En ce mardi midi, le franc suisse remontait face a l'euro et progressait un peu légerement face a la devise américaine. Il y a quelques jours, la Banque Nationale Suisse avait affirmé qu'elle continuerait la politique monétaire engagée depuis quelques mois qui vise a éviter un renchérissement du franc suisse face a l'euro. Depuis le mois de mars, la banque centrale est d'ailleurs intervenue a plusieurs reprises sur le marché afin d'éviter une telle dérive. De plus, elle a affirmé vouloir continuer le programme d'assouplissement quantitatif mis en place afin de relancer l'activité économique. La confédération helvétique a été tres durement touchée par la crise économique et a mis en place des mesures exceptionnelles afin de remédier a cette situation.
De son côté, le yen s'affiche toujours au plus haut face au dollar suite a la victoire de l'opposition aux législatives de dimanche. Hier, le yen avait d'ailleurs atteint son plus haut face a la devise américaine depuis pres de sept semaines. En revanche, apres sa chute de lundi, la monnaie unique européenne a repris le dessus sur la devise nippone.
Les marchés attendent désormais de nouveaux signes de reprise. Apres les bons chiffres de la production industrielle dans la région de Chicago et de Milwaukee, les investisseurs du marché des changes s'attendent a la publication de bons indices pour tout le pays. Les experts tablent notamment sur une diminution du nombre d'emplois détruits. Les marchés s'intéressent également aux développements de la situation en Chine alors que les autorités de Pékin ont mis en place une politique de restriction des crédits.
Le dollar australien a la merci de la Chine
Hier, l'optimisme était un temps revenu sur le marché des changes a la faveur de la publication de bons indicateurs économiques qui ont permis de rassurer les investisseurs. La décision de la banque de réserve australienne de maintenir son taux inchangé a 3%, soit un plus bas depuis pres de 50 ans, était largement attendue par les experts. Cependant, les inquiétudes exprimées lors de cette réunion sur le taux d'inflation ont ravivé les spéculations autour d'un relevement des taux des le mois prochain. Une telle hypothese a évidemment profité au dollar australien. Certains investisseurs, considérant qu'a l'inverse d'autres pays occidentaux l'Australie a été plutôt épargnée par la crise, parient sur une hausse soutenue lors des prochains mois de la devise australienne.
Toutefois, c'est sans compter sur l'étroite corrélation entre l'évolution du taux de change du dollar australien et l'activité économique en Chine. En effet, le rebond du dollar australien repose sur la forte demande chinoise en matieres premieres. Cependant, cette demande a toutes les chances de dégringoler lors des prochains mois puisque le gouvernement de Pékin a laissé entendre qu'il souhaite freiner la croissance au deuxieme trimestre. Ainsi, la banque centrale chinoise a annoncé la mise en place d'une politique de restriction des prets tandis que le gouvernement a laissé planer l'éventualité la limitation de la production d'acier et de ciment afin d'éviter que le pays ne se retrouve en surproduction.
Pour l'instant, profitant des bonnes statistiques australiennes, le dollar australien a plutôt limité les pertes. Cependant, au lieu de relever ses taux, la banque centrale pourrait etre conduite, le mois prochain, a maintenir le statut quo monétaire.
L'euro attend les chiffres de l'emploi américain
En fin de séance, la monnaie unique européenne avait perdu tous les gains qu'elle a pu accumuler, retrouvant son niveau de la veille. En dépit de la reprise progressive de l'activité économique, la corrélation entre le taux de change de l'euro et l'évolution des Bourses reste intacte. Les bourses, encore fragilisées par la chute de Shanghai en début de semaine, étaient a la recherche de nouveaux signes de reprise.
Plusieurs indicateurs économiques furent publiés aujourd'hui, certains ayant profité momentanément a la monnaie unique européenne. Ainsi, la hausse de l'indice PMI et la révision des perspectives de croissance de la zone euro par la Banque Centrale Européenne ont permis a la devise européenne de gagner un peu de terrain face au dollar. La banque centrale estime en effet que le PIB pourrait progresser de 0,2% contre une chute estimée auparavant a 0,3%.
Toutefois, l'euro s'affichait assez statique aujourd'hui. Il n'a pas, par exemple, réagit a la publication de l'indice ISM des directeurs d'achat portant sur les services.
En fait, l'atonie du marché des changes, constatée depuis plusieurs séances, s'explique par les difficultés de la reprise. Les indicateurs macroéconomiques continuent de s'améliorer mais le chômage continue de son côté de progresser alors qu'il a un impact psychologique important sur les décisions des investisseurs. Le marché des changes attend désormais avec une certaine appréhension les chiffres de l'emploi américain qui sont attendus demain. Une premiere idée a été fournie mercredi par le cabinet ADP qui a estimé que le secteur privé avait détruit plus d'emplois que prévu au mois d'aout. Une telle estimation n'est évidemment pas pour rassurer les cambistes qui s'attendent demain a la publication de mauvais chiffres pouvant profiter aux valeurs refuge.
Les chiffres du chômage font bondir le dollar
Depuis la séance de lundi, les acteurs du marché des changes attendaient avec fébrilité les chiffres du chômage outre atlantique. Plus la date de vendredi approchait, plus l'anxiété montait d'un cran. C'est un grand soupir de soulagement qui a suivi aujourd'hui l'annonce de ces chiffres. En effet, les destructions d'emplois outre atlantique ont ralenti au dela des attentes le mois dernier, avec 216 000 emplois supprimés contre 463 000 en juin.
La devise américaine a tres bien réagi a l'annonce de ces chiffres, s'envolant sur le marché des changes. Depuis plusieurs semaines, le dollar semble profiter de plus en plus de l'annonce de bonnes nouvelles sur le plan économique aux Etats-Unis. En général, le dollar, considéré comme une valeur refuge, profite presque uniquement de la détérioration de l'environnement économique en période de crise. Cependant, il semble bien que l'idée de la reprise se soit installée dans les esprits, ce qui explique le changement de réaction des investisseurs du marché des changes.
Certes, comme l'a rappelé d'ailleurs Jean Claude Trichet hier, la prudence reste de rigueur et il serait prématuré d'annoncer tambours battants la fin de la crise alors que les bons indicateurs macroéconomiques se succedent depuis quelques semaines. Pour autant, les investisseurs voient déja au dela. L'hypothese d'un relevement des taux, que ce soit aux Etats-Unis ou bien en Australie, confirme ce changement d'attitude des cambistes. Cependant, meme si la reprise est sur les rails, elle devrait etre lente et fragile, ce que les investisseurs du marché des devise ne doivent pas oublier.
L'optimisme des traders est-il exagéré?
Toute la semaine ne fut que rythmée par l'attente fébrile des chiffres du chômage américain. Les investisseurs du marché des changes ont pu poussé un souffle de soulagement vendredi a l'annonce d'une baisse des destructions d'emplois outre atlantique au mois d'aout. En effet, de juin a aout, les destructions d'emplois ont dégringolé, passant de 463 000 a 216 000.
Ces chiffres ont largement rassuré les cambistes qui semblent anticiper l'avenir sous un jour meilleur. Certains escomptent meme des relevements de taux des l'automne alors que la Banque Centrale Européenne a revu ses prévisions de croissance a la hausse pour la zone euro. Les inquiétudes liées a l'inflation exprimée lors de la réunion de la Banque de Réserve australienne ont crédibilisé pour certains l'hypothese d'un relevement des taux des octobre en Australie, ce qui pourrait éventuellement renforcer encore un peu plus le dollar australien.
Cependant, la prudence devrait etre encore de rigueur sur le marché des changes comme l'a sous-entendu lors de la conférence de presse de jeudi dernier Jean Claude Trichet. Certes, la reprise est sur les rails mais la crise est encore loin d'etre terminée. Meme si le marché de l'emploi se dégrade moins qu'il y a encore quelques mois, le chômage devrait rester pendant plusieurs trimestres a des niveaux encore élevés, ce qui devrait refroidir les investisseurs. Outre atlantique, le Trésor américain prévoit que le chômage ne devrait pas commencer a se résorber avant au moins un an.
De plus, les cambistes oublient trop souvent l'impact de la situation économique en Chine. La chute spectaculaire de la bourse de Shanghai en début de semaine montre a quel point la Chine joue un rôle de plus en plus important sur les marchés. En effet, meme si de nombreux facteurs plaident en faveur d'une reprise rapide de l'activité, la Chine pourrait freiner cette reprise mondiale par ses difficultés et sa politique économiques.
Un relevement des taux de la part de la Banque de Réserve australienne pourrait etre hypothéquer par la baisse de la demande de matieres premieres de la Chine. En effet, Pékin envisage une limitation de la production d'acier et d'autres métaux afin d'éviter une crise de surproduction. Par ailleurs, Pékin a annoncé il y a quelques semaines une restriction de l'acces au crédit qui a affolé les cambistes, les poussant a se replier sur les valeurs refuge.
Dans les semaines qui viennent, les valeurs refuge devraient conserver un certain lustre sur le marché des changes, des couacs ne devant pas tarder a gripper la reprise sur les marchés. Entre temps, les traders y croient. Preuve en est, le dollar qui est habituellement considéré comme une valeur refuge en période de crise, profite désormais de l'annonce de bonnes nouvelles sur le terrain économique américain.
Le marché des changes en Bref
Aux Etats-Unis, apres une baisse surprenante du taux de chômage le mois dernier, la situation s'est de nouveau détériorée, de maniere peu surprenante, avec une hausse de 9,4% a 9,7%. En revanche, les destructions d'emplois non-agricoles continuent de se tasser avec 216 000 emplois de moins pour le mois écoulé, contre 276 000 le mois passé.
Au Royaume-Uni, un chiffre positif, qui représente le 2e mois consécutif de hausse. Il s'agit du nombre d'immatriculations de véhicules, qui se situe en hausse annualisée de +6,0%.
En Suisse, l'inflation est conforme aux attentes, avec un Indice des Prix a la Consommation (IPC) pour le mois d'aout qui affiche une hausse de +0,1% (attendu: 0,00%) pour une baisse annualisée de -0,8% (attendu: -0,90%).
La volatilité a été au rendez-vous du marché des matieres premieres lors de la semaine écoulée, avec un prix du baril de pétrole qui est passé de 73,36 a 67,05 dollars, et un prix de l'or qui est passé de 943,80 a 997,20 dollars l'once.
L'euro conforté par la réunion du G20
Nul ne s'attendait spécialement a ce que la réunion du G20 aboutisse a un programme précis et échelonné, l'objectif de tels sommets étant plutôt de montrer aux citoyens l'activisme des autorités. De plus, le principe de ces réunions est qu'une grande latitude est laissée aux autorités dans la mise en oeuvre des mesures qu'ils jugent nécessaire. Une fois n'est pas coutume, ce G20 n'a pas aboutit a des réformes fondamentales mais a permis au moins aux ministres des Finances qui étaient présents de rassurer l'opinion internationale et notamment les investisseurs en proclamant le maintien des mesures déja adoptées dans le cadre des plans de relance gouvernementaux. Il aurait été inconcevable, alors que la reprise n'en est qu'a ses balbutiements, que les gouvernements se désengagent. Cependant, ce message clair exprimé par les ministres des Finances a soutenu le moral des cambistes qui se sont aventurés sur les devises jugées a risque. Entre temps, le dollar évoluait a un niveau tres bas, les chiffres du chômage publiés vendredi ayant contribué au climat de confiance sur le marché des changes.
La monnaie unique européenne, qui était en hausse dans le sillage des marchés d'action, avait les faveurs aujourd'hui des cambistes en raison de l'amélioration significative de la situation économique dans la zone euro. Depuis plusieurs mois, les investisseurs du marché des changes s'inquiétaient d'une reprise en trompe l'oeil dans la zone euro alors que les Etats-Unis et l'Asie sortiraient plus rapidement de la crise. La surprise fut de taille puisqu'il semble que la zone euro s'achemine vers une sortie de crise plus rapide que prévu, notamment portée par l'Allemagne. Meme si l'Allemagne fut beaucoup touchée par la crise économique en raison de son économie essentiellement tournée vers l'exportation, a l'instar du Japon, le pays a su s'extirper rapidement des tréfonds. En effet, l'Allemagne a renoué avec la croissance au deuxieme trimestre et, aujourd'hui encore, les statistiques ont prouvé une amélioration de la situation outre rhin, avec la hausse de 3,5% des commandes industrielles en juillet.
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