Par La Rédaction de MoneyWeek,
Hier l’euphorie boursière régnait sur les valeurs bancaires. L’indice européen des banques, le Stoxx 600 Banks, a gagné 4,7%, tiré par la Société Générale, +10,59%, et le Crédit Agricole, + 10,14%. La raison à cet enthousiasme n’est autre que l’assouplissement des propositions du Comité de Bâle, visant à réguler le système bancaire européen.
Les propositions dites de « Bâles 3 » étaient très défavorables aux banques européennes. Le durcissement de la réglementation concernait les exigences en matière de fonds propres et de liquidité. Pour Omar Fall d’UBS, « en tant que grandes perdantes de Bâle 3, les banques françaises devraient bénéficier de ces révisions ».
Une partie des inquiétudes se sont envolées. Le ratio de liquidité à un an, particulièrement décrié, ne sera appliqué que d’ici 2018. D’après certaines estimations, il manquait 240 milliards d’euros à BNP Paribas pour s’y conformer. Pour Merrill Lynch, il s’agit d’une bonne nouvelle pour les investisseurs qui « n’ont plus à s’inquiéter d’un afflux d’émissions de dettes bancaire ».
Les deux autres grands assouplissements concernent la comptabilisation des différents actifs dans les fonds propres Tier one. Les participations financières dans les filiales bancaires continueront à être comptabilisées dans le calcul du ratio. Cette adaptation est très favorable aux banques mutualistes, comme BPCE et Crédit Agricole, dont le modèle repose sur des participations croisées.
Les banques ont aussi obtenue gain de cause sur le traitement des intérêts minoritaires, qui représentent un poids considérable chez les banques françaises. Morgan Stanley rappelle que « chez BNP Paribas et la Société Générale, les intérêts minoritaires représentent respectivement 1,2% (8 milliards d’euros) et 0,8% (3 milliards d’euros) du core Tier one ».
Les banques françaises sont à la fête, mais l’Allemagne n’y participe pas. Malgré ces assouplissements, la République fédérale craint que ces mesures ne touchent le cœur de son système bancaire basé sur 400 caisses d’épargne et 1 200 banques mutualistes. La réduction sévère des crédits délivrés par ces établissements pourrait alors marquer un coup d’arrêt à la reprise dynamique que connaît l’Allemagne.
