La Banque d'Angleterre (Bank of England, BoE) continue d'étudier tous les scénarios monétaires alors que l'inflation britannique demeure élevée et la reprise économique terne, a indiqué mercredi le gouverneur de l'institution Mervyn King.
"Le MPC (le comité de politique monétaire de la banque centrale britannique, NDLR) doit faire face à un défi difficile pour équilibrer" les risques contradictoires qui menacent l'économie du Royaume-Uni, a expliqué M. King lors d'une audition devant la commission des Finances du Parlement britannique.
A cet effet, le comité "estime qu'il est actuellement approprié de garder le pied fermement appuyé sur l'accélérateur (monétaire, NDLR) afin de soutenir l'économie", a ajouté M. King.
Au cours de sa réunion du 8 juillet, la BoE a maintenu son taux directeur à 0,5%, niveau historiquement bas auquel il est fixé depuis mars 2009, et la suspension de son programme de rachats d'actifs, dont le montant (200 milliards de livres, 242 milliards euros) a été épuisé en janvier.
Ces mesures avaient été mises en place afin d'aider une économie en profonde récession. Or, le Comité doit actuellement prendre en compte, lors de ces réunions mensuelles de politique monétaire, des développements économiques contradictoires.
D'un côté, malgré un léger recul au mois de juin, à 3,2% sur un an, l'inflation au Royaume-Uni reste élevée et largement supérieure à 2%, niveau au-dessous duquel la BoE est censée la contenir.
En outre, du fait de la hausse de la TVA, de 17,5% à 20%, annoncée pour janvier 2011, "l'inflation risque de rester au-dessus de la cible (de 2%) pendant la majeure partie de (2011)", a prévenu M. King.
Cette inflation toujours élevée a d'ailleurs fait naître en juin une première voix discordante au sein du Comité, alors que ce dernier votait à l'unanimité depuis août 2008.
Ce membre, Andrew Sentance, a par ailleurs souligné mercredi que le produit intérieur brut (PIB) britannique, qui a augmenté plus que prévu au deuxième trimestre, progressant de 1,1% par rapport au trimestre précédent, conforte l'idée que l'économie britannique s'est redressée.
Cependant, M. King a de son côté mis en garde contre des conclusions trop optimistes à la lumière d'un seul indicateur.
"Les problèmes économiques plus larges présents de par le monde soulignent qu'il ne faut pas être trop confiant sur une reprise pérenne de la demande, de la production et de l'emploi au Royaume-Uni", a prévenu mercredi le gouverneur de la banque centrale britannique.
En effet, la consommation pourrait rester faible, et l'activité économique terne, ce qui exercerait une pression baissière sur l'inflation, pouvant même la faire tomber bien en dessous de 2%, a expliqué M. King.
"Dans les mois à venir, il se peut que le comité de politique monétaire juge que les perspectives de l'inflation justifient un nouveau coup d'accélérateur ou" de lever un peu le pied, a souligné M. King.
Cependant, "le débat se porte sur le niveau de soutien (à l'économie, NDLR) pas sur un (éventuel) coup de frein", a précisé le gouverneur de la BoE, pour qui il reste "une distance considérable à parcourir avant de pouvoir utiliser le terme +normal+", pour qualifier le taux directeur de l'institution.
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