sur le marché des changes, bien qu'il soit trop tôt pour en juger.

En Asie, les chiffres du chômage en Australie ont été meilleurs qu'attendus, bien que le taux de chômage soit malgré tout monté quelque peu, a 5.4%. L'AUD a bien entendu bénéficié de cette situation, montant jusqu'au niveau de 0.9029 contre l'USD. L'AUD a de plus bénéficié d'une déclaration du Gouverneur de la Banque centrale australienne, la Royal Bank of Australia (RBA), Lowe, disant que l'Australie a besoin d'une politique monétaire restrictive, suite a la force inattendue de l'économie australienne. 

La paire AUD/USD se traite juste au milieu d'un range tres large entre 0.8560 et 0.9600, alors que du point de vue technique, tout semble neutre. Bien que l'environnement général semble devoir soutenir l'AUD, on ne peut éviter la conclusion que des nuages noirs se pointent a l'horizon.

De son côté, la Chine continue sa politique de resserrage de la ceinture hypothécaire, ce qui devrait continuer a peser sur les marchés asiatiques. 

L'or reste fort, ce qui montre que le calme sur les marchés est tout relatif et que les investisseurs restent prudents et attentifs et qu'ils craignent l'inflation. Ils comprennent en effet que tous ces plans de sauvetage auront un cout et suspectent les gouvernements le fassent payer grâce a l'inflation, qui devrait logiquement finir par arriver suite aux quantités phénoménales d'argent qui ont été imprimées par les gouvernements.

 


 
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