L'euro en dessous de 1,46$, poussé par Wall Street
En milieu de semaine derniere, la monnaie unique européenne avait atteint un record depuis pres d'un an face au billet vert, en grimpant au-dessus de 1,48 dollar. Cette hausse de l'euro résulte essentiellement d'une amélioration du climat de confiance sur les marchés et d'un affaiblissement important de la devise américaine face aux principales devises.
Toutefois, en début d'échanges européens aujourd'hui, l'euro a enregistré un tres net recul face au dollar, descendant en-dessous de 1,46 dollar. Encore sous le choc de la chute de Wall Street vendredi dernier et des prises de bénéfices de fin de semaine, la monnaie unique européenne a perdu beaucoup de terrain face au dollar et au yen. Du fait de la chute du marché des actions américain, les investisseurs se sont prudemment repliés sur les valeurs refuges.
En dépit de la reprise économique, le yen est l'une des devises du marché des changes qui enregistre les meilleures performances depuis la fin de l'été. En effet, la devise nippone affiche d'importants gains, notamment face a son concurrent le dollar. Aujourd'hui, le yen a terminé la séance en Asie a un haut niveau face au dollar, a 88,25 yens pour un dollar. Depuis plusieurs séances, le billet vert évolue en dessous de 90 yens, ce qui pose un probleme important aux industries exportatrices de l'archipel. En effet, dans leurs prévisions, elles avaient tablé sur un dollar a 95 yens pour l'exercice courant qui se termine au printemps 2010. Le net affaiblissement du dollar pénalise ainsi ces industries qui constituent le coeur battant de la croissance japonaise.
Pour autant, le gouvernement refuse pour l'instant d'envisager une intervention massive sur le marché des changes afin de limiter l'appréciation du yen. La derniere intervention de ce type remonte en effet au mois de mars 2004. Dans un point de presse aujourd'hui, le ministre des Finances, Fujii, a ainsi exclu l'idée d'une intervention de la banque centrale, soulignant que le taux de change du yen par rapport au dollar est normal. Lors du sommet du G20, M. Fujii avait déja tenu des propos similaires face a son homologue américain. Par conséquent, ce point de presse n'a pas constitué une surprise pour les cambistes mais fut plutôt l'occasion pour eux de vendre des dollars afin d'acheter des yens sur le marché des changes.
La revue écofi du 29 septembre
Les points essentiels:
- Des opérations de Fusions et Acquisitions poussent le marché actions US a la hausse, et le bon sentiment s'étend a l'Asie.
- Le Yen est en retrait face au GBP
- De maniere totalement inattendue, la banque centrale danoise coupe a nouveau ses taux d'intérets dans le but de limiter l'entrée de devises étrangeres. De nouvelles coupes dans le taux ne sont pas a exclure.
La situation sur les marchés:
Les indices américains ont monté hier dans un contexte de fusions et d'acquisitions dans les domaines des sociétés de médicaments et de technologie, qui donnent une nouvelle preuve du rebond du marché apres son point le plus bas en six ans. Tous les secteurs industriels ont avancé pour une forte progression globale du S&P500 de 1.8%, meme s'il faut tenir compte d'un faible volume de transactions, du a la fete juive du Yom Kippour. Le S&P500 devrait obtenir son meilleur résultat trimestriel depuis 1998.
Les marchés asiatiques ont monté dans le sillage du marché américain. Le Nikkei 225 a pris 0.7%, aidé en cela par le fléchissement du Yen, alors que certains analystes ont aussi cité la couverture de positions short comme raison de la hausse. Le Hang Seng a enregistré une forte progression de 2.2% alors que l'indice australien, le S&P/ASX200, monte de 1.7%.
Les derniers chiffres économiques au Japon confirment le risque déflationniste et montrent une baisse de 2.2% annualisée des prix a la consommation pour le mois d'aout. La baisse de 2% a Tokyo était supérieure de 0.2% aux attentes des analystes.
Sur le marché des devises, suite aux commentaires du ministre des finances japonais, le JPY est tombé le plus parmi les monnaies du G10 dans un environnement ou l'appétit du risque est retourné, alors meme que les analystes disent a l'unisson que le renforcement de la veille était exagéré. Le GBP corrige quelque peu et reprend 0.4% contre l'Euro alors que la paire EUR/USD traite dans les environs d2 1.46-1.4650. Les monnaies scandinaves, SEK et NOK, baissent légerement face a l'Euro alors que la paire EUR/CHF reste stable autour de 1.51.
Sur le marché du pétrole, le prix a touché hier 65.50 USD le baril, avant de remonter vers les niveaux de 67 USD dans la soirée. L'optimisme sur la demande dans un contexte de reprise économique a été l'une des raisons pour cette montée du prix.
Aujourd'hui, on n'attend pas de grandes nouvelles susceptibles de bouger les marchés, bien que tout le monde soit concentré actuellement sur la force de la consommation américaine. Ce fait pourrait attirer l'attention des marchés sur l'indice de confiance des consommateurs. Le dollar pourrait en etre influencé. L'indice du prix des maisons est aussi attendu.
Sur le marché des devises, on attend la direction en provenance du marché des actions, et par exemple une paire sur-vendue comme le GBP/JPY pourrait malgré tout continuer son appréciation alors que d'autres devises pro-cycliques comme l'AUD et le NZD pourraient continuer leur appréciation face au USD. Apres une pause, nous nous attendons a ce que l'EUR/USD poursuive sa hausse avant de probables forts résultats économiques jeudi.
La Nationalbank (la banque centrale) danoise a choisi hier de réduire ses taux d'intérets de 0.10% a 0.15%, entre 0.9% et 1.0%, seulement deux jours ouvrables apres avoir déja réduit les taux de 0.1%. La banque n'a pas donné de justifications pour ce timing étrange, autre que les arguments usuels concernant le marché des devises et la nécessité de ne pas voir la devise locale, le DKK, trop se renforcer. Tant que les money markets sont faible en EUR, le DKK continue de bénéficier d'un avantage qui devrait continuer a le soutenir, et c'est pourquoi on ne peut exclure de nouvelles réductions des taux. Malgré tout, le DKK ne s'est pas trop affaibli et la paire EUR/DKK tourne autour de 7.4430, légerement au-dessus de son niveau de hier.
Toujours en Scandinavie, les ventes ont été fortes en Suede, portées entre autres par un faible SEK, qui a gardé les locaux a la maison au lieu de les envoyer en vacances a l'étranger.
Le Japon préoccupé par le taux de change du yen
Le revirement du nouveau ministre des Finances japonais, M. Fujii, est spectaculaire. Hier encore, dans un point de presse, il avait affirmé que le taux de change du yen par rapport au dollar est normal. En l'espace d'une journée, il semblerait que le ministre ait revu son opinion puisqu'il a affirmé que la récente appréciation du yen sur le marché des changes est < un petit peu trop rapide >, laissant par conséquent planer l'éventualité d'une intervention de la banque centrale afin de freiner la hausse de la devise nippone. Pourtant, un tel scénario semblait totalement exclu depuis la victoire des démocrates aux élections législatives de septembre. En fait, le ministre japonais semble se plier, contraint et forcé probablement, au consensus en vigueur. En effet, depuis le sommet du G20, les responsables politiques ont plaidé pour un dollar fort et stable. Washington n'a d'ailleurs pas ménagé ses efforts pour rassurer ses partenaires commerciaux. Le gouverneur de la Banque Centrale Européenne, Jean Claude Trichet, s'est joint a son homologue chinois pour affirmer qu'un dollar fort est important pour la reprise de l'activité économique mondiale. Ce consensus et surtout les dernieres déclarations du ministre des Finances ont pesé sur le yen qui a commencé a perdre les gains accumulés lors des dernieres séances face au billet vert.
De son côté, la monnaie unique européenne continuait de reculer face au dollar alors que la situation dans la zone euro semble sensiblement s'améliorer. En effet, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean Claude Juncker, a estimé que la situation économique est < largement stabilisée >. Toutefois, il a tenu a nuancer ce jugement en affirmant que la < situation reste fragile et friable >, notamment dans certains pays européens comme la Finlande qui enregistre la pire récession de la zone euro avec une contraction du PIB de 7,2% en 2009.
Enfin, la livre sterling continue son affaiblissement, toujours sous pression suite aux propos tenus par Mervyn King, gouverneur de la Banque d'Angleterre, en milieu de semaine derniere. Apparemment, les responsables britanniques semblent plutôt se satisfaire de la dépréciation de leur devise.
Les nouvelles en bref
Aux Etats-Unis, le prix des maisons dans les 20 principales villes du pays se situe en hausse de 1,6% en juillet, apres une hausse de 1,4% en juin, confirmant ainsi la reprise du marché immobilier.
La banque centrale de Russie a baissé ses taux d'intéret de 0.50%, passant de 10,50% a 10,00%. Elle modifie son niveau d'intervention de 36,40, contre 36,35 sur le rouble par rapport au panier de devises. Elle pourrait également rajouter le dollar canadien et le dollar australien a ses réserves monétaires.
La banque centrale de Roumanie a aussi baissé ses taux d'intéret d'un demi point, passant de 8,50% a 8,00%.
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