En Asie, la monnaie unique européenne est repartie ce matin a la hausse, se rapprochant de plus en plus du seuil psychologique de 1,50 dollar, seuil qui pourrait etre dépassé dans les prochains jours. Le marché des changes attend aujourd'hui peu d'indicateurs macroéconomiques par conséquent il devrait poursuivre sur la tendance d'hier. La réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe qui se sont dits préoccupés par la faiblesse du dollar n'a pas changé la donne. Le marché semble désormais peu réceptif aux effets d'annonce et attend des actions décisives qui ne pourraient intervenir que dans plusieurs mois.
La principale information économique de la journée fut la publication des minutes de la réunion du 6 octobre de la Banque de réserve australienne. A l'occasion de cette réunion, les membres du comité de politique monétaire avaient décidé de relever le taux directeur en le faisant passer de 3% a 3,25%. L'Australie fut ainsi le premier pays du G20 a renouer avec une hausse des taux, ce qui fut interprété comme un signal tres positif par les marchés. Plusieurs autres pays, dont la Norvege, devraient lui emboîter le pas.
Le compte-rendu de cette réunion du 6 octobre a mis en lumiere les préoccupations des membres de la banque centrale vis a vis de l'inflation. En effet, ils ont décidé de relever les taux car ils craignaient, a juste titre, qu'une politique monétaire expansionniste sur la longue durée ne soit facteur de tensions inflationnistes.
De tels propos ont renforcé sur le marché la probabilité d'une hausse des taux plus importante le mois prochain. Certains analystes estiment d'ailleurs que le relevement pourrait etre de 50 points. Cette hypothese a en tout cas renforcé la devise australienne face au dollar américain, lui faisant dépasser le seuil des 93 cents américains, soit un plus haut depuis pres de quatorze mois. Les swaps de taux a un an ont également profité de ces spéculations, bondissant a 4,80%.
Le dollar australien est l'une des devises du marché des changes qui profite le plus du rebond de l'économie en raison de la hausse du cours des matieres premieres et du différentiel de taux entre l'Australie et les Etats-Unis.
La Banque centrale du Canada garde ses taux inchangés
Le NZD s'est de nouveau retrouvé au-dessus de la borne des 0.7500 contre l'USD suite a un commentaire du Gouverneur de la RBNZ, Allan Bollard, selon lequel la force du NZY n'était pas une raison pour ne pas relever les taux d'intérets. En réaction, l'indice des actions néo-zélandaises était en baisse d'environ 1% hier soir, dans la mesure ou il semble que ce commentaire est une promotion pour un changement de direction de la Banque centrale (RBNZ) lors de sa prochaine réunion, le 28 octobre.
Bollard avait précédemment été cité le 10 septembre dernier en disant qu'il ne pensait que le taux allait etre relevé avant "la derniere partie de 2010", mais depuis, de bonnes ventes de détail et une surprenante poussée trimestrielle inflationniste ont poussé de nombreux commentateurs a estimer qu'un changement était possible, voire probable.
En Asie, on note également les résultats décevants de China Mobile et China Telecom, mais dans l'ensemble, les marchés actions asiatiques n'ont terminé qu'en légere baisse.
Les principaux événements de hier ont été le PPI aux Etats-Unis et les chiffres de l'immobilier, ainsi que la réunion de la BoC (Banque centrale canadienne). Les chiffres US ayant été moins bons que prévus (le PPI a -0.6% au lieu 0.0% attendu, les débuts de construction a 590'000 au lieu de 610'00 et les permis de construire a 573'000 au lieu de 595'000), l'appétit du risque a reculé quelque peu, ce qui a permis au Dollar de rebondir.
Le mouvement s'est amplifié suite a l'annonce de la BoC, selon laquelle le taux d'intéret ne serait pas relevé jusqu'a la fin 2010 et resterait donc a 0.25%. Suite a l'annonce, la paire USD/CAD s'est envolée jusqu'au niveau de 1.0440 et se prépare a tester la résistance de 1.0520. Cette annonce a poussé cers le bas la plupart des devises face au USD.
Sur le front de l'EUR/USD, on a connu un échec dans la tentative de briser le seuil psychologique de 1.50 et la parité a échappé de peu a la paire USD/CHF.
L'or est retombé sous le niveau de 1060 USD, mais a réussi a trouver un support au niveau de 1052.50 USD l'once. Le niveau critique de 1050 USD tient donc toujours bon.
Aujourd'hui, l'intéret va se porter sur les protocoles de la derniere réunion de la BoE (Banque d'Angleterre), avec, comme d'habitude, l'intéret qui se porte sur les résultats du vote pour la suite du QE. La direction que va prendre le GBP dépendra évidemment de l'opinion de la BoE sur la nécessité ou non de la poursuite des stimuli fiscaux et monétaires. Si nous voyons un vote de 9-0 contre l'expansion du QE, il est tout a fait plausible de voir une sortie massive des positions short sur le GBP, alors qu'un vote plus nuancé, indiquant que la BoE contemple de nouveaux QE en novembre pourrait bien envoyer la paire GBP/USD de nouveau au niveau de 1.6000.
Le rouble surfe sur la hausse du baril de pétrole
Fin septembre, le ministre des Finances russe, Alexei Koudrine (ci-contre) avait annoncé que la Russie était sortie de la récession sans toutefois donner de chiffres. Ces chiffres furent dévoilés aujourd'hui par un haut responsable russe qui anticipe une croissance du PIB de 3 a 4% au quatrieme trimestre par rapport au troisieme et une hausse de 2% pour l'année 2010.
Apres avoir essuyé de plein fouet les effets de la crise économique, la Russie parvient enfin a renouer avec la croissance grâce au rebond du cours des matieres premieres. En effet, les hydrocabures représentent pres de 60% des recettes d'exportation, faisant de la Russie un pays tres dépendant des cours mondiaux.
Sachant que les analystes s'attendent a une hausse du cours du baril de pétrole sur le moyen terme, le rouble devrait continuer de s'apprécier face aux principales monnaies, notamment l'euro et le dollar. Le rouble fut porté ces derniers jours par l'or noir. Hier, en matinée, le baril a dépassé les 80 dollars a New York, avant d'ouvrir en baisse aujourd'hui. Cette hausse s'est répercutée sur le taux de change du rouble, le dollar s'échangeant a 29,1 roubles ce matin.
Le renforcement du rouble devrait se poursuivre l'année prochaine, devant atteindre une vitesse de croisiere de 26 roubles le dollar, voire de 24 roubles si les cours du pétrole évoluent au-dessus de 80 dollars le baril. Toutefois, une telle appréciation du rouble devrait etre dangereuse pour le rétablissement de l'économie russe. Par conséquent, une action de la banque centrale l'année prochaine sur le marché des changes n'est pas a exclure.
L'euro a continue de son côté son raffermissement sur le marché des changes, dépassant le seuil de 1,50 dollar, avant la publication du libre beige de la Réserve Fédérale. Cette hausse de l'euro était largement attendue par les analystes mais ces derniers jours, l'euro avait failli franchir a plusieurs reprises ce seuil psychologique sans jamais parvenir a le dépasser en raison de prises de bénéfices. Maintenant, un nouveau seuil se présente pour la monnaie unique européenne, le seuil de 1,60 dollar. Ce seuil pourrait etre franchi au début de l'année prochaine en raison du laxisme flagrant des autorités américaines.
La livre sterling a également connu une bouffée d'air frais aujourd'hui, atteignant un plus haut niveau depuis un mois face a l'euro. La publication des minutes de la derniere réunion de la Banque d'Angleterre a porté la livre sterling. En effet, l'unanimité des membres du comité de politique monétaire lors du vote sur le maintien des taux d'intéret a 0,5% a mis en confiance les cambistes.
La devise britannique a été l'une des monnaies les plus égratignées par la crise, la City vacillant sous l'effet des subprimes et des faillites bancaires. Depuis, le terme a la mode a Londres est la régulation. Lors du G20, le Royaume-Uni s'est d'ailleurs fait le défenseur d'une nouvelle régulation internationale. Lors d'une conférence devant des hommes d'affaires écossais, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, a donné son idée de la régulation du secteur bancaire en plaidant pour une séparation stricte des activités liées au financement de l'économie réelle (prets aux entreprises et aux particuliers) et des activités spéculatives. Idée attrayante pour certains mais qui semble compliquer a mettre en oeuvre et apparaît rapidement comme une fausse bonne idée.
Vains efforts pour freiner le dollar canadien
En ce jeudi midi, le marché des changes connait un regain d'inquiétudes apres le maintien des taux a 0,25% de la Banque centrale suédoise et la publication du livre Beige de la Fed. Ainsi, apres avoir franchi le seuil symbolique de 1,50 dollar hier, la monnaie unique européenne reculait légerement face au billet vert.
Toutefois, le billet vert reste toujours tres faible sur le marché des changes. Depuis le début de l'année, le real brésilien a gagné pres de 35% face au dollar et l'euro pres de 20% depuis le mois de mars. Les devises a fort rendement et liées a l'évolution du prix des matieres premieres sont les principales gagnantes de l'affaiblissement du dollar américain.
Ainsi, a titre d'exemple, le billet vert est passé de 1,30 dollar canadien début mars a pres de 1,02 dollar canadien ce mois-ci. La reprise économique mondiale, qui a été confirmée aujourd'hui par les chiffres de la croissance chinoise, a renforcé l'appétit pour le risque et contribué au redressement du cours des matieres premieres. Avec un baril de pétrole qui évolue depuis hier aux alentours de 80 dollars, plusieurs devises se raffermissent dont le dollar canadien et le rouble qui atteint aujourd'hui des plus hauts niveaux sur le marché des changes.
Cependant, cet affaiblissement du dollar américain pose de nombreux problemes aux autorités. A l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire mardi, la banque centrale canadienne s'est élevée contre l'appréciation de la monnaie nationale qui met en péril sérieusement la croissance des exportations. Toutefois, puisque la banque centrale n'allie pas le geste a la parole, les investisseurs sont peu incités a croire les propos des reponsables canadiens. En effet, la derniere intervention sur le marché des devises de la banque centrale remonte a 1998 et il semble peu probable qu'elle souhaite de nouveau intervenir a ce stade.
Pour l'instant, le dollar américain semble avoir cessé son ascension vers la parité avec le dollar canadien mais il est probable que de nombreux investisseurs interpretent cette pause comme le bon moment pour acheter des dollars canadiens.
A l'instar du dollar canadien, le yen continue son appréciation sur le marché des changes face a la devise américaine en dépit d'une légere pausse lors de la séance d'aujourd'hui. Cette appréciation inquiete les autorités nippones puisqu'elle greve les exportations. Les chiffres des exportations sont d'ailleurs tombés aujourd'hui et sont révélateurs : en septembre, les exportations ont chuté sur un an de 30,7% a 5 104,7 milliards de yens. Cette baisse des exportations est surtout le résultat de l'appréciation du yen face au dollar. Toutefois, la faiblesse des exportations fut contrebalancée par une baisse des importations en valeur du fait notamment de la baisse du cout des hydrocarbures ce qui a permis au Japon d'avoir un excédent commercial multiplié par pres de six sur un an.
La Réserve Fédérale fait pression sur les banques
A peine les grands établissements financiers de Wall Street ont annoncé leurs bénéfices pour le troisieme trimestre que la Réserve Fédérale part a la charge. Fin septembre, le sommet du G20 de Pittsburgh avait abordé la question des bonus, meme si Washington s'était montré prudent en la matiere. Le libéralisme américain ne tolere guere que la récompense de la réussite individuelle puisse etre encadrée par une réglementation trop stricte.
Selon le blog de Georges Ugeux, affilié au site internet du quotidien < Le Monde >, pour l'année 2009, les bonus des traders de Wall Street sont estimés a 140 000 000 000 dollars.
Face a ce qui est considéré de plus en plus comme des dérives, la banque centrale américaine a appelé hier dans un communiqué les établissements de Wall Street a revoir leur politique de bonus afin de ne pas saper leur < sécurité > et leur < santé > financiere. La Fed a notamment proposé que soit mise en place dans plusieurs semaine une directive en matiere de rémunérations des traders et des cadres des banques. D'ici a ce que cette directive soit mise en place, la banque centrale appelle les banques a prendre leurs responsabilités en revoyant immédiatement < leur dispositif de bonus et de primes de maniere a faire en sorte qu'il n'encourage pas une prise de risque excessif >.
La Fed s'engage ainsi a surveiller de pres le systeme bancaire et a, éventuellement, sévir en cas de besoin. Cette nouvelle position de la banque centrale américaine s'inscrit dans les engagements pris par les Etats-Unis aupres du Conseil pour la stabilité financiere qui a été mis en place lors du sommet du G20.
FOREX est l’abréviation de FOReign EXchange – qui signifie marché des changes ou encore marché des devises. Le FOREX est le marché où les monnaies sont vendues, achetées, sous forme de parités. Sur le marché du Forex, toutes les monnaies sont échangées en temps réel, 24h/24h, 7J/7J. Le Forex est depuis quelques années ouvert aux particuliers, simples investisseurs voulant diversifier leurs placements ou purs spéculateurs. L'acces au marché des changes pour les particuliers est offert grâce aux brokers du forex.
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