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Mars 2010 - Semaine 1

Perspectives pour l'once d'or en 2010

 

Fin 2009, Jim Rogers, l'un des anciens partenaires de George Soros, prédisait que l'once d'or pourrait monter jusqu'a 2000 dollars d'ici a 10 ans. A l'époque, en pleine période de baisse du billet vert, l'once d'or battait records sur records. Depuis le début de l'année, le cours de l'or jaune s'est toutefois assagi, notamment en raison de la remontée du dollar. L'or s'est replié de 1220 dollars, son plus haut historique, a 1110 dollars environ. Une baisse importante mais qui n'est considérée que comme un épiphénomene par les analystes. Depuis avril 2009, l'once d'or connait une pente ascendante, ce léger repli de début d'année n'est qu'un remous sans conséquence sur l'or a terme.

En l'espace de dix ans, l'or a connu une progression sans précédent : passant de 279 dollars en l'an 2000 a plus de 1200 dollars fin 2009. Les investisseurs qui ont parié sur l'or jaune sur cette période ont réalisé de toute évidence de belles plus-values.

Toutefois, il n'est pas trop tard pour se lancer sur l'or, sachant que la majorité des plateformes des courtiers en ligne spécialisés dans le trading sur devises offrent des plateformes qui permettent aussi de trader sur l'or ou encore le pétrole.

D'apres les analystes, l'or devrait poursuivre sa hausse au moins cette année. Il faut donc profiter du creux actuel pour acheter et ainsi profiter du rebond de l'once. Le marché de l'or est dans un contexte particulier puisque l'offre est en nette chute, l'acces aux réserves d'or étant de plus en plus difficile, alors que la demande ne cesse d'augmenter. Les banques centrales des pays émergents sont les principaux demandeurs sur le marché, l'Inde, la Chine et la Russie en tete. Ces pays, qui s'inquietent des remous du billet vert, cherchent a diversifier leurs réserves en ayant notamment recours a l'or, cette < relique barbare > selon l'expression de Keynes, < relique > qui semble avoir trouvé un nouvel élan depuis les années 30, période a laquelle Keynes écrivait.

Ainsi, l'an dernier l'Inde a acheté 200 tonnes d'or, la Chine 440 et la Russie 50 tonnes. Le FMI, qui puise dans ses réserves afin de pouvoir donner des liquidités aux pays demandant son aide, est le principal fournisseur d'or depuis quelques mois sur le marché. L'organisation internationale projette de liquider de nouveaux stocks dans les mois qui viennent ce qui devrait alimenter l'appétit des banques centrales.

La hausse de l'once d'or n'est pas passée inaperçue. Alors que les hedge funds avaient délaissé pendant de nombreuses années ce marché peu porteur, ils se ruent de nouveau sur l'or. L'arrivée des hedge funds est toutefois mal perçue puisqu'ils sont généralement facteurs de bulles spéculatives, qu'ils entretiennent en prenant des positions courtes, déstabilisant ainsi le marché.

L'or apparait par conséquent comme un investissement judicieux et certainement moins risqué que les actions en ce moment. Pour un investisseur qui cherchent a s'assurer un retour sur investissement sans prendre trop de risques, miser sur la hausse de l'or apparait comme une bonne option.

 

La livre sterling tire sa révérence

 

Mauvaise séance pour la livre sterling et l'euro. Les deux devises ont considérablement décroché face au billet vert lors de la séance d'aujourd'hui. L'euro n'a pas réussi a capitaliser sur les rumeurs parvenant de Berlin tandis que la livre sterling a connu l'une de ses pires séances depuis le début de l'année, enfonçant le plancher de 1,50 dollar pour la premiere fois depuis dix mois.

Les inquiétudes autour de la dette de la Grece demeurent en dépit des tentatives de l'UE pour rassurer les investisseurs. La Grece se trouve dans une situation inquiétante, faisant face a une impossibilité de se financer en l'état actuel des choses tandis que l'agitation sociale connait un paroxysme. Ce week-end, la ministre des Finances, Christine Lagarde, a tenté de rassurer en affirmant dans la presse qu'elle croit fermement que la Grece va sortir par le haut de cette crise, soulignant au passage que Paris est pret a aider le gouvernement d'Athenes. C'est surtout a Berlin que semble se jouer l'avenir financier de la Grece. Plusieurs rumeurs font état de pressions de la part du gouvernement d'Angela Merkel sur les banques allemandes afin qu'elles achetent de la dette grecque, avec garantie de Berlin. Les européens réclament toutefois de nouvelles mesures a la Grece. Ainsi, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a demander des mesures supplémentaires afin de faire baisser le déficit. L'euro fait l'objet a l'heure actuelle d'une crise de confiance sur les marchés qui devrait durer longtemps. Il est probable que l'euro remonte légerement dans les prochaines semaines, profitant d'une aide de la part de l'UE a Athenes qui lui permettrait d'éviter la faillite. Toutefois, ce pansement ne devrait pas permettre aux investisseurs de revenir vers la monnaie unique européenne, sachant que derriere la Grece se cache le spectre de la péninsule ibérique voire de l'Italie. La presse s'étale d'ailleurs depuis des semaines sur les situations budgétaires de ces pays tandis que les agences de notation financiere accentuent la pression.

La crise de confiance a aussi atteint la livre sterling qui a connu une séance horrible aujourd'hui, mettant un frein a la remontée de la devise de Sa Majesté depuis le début de l'année 2010. Un mauvais sondage pour les conservateurs a fait chuter la livre sterling face a l'euro et au dollar. En milieu de journée, la livre sterling a ainsi perdu plus de 2% face au billet vert, rappelant les mauvaises heures du raid de George Soros sur la monnaie britannique en 1992. L'incertitude entourant le résultat des élections et surtout la politique monétaire qui va etre suivie dans les mois qui viennent a indéniablement influencé la chute de la livre sterling. Toutefois, nombreux sont les analystes qui font valoir que cette chute était prévisible. Les finances publiques du pays sont dans un état désastreux et le Royaume-Uni risque de perdre son triple A cette année si le gouvernement ne parvient pas a redresser la barre. Plusieurs rumeurs circulent sur le marché des changes. L'une d'elle laisse entendre que Jim Rogers, l'un des anciens partenaires de Soros, aurait prédit depuis plusieurs mois cette dégringolade de la livre sterling. Le meme homme avait prédit cet automne que l'once d'or pourrait atteindre 2000 dollars d'ici a dix ans. L'intéressé a démenti les propos qui lui sont attribués, notamment ceux comparant la livre sterling au dollar zimbabwéen, comparaison qui n'a certainement pas du plaire a Alistair Darling et a Mervyn King. Une chose est sure, comme dans le cas de l'euro, les fonds spéculatifs sont derriere la baisse de la livre sterling. Ils n'en sont pas a l'origine mais les positions qu'ils ont ouvertes accentuent indéniablement le phénomene. D'apres le Financial Times, pres de 6,1 milliards de dollars ont été placés a court terme sur la devise de Sa Majesté durant la seule semaine du 23 février. Cet argent fut principalement placé via le Chicago Mercantile Exchange qui est souvent utilisé comme relais par les hedge funds.

 

Calme sur les marchés

 

- Les actions américaines ont terminé en légere hausse, suite a la baisse des craintes concernant la Grece.

- Les rendements obligataires sont largement sans changement, sauf que les obligations grecques sont en hausse.

- L'or et le pétrole sont en légere hausse.

- La paire EUR/USD est aussi en légere hausse.

Pour le troisieme jour consécutif, les marchés actions américains ont fini en hausse dans une session sans événement marquant.

Les nouvelles qui l'ont dominé ont été de meilleurs résultats d'entreprises, des opérations de fusion et d'acquisition et la résolution possible des problemes budgétaires grecs.

Ceci étant, les craintes n'ont pas disparu des marchés. Les chiffres du chômage, qui doivent etre publiés vendredi, causent des soucis aux investisseurs et les encouragent a la prudence, qui devrait donc rester de mise jusqu'a la fin de la semaine.

Les ventes de véhicules aux Etats-Unis pour le mois de février, ont montré de modestes baisses en comparaison de celles de janvier, et ont été en-dessous des attentes des analystes.

En Asie également, les indices boursiers ont été positifs et optimistes.

La tendance positive s'est néanmoins retournée ce matin avec des indices européens en légere baisse, ce qui ressemble plus a une légere consolidation apres les hausses de ces derniers jours.

Les obligations souveraines grecques ont vu leur cours monter et le spread avec les obligations allemandes, qui sont la référence de la zone euro, s'est encore rétréci de 0.2%, en plus des 0.35% de lundi, ce qui renverse presque totalement la tendance de la semaine derniere.

Aujourd'hui, la Grece devrait annoncer de nouvelles mesures d'austérité. Les marchés vont attendre pour savoir desquelles il s'agit exactement, et, surtout, si elles sont crédibles. 

Sur le marché des devises, la pire devise depuis le début de l'année, la Livre Sterling, s'est légerement renforcée face a l'USD et est restée sans changements face a l'Euro, suite  des chiffres montrant que la confiance des consommateurs anglais est a son plus haut niveau depuis deux ans.

A court terme, les incertitudes politiques pesent tres fortement sur la Livre, en particulier la peur d'un Parlement sans majorité claire, ce qui pourrait entraîner une instabilité chronique sur la scene politique anglaise pour les prochaines années.

De plus, la crainte de voir la BoE poursuivre son programme d'assouplissement monétaire, soit d'impression d'argent, en réalité, continue a jouer son rôle négatif sur le GBP.  Meme si a long terme, il semble qu'il existe désormais de la valeur claire sur le GBP, le trade est trop risqué pour s'en approcher a court terme, et il est donc conseillé de prendre ses distances. 

L'Euro s'est aussi renforcé face a l'USD et face au Yen alors que le Sek et le NOK se sont affaiblis face a la monnaie unique.

En Australie, les derniers chiffres montrent que l'économie a poursuivi sa croissance au quatrieme trimestre au rythme de 0.9%, comme l'attendaient les analystes, apres une avance de 0.3% au troisieme trimestre. Le taux de croissance annuel pour 2009 s'est conclu a 2.7%, soit 0.3% de plus que les attentes des analystes. A la suite de ces bonnes nouvelles, l'AUD s'est renforcé face aux principales devises.

 

Athenes offre un répit a l'euro

 

Fin de séance sur le marché des changes : L'euro et la livre sterling ont repris du terrain apres un début de semaine plutôt poussif. La livre sterling a inscrit une hausse simultanée face a l'euro et au dollar tandis que l'euro a repris du souffle, atteignant un plus haut depuis le 17 février dernier a 1,3736, suite aux espoirs suscités par les nouvelles mesures prises par Athenes.

Comme nous vous l'annoncions hier, le gouvernement grec a annoncé aujourd'hui des mesures d'austérité supplémentaires afin de répondre aux exigences de Bruxelles. Au total, une économie de pres de 4,8 milliards d'euros devrait etre réalisée, permettant ainsi au pays d'atteindre ses objectifs en termes de réduction du déficit public cette année. Cette annonce fut immédiatement saluée par Jean Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

Ce week-end, la Grece devrait etre faire encore la Une de la presse économique et financiere puisqu'une rencontre entre le Premier ministre grec et les dirigeants allemand et français est prévue afin de discuter d'un éventuel plan d'aide pouvant impliquer la Caisse des dépôts.

Cette annonce a permis a l'euro de rebondir aujourd'hui, bien que la crise de confiance que subit la monnaie unique européenne perdure. La remontée de l'euro était largement prévisible. Pour autant, les pressions a la baisse sur l'euro demeurent et devraient s'accentuer a l'avenir. Un sauvetage de la Grece ne devrait rien changer.

L'euro a également profité de bons indicateurs économiques provenant des Etats-Unis, ce qui a ravivé l'attrait pour les devises a plus fort rendement. En effet, le secteur privé américain a détruit 20 000 emplois en février, ce qui représente le nombre de licenciements nets le plus faible depuis deux ans.

Enfin, le débat autour d'une remontée des taux de la Fed, bien qu'il semble avoir été clôturé la semaine derniere par Ben Bernanke, perdure au sein du Comité de politique monétaire de la banque centrale américaine. Eric Rosengren, président de la Fed de Boston, a affirmé que les taux actuels sont a un niveau approprié alors que le président de la Fed de Kansas City, Thomas Hoenig, a affirmé hier sur CNBC que la Fed devrait relever ses taux a court terme < plutôt tôt que tard >. Ainsi, le débat perdure entre les membres de la Fed. Cependant, il semble qu'une majorité de membres soit pour l'instant en faveur de taux bas pendant une période prolongée comme l'a souligné le patron de la Fed.

 

La situation en Islande

 

Les électeurs islandais ont refusé hier massivement, a plus de 93%, au cours d'un référendum consultatif le plan de remboursement de la Hollande et du Royaume Uni < Icesave > de 5.3 milliards d'USD. Ce plan était la réponse a l'écroulement le la banque islandaise par Internet du meme nom, avec sa banque parente, Landsbanki.

Rappelons que Icesave avait propose des taux d'intérets tres élevés sur les dépôts a ses clients, dans l'espoir d'élargir sa clientele. En effet, la banque avait réussi a attirer en peu de temps plus de 340'000 clients de ces deux pays. 229'00 de Grande-Bretagne et 114'000 de Hollande.

L'accord prévoyait de rembourser 3.5 milliards d'USD a la Grande-Bretagne, et 1.8 milliards d'USD pour la Hollande, apres que ceux-ci aient accepté de compenser directement leurs propres citoyens a la hauteur de la garantie offerte par le gouvernement islandais, environ 20'900 Euros par personne.

Précisons malgré tout que le Premier Ministre Johanna Sigurdardottir a dit que de toute façon, ce référendum n'était plus actuel, car les conditions de l'accord sont en train d'etre renégociées entre les parties. Il est clair que le vote sans appel des islandais mettra encore plus de pression sur les négociateurs pour atteindre un accord qui sera jugé par la population locale comme étant plus équitable.

Depuis la crise, l'Islande, qui trônait en 2007 en tete du classement mondial du développement humain, a pris un coup terrible. L'inflation est de 7%, le chômage a atteint 9% et le pays n'est pas encore sorti de la récession, qui a atteint 6.5% en 2009. La Krone islandaise a aussi été beaucoup dévaluée.

De plus, si un accord n'est pas trouvé, le Royaume Uni et la Hollande, qui mettent la pression sur l'Islande, risquent d'empecher l'accession de l'île a l'Union européenne. 

Revenons maintenant d'un peu plus pres sur les causes de cette crise. On l'a dit, les banques islandaises ont proposé aux épargnants des taux d'intérets alléchants, ce qui les a attirés. La question qui se pose est évidemment de savoir comment ces banques ont pu proposer de maniere si irresponsable des taux si élevés.

La réponse est évidente: outre le mauvais calcul commercial et financier, les banques islandaises n'ayant pas anticipé la crise ni pris la mesure du risque, il est clair que le responsable ultime de cette crise n'est nul autre que le gouvernement islandais lui-meme. En effet, celui-ci a donné une garantie sur les dépôts bancaires, donc a créé implicitement une incitation a la prise de risque exagérée, et a aussi imposé diverses mesures régulatrices qui ont permis aux banques de se cacher derriere des reglements et les ont incité a prendre des risques.

On le voit, une nouvelle fois, c'est un gouvernement, dans son désir de < protéger > les citoyens, qui cause une crise et ce sont les citoyens qui doivent ramasser derriere les pots cassés.

Mieux vaut éviter ce genre de situation en laissant les gens prendre leurs propres risques librement, en conscience et en toute responsabilité, sans que le gouvernement intervienne dans la bonne marche des affaires.

 


 
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