Les grandes messes internationales, telles que le G20 des Finances qui s'est tenu ce week-end, ne sont jamais l'occasion pour les pays réunis d'afficher ouvertement leurs divergences. Prière de les garder pour les coulisses. Ainsi, les grands argentiers réunis dans le Sussex n'ont pas spécialement abouti à des conclusions très convaincantes. Le seul point d'intérêt concerne le Fonds Monétaire International, dont l'aide a été requise intensément ces derniers mois par des pays tels que la Roumanie, l'Ukraine, le Pakistan ou encore la Hongrie. Selon ses voeux, le FMI devrait en effet bénéficier d'une enveloppe de 500 milliards de dollars afin de venir en aide aux pays en difficulté. Au final, la réunion a été jugée plutôt décevante par les investisseurs.
Heureusement, l'actualité des marchés a été ponctuée par d'autres évènements qui ont, en ce début de semaine, permis de restaurer la confiance parmi les cambistes. En effet, après Citigroup, la banque Barclays a rejoint aujourd'hui le choeur des banques annonçant de solides résultats de début d'année, ce qui a permis aux investisseurs de souffler. Dans ce contexte, la monnaie unique européenne a fortement grimpé face à la devise américaine, atteignant son plus haut depuis un mois.
Après s'être précipités sur les valeurs refuge, nommément le yen et le dollar, les investisseurs pourraient durablement renouer avec le goût pour le risque dans leur quête d'actifs plus rémunérateurs. Il faudra notamment être attentif demain aux déclarations de la Fed, cette dernière pouvant annoncer des mesures de rachats de bons du Trésor, ce qui pourrait permettre à l'euro de poursuivre en hausse face au dollar.
Le rouble face à la crise économique mondiale
Depuis le début de la crise économique, la Banque centrale russe a cherché à éviter une déstabilisation de l'économie russe en procédant à des dévaluations nombreuses, souvent à un rythme de plusieurs fois par semaine, notamment au début du mois de janvier 2009. Ces dévaluations graduelles et successives qui se sont enchaînées avaient pour but d'empêcher un regain d'inflation, sachant qu'à la veille de la crise elle était déjà à un niveau très élevé, aux alentours de 14%.
Cependant, l'impact de cette politique menée par la Banque centrale russe, et abandonnée à demi mot à la mi janvier, a eu, paradoxalement, pour effet d'accentuer la pression à la baisse sur la devise russe sur le marché des changes. De plus, alors que la Russie a, grâce à la forte croissance économique depuis 1999, connu un surplus de sa balance de transactions courantes, lui permettant d'occuper le troisième rang mondial en termes de réserves de devises étrangères, la politique de soutien du rouble a fait fondre les réserves de la banque centrale, sans pour autant obtenir l'effet escompté.
Après la forte dévaluation du rouble en août 1998, afin de faire face à la crise asiatique, la devise russe s'est progressivement renforcée sur le marché des changes à la faveur d'une remontée des prix des matières premières, notamment des hydrocarbures. Cependant, l'inconvénient d'une économie rentière, telle que l'économie russe, est que le taux de change de la devise nationale est étroitement liée à l'évolution du cours des matières premières. Si les prix sont trop élevés, la banque centrale est souvent contrainte d'augmenter ses réserves afin d'atténuer les pressions à la hausse sur la devise. Ce fut notamment le cas cet été quand le baril de pétrole a flirté momentanément avec les 130 dollars.
Cependant, avec la crise économique et la chute du baril de pétrole de 130 à environ 40 dollars en l'espace de quelques mois, l'économie russe a été totalement chamboulée. La Banque centrale a été confrontée à une situation difficile, avec de fortes pressions à la baisse sur le rouble ce qui a nécessité la mise en place d'une gymnastique compliquée.
Pour la Banque centrale russe, qui a décidé de laisser filer le cours du rouble sur le marché des devises, peu d'options se présentent. Du moins, chaque option implique des sacrifices énormes, sacrifices auxquels ne sont certainement pas toujours prêt les dirigeants du Kremlin.
A moyen terme, une dévaluation importante pourrait en effet aider l'économie russe bien qu'à court terme une telle décision aggrave fortement une inflation déjà importante, ce qui aurait des effets dévastateurs socialement. Une telle solution semble apparemment inacceptable à l'heure actuelle d'où un certain attentisme des autorités monétaires russes. Sur le long terme, l'objectif doit être une amélioration de la compétitivité de l'industrie russe et une diversification du tissu industriel afin de réduire la dépendance de l'économie russe et du rouble à l'évolution du cours des matières premières. Sur ce dernier point, il semble qu'il y ait un consensus des autorités russes puisque le président Dmitri Medvedev a appelé de ses voeux, lors d'une réunion le 20 février à Irkoutsk, à « diversifier l'économie, développer les infrastructures et renforcer le système financier ».
La BCE disposée à une nouvelle baisse des taux
Dans un entretien au quotidien économique Handelsblatt, Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne, a confirmé les propos tenus par Jean Claude Trichet début mars au sujet de la possibilité d'une nouvelle baisse des taux de l'institut d'émission monétaire. A l'heure actuelle, les taux de la BCE sont à un niveau historiquement bas, à 1,50%.
Jürgen Stark a laissé entendre que la Banque Centrale Européenne pourrait encore baisser ses taux, sans fixer de date, mais a néanmoins réaffirmé que des taux zéro n'étaient pas d'actualité, soulignant notamment qu'avec un taux d'intérêt trop bas, il sera difficile de réussir à réactiver le marché interbancaire.
Au moment même où de tels propos ont été rendus public, une bonne nouvelle est tombée pour la zone euro puisque l'indice ZEW, qui mesure les attentes des milieux financiers allemands, s'est affiché en hausse au mois de février ce qui a renforcé de nouveau la monnaie unique européenne face au dollar sur le marché des changes.
Par ailleurs, la Banque du Japon doit entamer à partir d'aujourd'hui une réunion de deux jours qui ne devrait pas aboutir à une nouvelle baisse des taux, sachant qu'elle ne dispose presque plus de marge de manoeuvre en la matière. En revanche, elle a annoncé qu'elle allait prochainement octroyer des prêts aux banques, pour un montant de 1000 milliards de yens afin de les aider à renforcer leur capital. Cette annonce pourrait avoir pour effet de pousser le yen à la hausse sur le marché des changes.
Enfin, les minutes de la dernières réunion de la Banque de réserve australienne ont été révélées aujourd'hui. D'après ce document, les membres de la banque centrale ont décidé, contrairement aux attentes du marché qui tablait sur une baisse de 25 points de base, de laisser les taux inchangés lors de la réunion du 2 mars afin maintenir plus de flexibilité pour le futur.
Le chômage fait plonger la livre sterling
La publication aujourd'hui des chiffres du chômage outre manche, qui ont franchi la barre des deux millions de chômeurs, soit un niveau plus atteint depuis l'arrivée de Tony Blair au pouvoir, confirme la dégradation importante de l'économie britannique. Cette annonce a évidemment fait chuter la livre sterling sur le marché des changes face aux autres monnaies.
A l'inverse de la livre sterling, qui est toujours assez faible sur le marché des changes depuis plusieurs mois, la monnaie unique européenne semble se reprendre depuis lundi, notamment face au dollar. En effet, aujourd'hui, l'euro a profité de la publication des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, qui se sont affichés plus en hausse que prévu et qui ont accentuer les pertes de la devise américaine. Les cambistes attendent notamment avec impatience le communiqué de la Réserve Fédérale américaine à l'issue de la réunion du comité de politique monétaire, à 19h15, heure de Paris. La Fed pourrait en effet annoncer de nouvelles mesures non conventionnelles afin de lutter contre la crise économique et financière.
Enfin, la monnaie unique européenne a profité également des propos tenus par Jean Claude Trichet aujourd'hui. En effet, bien que reconnaissant que l'année 2009 devrait s'avérer très difficile sur le plan économique, rejoignant ainsi les propos tenus récemment par son homologue américain, Jean Claude Trichet n'a pas perdu espoir, pronostiquant que l'année 2010 pourrait voir une reprise économique timide, à condition que la confiance soit rapidement restaurée. Il a par ailleurs laissé la porte ouverte à une nouvelle baisse des taux, rejetant au passage les critiques formulées par l'économiste américain Paul Krugman au sujet de l'action de la Banque Centrale Européenne et des plans de relance adoptés dans la zone euro.
La Réserve Fédérale recourt à la planche à billet
Hier, la Réserve Fédérale américaine a annoncé son intention d'acheter à hauteur de 300 milliards de dollars des bons du Trésor à long terme sur les six prochains mois et d'augmenter significativement ses achats de titres adossés à des crédits immobiliers pour une valeur de 750 milliards de dollars dans le but de relancer l'économie américaine. Cette annonce surprise a plutôt effrayé les investisseurs du marché des changes qui craignent que le recours à la planche à billet ne rende les avoirs américains beaucoup moins attractifs et donc affaiblisse à terme le taux de change du dollar. A la suite de cette annonce, le billet vert a fortement décroché sur le marché des changes, accusant une perte de 3% face à la monnaie unique européenne et de 2% face au yen.
Cette décision laisse plusieurs questions en suspens. D'abord, les analystes du marché des changes s'attendent à ce que le goût pour le risque des investisseurs s'amplifie sous l'effet de la décision de la Fed, pouvant permettre à l'euro de tirer son épingle du jeu.
Dans le même temps, en cas de déstabilisation du dollar sur le marché des changes, il est probable que les investisseurs cherchent des placements plus sûrs et ne se reportent sur l'or, qui pourrait alors connaître une forte hausse de son cours sur le marché.
Ainsi, sur le court terme, les analystes du marché des changes parient fortement sur un affaiblissement du dollar qui pourrait être inversé si la Banque Centrale Européenne décide de prendre des mesures similaires pour la zone euro.
Toutefois, sur le long terme, un consensus existe parmi les cambistes. En effet, si les mesures prises par la Fed permettent un rétablissement de l'économie américaine, le dollar devrait automatiquement en profiter sur le marché des changes. Cette croyance est largement répandue puisque Wall Street a réagi hier très positivement aux annonces de la Fed, contrairement au marché des devises.
Maintien de l'euro face au dollar après son envol
Suite l'annonce de la Réserve Fédérale américaine, faisant état d'un renforcement de sa politique d'assouplissement quantitatif via des rachats de titres, la monnaie unique européenne s'affichait toujours en hausse face au dollar aujourd'hui en début d'échanges européens.
L'annonce effectuée mercredi par la banque centrale américaine a renforcé l'opinion de ceux qui croient que la politique monétaire actuellement menée de l'autre côté de l'atlantique va conduire à des pressions inflationnistes, faisant ainsi chuter le taux de change du dollar à des niveaux qui n'ont pas été franchis depuis le début de l'année.
Toutefois, les analystes du marché des changes affichent leur optimisme. Selon eux, les Etats-Unis ne devraient pas être confrontés à un regain de l'inflation, d'autant plus que la Banque Centrale Européenne pourrait prendre à son tour des mesures d'assouplissement quantitatif. Ainsi, si l'euro devrait profiter de ce regain d'inquiétudes, pouvant montant jusqu'à 1,40, la monnaie unique européenne devrait cependant rapidement retomber dans les prochaines semaines aux alentours de 1,30 dollar sur le marché des changes.
Pour l'instant, les analystes du marché des devises se préoccupent nettement plus d'une éventuelle déflation que de l'inflation, craintes qui ont été confirmées par la publication des chiffres des prix à la production en Allemagne pour le mois de février.
Enfin, les gains de la monnaie unique européenne ont été limités aujourd'hui à cause de la publication des chiffres de la production industrielle dans la zone euro, chiffres qui ont accusé une baisse de 3,5% en janvier.
Reprise de l'euro grâce aux mesures de la Fed
Les acteurs du marché des changes ont assisté cette semaine à une reprise presque inattendue de la monnaie unique européenne sur le marché des changes.
Alors que le début de semaine fut plutôt terne sur le marché, les investisseurs ayant été largement déçus par les décisions prises lors du G20 des Finances, les déclarations de la Réserve Fédérale américaine ont animé à partir de mercredi le marché des devises.
En effet, la Fed a décidé d'élargir sa politique d'assouplissement monétaire en prenant deux mesures importantes. D'une part, la Réserve Fédérale envisage de racheter pour 300 milliards de dollars de bons du Trésor américain à long terme sur les prochains mois afin de relancer l'économie américaine. D'autre part, la Fed projette également d'augmenter de manière significative ses achats de titres adossés à des crédits immobiliers pour une valeur de 750 milliards de dollars.
Un tel recours à la planche à billet a cependant inquiété les investisseurs du marché des changes qui, par un mouvement de défiance généralisé, ont vendu massivement des dollars afin d'acheter d'autres devises. La monnaie unique européenne, en dépit de mauvaises statistiques concernant notamment la production industrielle dans la zone euro, fut l'une des principales monnaies à profiter de cette défiance. Ainsi, en l'espace d'une séance, le dollar a dégringolé face à toutes les devises majeures du marché des changes, de 2% face au yen, de 3% face à l'euro tandis que le dollar canadien gagnait mercredi 3,5%.
Les investisseurs du marché des changes s'inquiètent notamment des répercussions à terme d'une politique jugée inflationniste par certains milieux économiques. En effet, cette politique menée par la Fed pourrait à terme réduire l'attractivité des actifs américains et faire chuter fortement le dollar sur le marché des devises. D'après certaines prévisions, l'euro pourrait ainsi atteindre dans les prochaines semaines 1,40 dollar sur le marché des changes, après avoir connu un plus haut en milieu de semaine face à la devise américaine depuis janvier.
Toutefois, les cambistes restent très prudents, soulignant notamment que si la politique menée par la Fed est couronnée de succès, le dollar devrait automatiquement rapidement se reprendre. De plus, certains soulignent que la Banque Centrale Européenne ne devrait pas se tenir encore longtemps à l'écart de telles mesures ce qui pourrait équilibrer la paire euro/dollar.
D'après certaines données, l'euro devrait à terme retomber aux alentours de 1,30 dollar sur le marché des changes. Entre temps, il semblerait que l'attrait pour le risque et donc pour les autres devises ait été amplifié par les annonces de la Réserve Fédérale.
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