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Novembre 2009 - Semaine 3

Abandon définitif du dollar zimbabwéen

 

L'épisode semble finalement etre arrivé a son terme. En effet, depuis le mois de juin dernier, des rumeurs persistantes alimentées par les déclarations du président Mugabe laissent entendre que le dollar zimbabwéen pourrait etre prochainement réintroduit dans le pays.
Du fait de l'hyperinflation, la devise zimbabwéenne a perdu toute sa valeur et surtout la confiance de la population. Depuis, le dollar américain mais surtout le rand sud-africain, ainsi que le troc, ont remplacé le dollar zimbabwéen. Les autorités politiques et économiques ont été souvent décriées pour leur gestion pitoyable de la crise économique, a tel point que les IgNobels ont remis cette année un prix a la banque centrale du Zimbabwe. Sur le modele du prix Nobel, les IgNobels récompensent les prestations les plus médiocres de l'année. Dans la catégorie Economie, la banque centrale du Zimbabwe s'est distinguée pour avoir réussi a mettre en circulation des billets pouvant aller jusqu'a 100 000 milliards de dollars zimbabwéens. Presque irréaliste.
Dirigé depuis février par un gouvernement d'union nationale qui reste instable, le Zimbabwe sort progressivement de l'impasse, grâce au soutien des pays étrangers, notamment de l'Afrique du Sud qui doit signer un accord sur les investissements avec le Zimbabwe a la fin du mois.

Face aux véilités du président Mugabe, plusieurs membres du gouvernement ont menacé de démissionner, ce qui ouvrirait une crise pouvant potentiellement destabiliser davantage le pays. Cependant, le président semble avoir jeté l'éponge puisque le ministre de l'Economie et du Plan, Elton Mangoma a affirmé de nouveau qu'il n'y aurait pas de retour de la devise zimbabwéenne. Au cours d'une conférence de presse, il a affirmé que < le dollar zimbabwéen va amener ses propres problemes et nous ne voulons pas de ces problemes >, en cas de réintroduction de la devise. < Nous entendons maintenir notre systeme de corbeille de monnaies >.

 

Chute du dollar néo-zélandais face au billet vert

 

A l'instar des autres devises liées aux matieres premieres, le dollar néo-zélandais connait une tendance haussiere sur le marché des changes. Apres des plus hauts face au dollar américain lors des dernieres semaines, la monnaie de Nouvelle-Zélande a affiché aujourd'hui un net recul, cumulatif de plusieurs facteurs.

Le dollar néo-zélandais a connu une chute dans les échanges asiatiques apres les propos tenus par le leader du Parti Travailliste, Phil Goff (ci-contre), qui a proclamé la fin d'un consensus de plus de 20 ans sur la politique monétaire a suivre dans le pays. En effet, jusqu'a présent, la banque centrale a surtout pour mission de surveiller l'inflation, a l'instar de la Banque Centrale Européenne. Cependant, M. Goff a soutenu que la bataille contre l'inflation n'est plus la premiere priorité, la production de richesse et la croissance étant vitales. Bien que de tels propos puissent paraître amplement justifiés, les économistes ne s'attendent pas dans leur majorité a ce qu'une telle politique soit mise en oeuvre dans les prochains mois, la banque centrale devant certainement rester attachée surtout au contrôle de l'inflation.

Les analystes n'ont toutefois pas imputé au seul leader du Parti Travailliste la baisse du dollar néo-zélandais, tous affirmant que le contexte général n'était pas propice aujourd'hui a une hausse. Hier, Wall Street a clôturé légerement en baisse ce qui influe sur le cours des monnaies. De plus, les investisseurs étrangers ont aussi remarqué que le département du Trésor de Nouvelle-Zélande a remis un rapport au gouvernement sur les options a sa disposition pour faire baisser le cours du kiwi. Enfin, le dernier facteur expliquant la baisse de la devise néo-zélandaise face au dollar est le nouvel appel d'offres obligataires lancé par le gouvernement qui a baissé le rendement du marché des swaps.

 

Le repentir de Goldman Sachs

 

Dans la religion catholique, le repentir a lieu généralement au début de la messe ou avant le sacrement de pénitence et de réconciliation. Il s'agit en fait de saisir le sens des Ecritures. Le repentir est aussi, dans la vie courante, un bon moyen de laver ses fautes sans réellement devoir les assumer. C'est a cet exercice presque jouissif, tant il est aisé, que s'est livrée récemment la banque américaine Goldman Sachs.
En effet, le patron de Goldman Sachs, Lloyds Blankfein, a présenté ses excuses lors d'une conférence, affirmant : < Nous avons certainement participé a des choses qui n'étaient pas correctes et nous le regrettions. On demande pardon >.

Goldman Sachs est sous le feu des critiques depuis plusieurs semaines. Aidée par le gouvernement américain en pleine crise financiere, la banque a récemment provisionné plus de 16,7 milliards de dollars pour ses traders et ses cadres. En moyenne, les salariés de Goldman Sachs devraient toucher une prime de 500 000 dollars cette année alors que la crise économique jette des milliers de personnes au chômage chaque semaine aux Etats-Unis. Le comportement de Goldman Sachs a choqué l'opinion publique américaine et aussi les responsables a Washington qui se révelent toutefois impuissants face au roi de Wall Street. La banque ne reçoit d'ordre de personne et son dirigeant, Lloyds Blankfein, tient a le faire comprendre. Il est l'un des principaux opposants a un encadrement des bonus.

Dans une interview qui a fait scandale au quotidien britannique Sunday Times, il a soutenu que les banques ont un < rôle social > - ce qui est indéniable en tant qu'agent économique - et que la sienne travaille < au service de Dieu >. De tels propos ont été unanimement condamnés par l'opinion publique. Une telle dose d'arrogance a en effet jeté le discrédit sur la banque.

Afin d'éteindre cette nouvelle polémique, L. Blankfein a décidé de faire son repentir publiquement, selon un scénario auquel sont habitués les américains. Apres les politiques qui confessent publiquement leur adultere et demandent pardon au peuple et a leur femme, c'est au tour des banques d'implorer le pardon des citoyens. Afin de mieux faire passer la pilule, Goldman Sachs a aussi eu l'idée de mettre en place un plan de 500 millions de dollars sur cinq ans en collaboration avec Warren Buffett afin d'aider les PME américaines.

Au final, Goldman Sachs se rachete une réputation a bon compte puisque les 500 millions mis a disposition par la banque ne réprésentent que cinq petits jours de trading. N'oublions pas non plus le fameux < pardon >, devenu un élément récurrent de la scene publique américaine.

 

L'hésitation des bourses pese sur l'euro

 

La monnaie unique européenne continuait de régresser face au billet vert en début d'échanges européens en raison de la multiplication d'indicateurs plutôt mitigés. En effet, depuis plusieurs jours, de nombreux indicateurs laissent douter de la vigueur de la reprise économique. A titre d'exemple, meme si l'indice composite des indicateurs économiques américains a progressé de 0,3% en octobre, cette hausse est toutefois moins importante que prévu.

Le doute s'est ainsi emparé des marchés, les principales bourses mondiales affichant un recul net depuis deux séances. Ce recul des indices boursiers pesent évidemment sur l'évolution des principales monnaies, notamment l'euro.

Les investisseurs privilégient le profil bas pour l'instant et se ruent sur les valeurs refuge, ce qui explique la remontée du billet vert. Le carry trade, qui pénalise depuis plusieurs mois le taux de change du dollar, a regressé nettement depuis quelques séances.

Depuis lundi, les investisseurs s'inquietent de l'évolution de la conjoncture outre-Atlantique. Les taux pourraient rester, d'apres la Fed, proches de zéro jusqu'en 2012, ce qui laisse supposer que, bien que sortis de la récession, les Etats-Unis devraient connaître une reprise lente et fragile. De retour d'un voyage en Asie, le président Barack Obama fut meme encore plus prudent, affirmant a la chaîne d'informations Fox News qu'un risque de récession n'est pas exclu si les investisseurs perdent confiance dans l'économie américaine.

A l'heure ou l'Union Européenne s'est enfin dotée d'un visage, certes inconnu de la scene internationale jusqu'a présent, les Etats-Unis demeurent le chef d'orchestre de l'économie mondiale. Grippée, l'économie américaine continue de peser sur la vitalité de l'économie mondiale.

 


 
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