Les marchés actions en Asie baissent suite au renforcement du Yen et a des mauvaises nouvelles économiques.
La dispute commerciale se poursuit entre les Etats-Unis et la Chine.
La situation sur les marchés
Les marchés actions aux Etats-Unis ont clôturé vendredi avec une faible baisse, meme si en résumé hebdomadaire, le S&P 500 a enregistré sa meilleure semaine depuis Juillet, en chevauchant sur la vague de hausse des sociétés énergétiques et industrielles. Cette hausse a été causée par la hausse de la demande de pétrole et une recommandation de Goldman-Sachs. L'indice Vix de volatilité a décliné apres avoir enregistré une hausse ponctuelle.
En dépit de ces nouvelles généralement positives, le sentiment sur les marchés asiatiques est devenu négatif cette nuit suite a la poursuite de l'affaiblissement du dollar dans le monde et a des mauvaises nouvelles économiques en provenance de Nouvelle - Zélande, qui ont poussé vers le bas le dollar néo-zélandais, qui se traite aux alentours de 1.43 face au dollar américain. Le ministre des affaire étrangeres australien a de surcroit avertit que le chômage continuerait probablement de croître en Australie.
Nous continuons de suivre les développements sur le marché obligataire américain dans la mesure ou nous estimons que ceux-ci ont et auront une influence déterminante a long terme sur le comportement du dollar face aux monnaies étrangeres, en tant qu'indicateur central du désir des investisseurs étrangers de détenir des dollars. Le rendement sur les obligations américaines a baissé suite a une demande importante, défiant la baisse du dollar dans le monde et la hausse des prix de l'énergie. Cet événement tend a montrer que du point de vue fondamental, la confiance des investisseurs étrangers envers le dollar n'a pas été (encore) brisée et donc nous encourage a penser qu'a terme, il pourrait se renforcer.
Le Yen s'est donc apprécié face au dollar et la paire USD/JPY teste le niveau des 90 Yen, mais la matinée n'a enregistré que peu de mouvements.
La dispute commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a le pouvoir potentiel de devenir un probleme central dans l'économie internationale et d'influencer le comportement de la Chine, ce qui pourrait aussi faire peser une menace significative sur le dollar. Précisons au passage que le Président Obama a fait preuve une nouvelle fois d'une tres grave irresponsabilité en imposant des tarifs protectionnistes sur les pneus chinois, ce qui risque de causer des mesures de rétorsion chinoise contre les voitures et les poulets américains, voire memes des perturbations importantes du systeme international des échanges. Et tout cela pour des raisons bassement politiques visant a satisfaire des lobbys lui ayant permis de se faire élire...
Il n'y aura pas de chiffres importants publiés aujourd'hui, et donc le marché des devises va etre poussé par des signaux techniques et le sentiment du risque. Au vu de la situation en Asie, nous pourrions avoir une journée nerveuse, ce qui pourrait profiter aux devises pro-cycliques, comme l'AUD, le NZD, le CAD et les devises scandinaves. Le dollar s'est quelque peu repris et l'EUR/USD a testé les 1.4520. Nous continuons a voir a court et a moyen terme une appréciation de l'Euro face au dollar, bien qu'une rechute sous le niveau de 1.45 puisse repousser ce scénario. En Australie, nous nous attendons a atteindre a terme le niveau de 0.90 sur la paire AUD/USD.
Intervention de la banque centrale suisse ?
Apres le plus haut de vendredi du franc suisse face au dollar, a 1,0340 franc suisse pour un dollar, les investisseurs du marché des changes s'attendent a ce que la banque centrale helvétique intervienne de nouveau afin de limiter l'appréciation de la monnaie nationale. Déja a plusieurs reprises depuis le début de la crise économique, la Banque Nationale Suisse est intervenue sur le forex afin de limiter l'impact d'une hausse du franc suisse sur les exportations, moteur de la croissance suisse. Alors que la Suisse semble disposée a intervenir sur le marché des changes, Israël semble opter pour une attitude différente. En effet, en fin de semaine derniere, Shuki Oren, membre du gouvernement israélien, a affirmé lors d'une rencontre a Kfar Blum que le gouvernement n'a pas besoin d'intervenir sur le marché des changes. A plusieurs reprises lors des mois passées, la Banque centrale israélienne est intervenue sur le forex afin d'empecher une appréciation trop importante du shekel. Depuis fin aout, il semblerait que le gouvernement israélien ait opté pour une pause, comme semblent l'affirmer les propos de Shuki Oren.
De son côté, la monnaie unique européenne semble faire une pause en cette premiere séance de la semaine sur le marché des changes. La recrudescence des tensions entre Pékin et Washington ainsi que les craintes quant a la reprise mondiale ont favorisé en début d'échanges européens le dollar et le yen. L'euro a notamment été pénalisé par la baisse de la production industrielle dans la zone euro pour le deuxieme mois consécutif. Cette baisse est évaluée a 0,3% par rapport au mois de juin. En dépit de la révision a la hausse des prévisions de croissance par la Commission Européenne pour le troisieme trimestre, les cambistes gardent surtout a l'esprit pour le moment que le PIB de la zone euro pour 2009 devrait subir une chute de 4%.
Les développements sur le marché des devises
La situation sur les marchés: le dollar poursuit sa chute alors que les actions et l'or montent.
La faiblesse du dollar reprend alors qu'il atteint un nouveau niveau annuel le plus bas face a l'Euro, dans un contexte d'euphorie boursiere et sur le marché de l'or. Le S&P a clôturé a 1052 points, son record pour l'année 2009, soutenu par les commentaires de Warren Buffet selon lesquels il achete des actions. L'or a également atteint un niveau record de 1017.8 points apres une courte consolidation.
Cependant, la faiblesse du dollar n'est pas évidente contre toutes les monnaies puisque dans la paire AUD/USD, les échanges se font toujours en-dessous du niveau record de la semaine derniere, 0.8674. Les paires USD/CAD et USD/JPY sont dans une situation semblable. Dans la mesure ou on attend une poursuite du rallye de l'or vers son record historique de 1033.9, le dollar restera malgré tout sous pression a court terme et on peut s'attendre a une poursuite de sa faiblesse, y compris face au CAD, au Yen et au AUD.
La Livre sterling continue d'etre la devise la plus faible cette semaine avec la poursuite de sa chute libre. En particulier, la paire EUR/GBP a passé le niveau de 0.89 et se fixe maintenant comme prochain objectif le niveau de 0.90. Du point de vue psychologique, casser ce niveau pourrait avoir des conséquences importantes. La Livre continue de souffrir de spéculations sur la baisse du taux d'intéret par la Banque d'Angleterre.
L'attention va se tourner aujourd'hui vers les chiffres de l'emploi en Angleterre, alors qu'on attend une montée du chômage a 8.0% pour le mois de juillet. A moins d'une surprise favorable, on s'attend a une poursuite de la baisse de la Livre. En Europe, on attend aussi des nouvelles en provenance de Suisse avec les chiffres des ventes de détail, qu'on attend en hausse de 0.7% annualisées, et l'indice ZEW. L'indice des prix a la consommation (IPC) pour l'Eurozone sera aussi publié, ce qui influencera la volatilité sur l'Euro. On attend une hausse mensuelle de 0.3% pour une baisse annuelle de 0.2%, sur la base du mois d'aout.
Sur le front du GBP/CHF, l'écroulement de cette semaine est en ligne avec les attentes techniques. A plus long terme, le rebond depuis le niveau le plus bas enregistré en décembre (1.5111) est toujours considéré comme une correction sur la longue baisse depuis le plus haut niveau de 2007, a 2.4964. Nous continuons a attendre une poursuite de cette baisse, probablement a terme en-dessous du niveau de décembre dernier. Une chute sous le niveau de 1.6620 nous confirmera dans notre hypothese.
On attend de nombreuses données économiques en provenance des Etats-Unis aujourd'hui. L'IPC pour le mois d'aout devrait monter de 0.3%, alors qu'en en rythme annualisé, le niveau de baisse se modere pour passer de -2.1% a -1.7%. Le noyau de l'IPC devrait augmenter de 0.1%, mensualisé pour une baisse de 1.4% en rythme annuel. La production industrielle devrait s'améliorer de 0.7% en aout, confirmant la reprise économique. Le dollar devrait s'échanger nerveusement dans l'attente de ces chiffres.
Refus des banques centrales d'intervenir
Apres la forte appréciation en fin de semaine derniere du franc suisse, les analystes du marché des changes s'attendaient a une intervention de la banque centrale sur le forex afin d'enrayer la tendance a la hausse de la monnaie helvétique. Il n'en fut rien. Apres des interventions massives lors des derniers mois, les banques centrales semblent désormais opter pour plus de sagesse. Ainsi, le week-end dernier, peu apres une énieme intervention de la banque centrale, un responsable israélien a affirmé que < le gouvernement n'a pas besoin d'intervenir sur le forex > afin d'empecher une appréciation trop importante du shekel qui pénalise les exportations. Aujourd'hui, ce fut au tour du ministre des Finances japonais Fujii de relayer de tels propos en refusant d'intervenir sur le marché des changes pour soutenir le yen. Apres ces propos, le dollar a décroché d'un coup face au yen, passant sous la barre de 91 yens. De son côté, le shekel poursuit toujours son raffermissement face au dollar, évoluant aujourd'hui aux alentours de 3,74 shekels pour un dollar. Les banques centrales semblent désormais moins disposées pour intervenir, laissant faire les mécanismes du marché.
De son côté, l'euro continuait aussi de progresser face a la devise américaine, notamment apres les bons chiffres des prix a la consommation dans la zone euro au mois d'aout. Ces derniers ont en effet baissé de 0,2%. Bien que la devise américaine ait capitalisé lors des séances de lundi et de mardi sur l'amélioration des perspectives économiques outre-Atlantique, les analystes des principales banques, notamment de Lloyds TSB, considerent que la tendance de fond du marché reste a la vente de dollars.
Enfin, la livre sterling s'affichait en début d'échanges européens toujours comateuse face a l'euro et au dollar, au lendemain d'une journée mouvementée. Dans un premier temps, la livre sterling a capitalisé sur la publication des chiffres de l'inflation, avant de décrocher considérablement suite aux propos tenus par le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King. Ce dernier envisage en effet de réduire le taux de dépôt afin d'encourager les banques commerciales a preter aux particuliers et aux entreprises. Cette nouvelle a affolé les investisseurs qui se sont désistés de leurs livres sterling au profit des autres devises.
L'appréciation incontrôlable du shekel
Depuis la fin du mois d'aout, la reprise de l'activité économique mondiale a incité les investisseurs du marché des changes a diversifier leurs avoirs, essentiellement constitués de dollars, de yens et dans une moindre mesure de francs suisses. Le rebond des marchés d'actions et des matieres premieres a conforté les investisseurs et influé positivement sur le cours du marché des changes. Ainsi, des devises telles que les dollars des antipodes, l'euro mais aussi les devises émergentes telles que le real brésilien ou le shekel israélien se sont considérablement raffermis face au dollar américain.
Le raffermissement de nombreuses monnaies posent cependant des problemes aux autorités, surtout si l'économie du pays est largement tournée vers l'exportation. C'est notamment le cas d'Israël.
Les vaines tentatives de la Banque d'Israël pour affaiblir le shekel
Afin d'éviter de pénaliser les entreprises exportatrices israéliennes, notamment celles du secteur des hautes technologies, la Banque d'Israël est intervenue plusieurs fois sur le marché des changes au cours des derniers mois afin d'acheter des dollars pour réduire l'envol du shekel. Sa derniere intervention remonte a la semaine derniere lorsque la banque centrale a acheté pour 800 millions de dollar sur le forex. Cependant, tous les économistes ne semblent pas etre convaincus par la stratégie adoptée par Stanley Fischer, gouverneur de la Banque d'Israël. Ainsi, le Professeur Avi Ben-Bassat, l'un des meilleurs économistes israéliens, n'a pas caché ses doutes la semaine derniere en affirmant que la banque centrale < ne peut pas changer la valeur du dollar sur le long terme >, ajoutant que < ce n'est pas raisonnable >. Bien qu'il se soit efforcé de défendre l'action de Stanley Fischer a la tete de la Banque d'Israël, le ministre des Finances, Yuval Steinitz, a reconnu que l'institut ne pourra pas maintenir sur le long terme sa politique d'achats en grande quantité de dollars.
Une hausse du shekel provoquée par l'affaiblissement du dollar
Le shekel, qui évolue ces derniers jours autour de 3,70 shekels pour un dollar, bénéficie indéniablement d'une situation économique moins désastreuse que dans d'autres pays. Les banques israéliennes ont été relativement peu touchées par la vague des actifs toxiques et, surtout, depuis quelques semaines, les bonnes nouvelles macroéconomiques se succedent. Cela a conduit la banque Morgan Stanley a révisé a la hausse ses prévisions de croissance pour 2009 et 2010. Au lieu d'une chute du PIB estimée 0,8%, Israël devrait connaître une hausse de 0,2% et en 2010, de 2,7% contre 2,1% lors des prévisions précédentes. De plus, depuis que la Banque d'Israël a relevé son principal taux directeur a 0,75%, les cambistes s'attendent a de nouveau relevements qui auraient pour conséquence d'accroître la rentabilité du shekel par rapport a de nombreuses autres devises. Pour autant, nombreux sont les observateurs qui affichent leur circonspection. Bien qu'ils ne contestent pas le bon maintien de l'économie israélienne pendant la tempete, ils récusent le mythe du miracle israélien qui affirme qu'Israël a été préservé durant cette période de crise, ce qui justifie la ruée des investisseurs sur le dollar. En fait, ils invitent plutôt a inscrire l'appréciation du shekel dans un contexte plus global : celui de l'affaiblissement généralisé du dollar face a la plupart des monnaies du marché des changes. Comme l'a rappelé le ministre des Finances israélien, le shekel ne fait pas l'objet d'une menace des spéculateurs mais évolue dans le meme sens que la plupart des devises du forex en cette période de reprise de l'activité économique mondiale.
Le refus du gouvernement d'intervenir sur le forex
Meme si le gouvernement a reconnu qu'il n'existe pas de limite claire a la politique d'achats massifs de dollars sur le marché des changes par la banque centrale, il semblerait qu'il s'oriente vers une non intervention, a l'image du gouvernement japonais. Ce dernier a affirmé, en début de semaine, par la voix de son ministre des Finances ne pas envisager une intervention sur le marché monétaire afin de limiter l'appréciation du yen. Meme son de cloche en Israël ou un officiel du Trésor a affirmé que < le ministere des Finances n'interviendra pas sur le marché des devises >. En dépit du lobbying intensif de l'organisation patronale israélienne, l'Association des Manufacturiers d'Israël, le gouvernement semble ne pas vouloir céder et s'orienter vers d'autres moyens afin d'aider les exportateurs a faire face a l'appréciation du shekel. De tels propos indiquent clairement un changement d'attitude de la part des autorités israéliennes et de la banque centrale.
L'euro s'envole vers 1,50 dollar sur le forex
En début d'échanges européens, la monnaie unique européenne continuait sur sa lancée des derniers jours, profitant du climat existant sur les marchés financiers. Aujourd'hui, l'euro a battu un nouveau record depuis un an face a un dollar considérablement affaibli, en s'inscrivant au dessus de 1,4767 dollar. Les investisseurs du marché des changes s'attendent désormais a ce que la monnaie de la zone euro atteigne dans les semaines qui viennent le seuil psychologique de 1,50 dollar. Pour l'instant, rien n'incite réellement les investisseurs a prendre récupérer leurs gains. Au contraire, les faibles taux américains les encouragent plutôt a persévérer dans cette voie.
Le dollar est également pénalisé par l'amélioration généralisée de la situation économique dans la plupart des pays. Pour l'instant, les bonnes nouvelles sur le front économique intérieur ne parviennent pas réellement au dollar d'échapper a cette tendance profonde a la baisse. Les analystes sont néanmoins confiants et prédisent que tôt ou tard, la devise américaine devrait profiter de telles nouvelles.
Entre temps, le dollar accumule les plus bas et non pas seulement face a la monnaie unique européenne. Ainsi, le dollar est passé sous la barre de 90 yens, niveau qu'il n'avait plus atteint depuis le mois de décembre. Les investisseurs devront surveiller aujourd'hui plusieurs indicateurs macroéconomiques qui pourraient renforcer la tendance a la hausse de l'euro et des autres monnaies face au dollar. Il s'agit notamment des demandes hebdomadaires d'allocation chômage et de l'indice d'activité industrielle de la Fed de Philadelphie pour le mois de septembre.
Enfin, la livre sterling est toujours affaiblie sur le marché des changes au surlendemain des propos laxistes tenus par le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King. La devise britannique a notamment gouté un plus bas depuis pres de cinq mois face a l'euro.
Prises de bénéfices sur le marché des devises
En ce dernier jour de trading de la semaine, la monnaie unique européenne marque une pause obligée puisque les investisseurs ont décidé de prendre les bénéfices accumulés depuis lundi. En effet, il n'est jamais spécialement conseillé pour un trader de laisser ses positions ouvertes durant le week-end. La monnaie unique européenne a réalisé une belle performance cette semaine face au dollar puisqu'elle a atteint un plus haut niveau depuis le 25 septembre 2008, a 1,4767 dollar.
Outre les prises de bénéfices, l'euro a été pénalisé aujourd'hui par la baisse des prix a la production outre-Rhin au mois d'aout en raison de la chute des prix de l'énergie par rapport a l'année derniere.
Pour autant, l'euro devrait continuer la semaine prochaine sur une tendance haussiere, notamment face au dollar. La monnaie unique européenne peut en effet compter sur les nombreux signes d'amélioration de la situation économique dans la zone euro et outre-Atlantique qui poussent les cambistes a investir sur les devises jugées a risque. Aujourd'hui, aucun indicateur américain d'importance n'est attendu. Les deux seuls évenements qui sont maintenant dans le colimateur des traders sont la réunion du G20, ou l'encadrement des bonus des traders sera évoqué, et la réunion de la Réserve Fédérale. Certains analystes du marché des changes s'interrogent sur la possibilité que l'affaiblissement du dollar soit évoqué lors de la réunion du G20.
Enfin, en ce qui concerne la livre sterling, elle reste toujours sous le choc des derniers jours. Saxo Banque conseille aujourd'hui d'etre long sur l'EUR/GBP alors que la parité se rapproche entre les deux monnaies.
La nouvelle stratégie des banques centrales
Aucune grande banque centrale n'a tenu réunion cette semaine et, pourtant, elles étaient en premiere ligne. En effet, l'affablissement important du dollar depuis la fin du mois d'aout pose probleme aux banques centrales. Doivent-elles intervenir sur le marché des changes afin d'éviter une appréciation trop importante de leur monnaie face a la devise américaine? Certaines ont apporté une réponse a cette question cette semaine.
La séance de lundi matin fut marquée par le regain de spéculations autour d'une nouvelle intervention sur le marché de la Banque Nationale Suisse apres le plus haut du franc suisse face au dollar. Les récents développements de la crise ont en effet poussé a plusieurs reprises l'institut d'émission helvétique a porter un coup décisif sur le forex afin de freiner l'appréciation de la devise nationale. Pour autant, il n'en fut rien et le franc suisse n'a pas connu cette semaine de brusque mouvement de son taux de change.
La non intervention de la Banque Nationale Suisse ne signifie en rien un changement de stratégie de la part de celle-ci. Toutefois, il semblerait, au regard des déclarations qui ont ponctué l'actualité de la semaine, que certains pays envisagent de laisser filer leur monnaie, au moins pour le moment. Ainsi, le ministre des Finances japonais a affirmé que le gouvernement n'envisage pas d'intervenir sur le marché des devises apres que le dollar se soit inscrit en dessous de 90 yens. De meme, le gouvernement israélien semble aussi opter pour une nouvelle stratégie puisque des responsables du ministere des Finances ont affirmé que les achats massifs et répétés de dollars sur le marché ne constituent en rien une solution au probleme de l'appréciation du shekel.
De tels propos ont réellement un impact car ils émanent de pays qui n'hésitent pas a intervenir sur le forex afin d'éviter une appréciation de leur monnaie qui puisse pénaliser l'industrie exportatrice. Le week-end dernier, la banque centrale israélienne avait d'ailleurs décidé une nouvelle intervention prenant la forme d'une enveloppe de pres de 800 millions de dollars.
Le revirement constaté s'explique d'abord par le coup d'une telle opération et surtout, par son inefficacité sur le moyen terme. A titre d'exemple, l'intervention menée par M. Fischer, gouverneur de la Banque d'Israël, n'a fait reculer le shekel que tres modestement avant qu'il ne reparte a la hausse. Dans le contexte d'appétit pour le risque lié a l'amélioration de l'activité économique mondiale, les banques centrales paraissent désarmées pour influer sur le taux de change des devises. Outre le contexte économique global, il convient également de mentionner les difficultés propres au dollar, notamment le déficit américain et la faiblesse des taux d'intéret de la Fed qui favorise les stratégies de carry trade sur la monnaie américaine.
Les investisseurs sont par conséquent poussés a prendre des risques et a diversifier leur portefeuille en se portant sur l'euro, qui a atteint un plus haut depuis un an face au dollar en fin de semaine, ou sur les dollars des antipodes et les devises émergentes comme le real brésilien.
La question de l'affaiblissement du dollar sur le marché des changes pourrait éventuellement faire débat lors du G20 de Pittsburgh bien que la problématique ne soit pas officiellement a l'ordre du jour. La Chine pourrait notamment s'inquiéter ouvertement de la baisse conséquente de la devise américaine, ce qui pénalise la valeur des ces avoirs en bons du Trésor américain.
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