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Octobre 2009 - Semaine 4

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L'euro s'assagit face au franc suisse

 

La devise helvétique reprend depuis plusieurs séances l'initiative face a la monnaie unique européenne sans que la banque centrale suisse n'ait eu besoin d'intervenir sur le marché des changes. Alors que de nombreuses banques centrales étudient l'opportunité d'une intervention sur le forex afin de limiter l'appréciation de leur devise face au dollar, la banque nationale suisse semble avoir pour le moment abandonné cette stratégie couteuse.

Inquiétée plus par l'euro que par le dollar en raison de l'intense commerce entre la Suisse et la zone euro, la banque centrale a été rassurée de constater que l'euro redescend enfin vers le seuil de 1,51 franc suisse sur le marché des changes.

Depuis le début de la crise économique, la banque centrale suisse a décidé d'intervenir sur le marché des changes en vendant massivement, souvent sans prévenir le marché, des francs suisses contre des dollars et des euros. Ces interventions ont eu un impact double : d'une part, elles ont contribué a augmenter la masse monétaire et d'autre part, elles ont momentanément affaibli le franc suisse face aux autres monnaies. Cependant, ces interventions n'ont eu un succes que tres mitigé et n'ont pas réellement permis aux exportateurs helvétiques d'affronter sereinement la dépréciation de la monnaie nationale. Ainsi, a titre d'exemple, le groupe Nestlé a beaucoup pâti sur les neufs premiers mois de la faiblesse du franc suisse, son chiffre d'affaires reculant de 2,2% a 79,5 milliards de francs suisses. Certains pays, comme Israël, ont finalement opté, apres avoir tenté des interventions sur le marché des changes sans réel impact a moyen terme, pour des aides directes a l'industrie exportatrice locale. 

Finalement, le redressement de la devise helvétique n'aura été permise que par l'amélioration de la situation économique de la Confédération qui rend moins urgente une intervention de la banque centrale. En effet, l'économie hélvétique se redresse, avec un indice PMI du secteur manufacturier enviable et un risque de déflation qui s'éloigne. Ayant profité de la crise économique en tant que valeur refuge, le franc suisse pourrait de nouveau attiré les investisseurs du fait de la reprise de l'activité économique dans le pays.

Toutefois, le gouvernement devra rassurer les investisseurs qui craignent que les PME suisses ne soient bientôt a court de crédit. Afin d'éviter un tel scénario, toute une batterie de mesures est a l'étude, notamment la mise en place d'une garantie par l'Etat.

 

L'illusion de l'euro fort

 

Apres avoir franchi la semaine derniere le seuil de 1,50 dollar sur le marché des changes, les investisseurs s'attendaient a ce que l'euro batte dans les semaines ou les mois a venir un nouveau record, a 1,60 dollar.

Cependant, cette course de la monnaie unique européenne semble entravée comme l'indique la séance d'aujourd'hui sur le marché des changes. En effet, pour la premiere fois depuis deux semaines, l'euro est passé en dessous de 1,48 dollar en raison d'indicateurs américains mitigés et de doutes sur l'économie de la zone euro.

Cette séance plutôt pessimiste sur le marché des changes, qui fait suite a la dégringolade des bourses hier, devrait inciter les cambistes a réfléchir sur leur stratégie d'investissement. En effet, la plupart des analystes soulignent depuis plusieurs semaines qu'en dépit de craintes liées a l'acces au crédit ou au poids de la dette, l'optimisme est durablement de retour, appuyé par la poursuite des mesures exceptionnelles prises par les banques centrales pour surmonter la crise économique et financiere. C'est sur cet optimisme que comptent les devises a fort taux d'intéret, qui sont aussi souvent liées a l'évolution du cours des matieres premieres, a l'instar du dollar australien.

De son côté, l'euro a profité depuis plusieurs semaines de l'affaiblissement du dollar, atteignant hier, a l'annonce de la diversification des réserves chinoises, un plus haut depuis 14 mois sur le marché des changes. Pour autant, les doutes pesant sur la reprise pourraient infliger a l'euro un camouflet. En effet, les chiffres du crédit inquietent : le crédit au secteur privé a connu une contraction de 0,3% en septembre sur un an. De plus, la masse monétaire M3 qui est un indicateur de l'inflation a connu un net ralentissement le mois dernier, avec une augmentation de seulement 1,8% contre 2,1% attendu par les économistes.

Enfin, les indicateurs économiques publiés aujourd'hui outre-Atlantique ont incité a la prudence, ce qui a profité au dollar en tant que valeur refuge. Meme si la baisse des prix dans l'immobilier semble se ralentir d'apres l'indice S&P/Case-Schiller dans les grandes agglomérations américaines, la baisse contre toute attente de l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board au mois d'octobre a jeté un froid sur la reprise de l'économie américaine. En effet, la demande intérieure est le principal pourvoyeur de croissance aux Etats-Unis et, semble-t-il, le gouvernement n'a pas encore réussi a restaurer la confiance parmi les consommateurs. Heureusement, la chute du dollar offre des opportunités d'exportations a l'étranger que n'ont pas connu depuis longtemps les Etats-Unis.

 

La hausse du real, revers des années Lula

 

Afin de limiter la valorisation du real sous l'effet de la < spéculation >, le ministre de l'économie Guido Mantega a annoncé la semaine derniere la mise en place d'un impôt de 2% sur les entrées de capitaux étrangers. Selon le gouvernement brésilien, cette mesure s'imposait afin de faire face a l'appréciation du real face au billet vert. En effet, en l'espace d'un peu moins d'un an, la devise brésilienne a explosé. En décembre 2008, un dollar valait un peu plus de 2,5 reis. Entre temps, la roue s'est inversée et le real a gagné plus de 36% face au dollar américain. C'est la plus forte augmentation mondiale face au billet vert cette année, le rand sud-africain n'augmentant que de 27% et le peso chilien de 21%. Cette hausse du real ne touche pas que le billet vert puisque la devise a gagné pres de 29% face a l'euro et plus de 49% face au peso argentin depuis janvier dernier.

Ainsi, la hausse du real n'est pas seulement le résultat d'une dépréciation du dollar américain dont tout le monde connait les causes. En fait, l'économie brésilienne est tres attractive pour les investisseurs. Attractive a tel point que certains doutes déja que la taxation décidée le 19 octobre ait réellement un impact sur le taux de change du real. Il suffit de s'arreter aux chiffres pour comprendre que l'idée du gouvernement n'est certainement pas tres efficace et ne devrait pas empecher les investisseurs de tourner les yeux vers le Brésil.

Alors que les pays sortis de la crise s'attendent a une croissance atone pendant un ou deux ans, le Brésil affiche une croissance légerement positive pour 2009 et s'attend a une croissance de 5% en 2010. Le systeme bancaire n'a pas été touché par les errements des américains et reste sur. Le Brésil peut aussi se targuer d'etre l'un des plus gros pays exportateurs de matieres premieres ce qui attire évidemment les fonds souverains du Moyen Orient et d'Asie. Pour ne rien gâcher, dans un monde ou les taux des principales banques centrales sont a 0, les taux au Brésil sont a 8,75% et les principales agences de notation s'accordent pour dire que le Brésil est < sur > en matiere d'investissements.

Ainsi, meme si le Brésil possede des atouts naturels indéniables, ce miracle brésilien entamé depuis plusieurs années a été finalisé par le président Lula qui doit bientôt passer le bâton. Pas sur que le real s'assagisse, sachant en plus que l'organisation de la Coupe du monde de football en 2014 et des J0 en 2016 vont dreiner des capitaux massivement dans le pays.

 


 
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