La géostratégie a pour objet l’étude des stratégies suivies par les acteurs internationaux à l’échelle des espaces physiques (terre, air, mer) et du cyberespace. Elle est un outil de l’analyse fondamentale et permet d’anticiper, ou d’évaluer la répercussion des événements internationaux sur le cours des devises, des matières premières ou du niveau des taux d’intérêt.

Le graphique ci-dessous montre que l’évolution du cours du pétrole est ponctuée d’événements géostratégiques majeurs :

évolution cours pétrole

Source : RFI ; L’évolution des cours du pétrole depuis 1970, 30/05/2008

A l’image de la formation d’une bulle, qui relève d’une déconnexion entre les fondamentaux du marché et la valeur boursière d’un titre, un événement géostratégique peut produire une sur-réaction ou une sous-réaction, qui va être brutalement corrigée. Comme pour une bulle, il y a donc un aspect très psychologique, lié à l’évaluation de l’ampleur de l’impact du choc stratégique, par les opérateurs de marchés. C’est ce décalage, entre situation perçue et situation réelle, dont il faut savoir tirer profit, ce qui est d’autant plus délicat que les événements peuvent être tragiques (émeutes, accidents nucléaires…) et enclencher des biais cognitifs. La plupart des ces événements étant relatés par des journalistes, notre évaluation de l’événement est tributaire du travail des journalistes et de leurs biais cognitifs. On étudiera les principaux acteurs ayant un impact sur les marchés financiers, ainsi que les espaces de conflictualités économiques (pour les matières premières etc.).

…En un coup d’œil …

geostratégie acteurs risques

Les Acteurs de la Géostratégie

A – Les Etats : L’Etat exerce sa souveraineté sur sa population et ses ressources naturelles (pétrole, gaz, minerais, terres agricoles….) dans les limites de ses frontières. Les Etats ont des tailles et formes variables, à noter que certains micro-Etats (Qatar, Bahreïn) ou villes-Etats (Singapour, Hong Kong, Macao), sont souvent des grands pôles de la finance internationale. Selon les époques, une idéologie plus ou moins prononcée peut orienter les politiques. Très schématiquement on peut penser de deux façons :

politique états

– La colonne de droite regroupe « les politiques de rigueur ». Il s’agit de limiter les dépenses publiques (pour résorber le déficit public et la dette publique), de limiter la création monétaire (pour endiguer l’inflation), et de fixer un taux directeur élevé (pour favoriser l’épargne). Il y a un risque de chômage et de troubles sociaux (manifestations contre l’austérité, « la vie chère »…).

– La colonne de gauche regroupe « les politiques de relance ». Il s’agit d’augmenter les dépenses publiques (pour créer des emplois), augmenter la masse monétaire (pour relancer la consommation) et abaisser les taux directeurs (pour favoriser les prêts et les investissements afin de relancer la croissance). Il y a un risque d’inflation…

Globalement, un Etat créera d’autant plus de richesses (donc aura des entreprises nationales performantes sur les marchés boursiers, une devise forte, une inflation et un chômage maîtrisé), qu’il sera intégré aux grands flux du commerce et de la finance internationale.

Au 19ème et 20ème siècle les Etats côtiers régnant sur les océans avaient un grand avantage commercial, ce qui explique à l’époque le succès de l’Angleterre ou des Pays-Bas qui pouvaient trouver des débouchés commerciaux nombreux par voie maritime… De nos jours, l’Etat qui prospère est intégré au maximum dans les circuits financiers internationaux : c’est le cas de la Suisse. Malgré un environnement montagneux et l’absence de littoral maritime, la Suisse est l’un des pays les plus développés et les plus riches du monde. Ce pays a su s’intégrer dans les flux financiers, bancaires, commerciaux (produits de luxe, montres…) au point de devenir un pays extrêmement développé. Si géographiquement la Suisse est isolée (au cœur des montagnes), économiquement elle est pourtant au centre du système financier.

D’autres petits Etats, comme le Qatar ou Singapour, se donnent les moyens d’une ambition internationale, grâce à leurs fonds souverains ou en promouvant le secteur high-tech (knowledge management). Certains Etats comme la Suisse ou la Norvège, apparaissent relativement stables, d’autres moins… Comment s’assurer que l’on n’a pas pris trop de risque en investissant sur des devises étrangères, ou sur un marché aux perspectives douteuses ?

La réponse est le risque pays, que l’on peut apprécier à travers ses trois composantes :

risques géostratégiques

Le risque pays et ses composantes :

– Risque politique : C’est le risque lié à des élections, un nouveau gouvernement, une déclaration d’intention d’un dirigeant … L’une de ses manifestations les plus anciennes est le risque de nationalisation (ex : nationalisation du canal de Suez par Nasser, ou vagues de nationalisations avec expropriations au cours des années 60 en Afrique…).

– Risque souverain : C’est le risque de défaut de paiement d’un État emprunteur, qui n’arrive plus à honorer les intérêts de sa dette publique. La récente crise de la zone euro en a été un parfait exemple (avec des annulations de dettes pour la Grèce). On pourra aussi se souvenir de la crise des pays émergents (Mexique en 1994, Asie du Sud-Est en 1997 marquée par la dévaluation du baht thaïlandais et une dette élevée pour tous les pays d’Asie du Sud, puis Russie et pays de l’Est en 1998). La crise Russe étant directement la conséquence de la crise en Asie de l’Est, ce qui témoigne de l’interdépendance des systèmes économiques et du danger de crise systémique.

dettes bancaires pays asie est

– Risque géostratégique : C’est le risque lié à des aléas peu prévisibles, ou mal appréhendés… >Emeutes, révoltes dans un pays (ex : en Tunisie, la hausse du prix des denrées alimentaires sur les marchés, a été à l’origine de la révolte politique, du départ de Ben Ali, puis de l’onde de choc qui s’est propagée dans tous le Moyen-Orient, un très bel exemple d’influence d’un cours financier, celui des denrées alimentaires, « la vie chère », sur les systèmes politiques d’une région stratégique du monde). >Catastrophes naturelles (séisme de Köbe en 1995 qui a provoqué la chute du Nikkei et de la Barings, cette dernière était engagée sur des positions short straddle sur le Nikkei pensant qu’il resterait stable…). >Attentats du 11 septembre avec baisse des taux d’intérêts de la FED (suite à l’explosion de la bulle internet en 2000 et des attentats l’année suivante), ce afin de rétablir la confiance après cet événement troublant, et d’éviter des risques de contreparties (les attentats ayant frappé des nœuds logistiques du système financier, de nombreux opérateurs ne trouvaient plus leurs contreparties et risquaient de ne pas être payé… c’est le syndrome d’Herstatt, la Fed a préféré injecter des liquidités et baisser les taux). Cette baisse des taux, puis leur hausse, provoquera la crise des subprimes…

évolution taux fed

C’est à travers toutes ces composantes qu’il faut apprécier le risque pays. De nombreux sites : Coface, Agences de notation financière, Ministère des Affaires Etrangères… fournissent des indications quantitatives (rating) ou qualitatives sur la situation d’un pays. Certains pays attirent l’attention de tous les médias, alors qu’il y a trente ans ils étaient considérés comme des pays en développement. Comment comprendre ce processus d’émergence. Schéma du processus d’émergence :

processus emergence pays

Pays émergents : On peut donner des critères non-exclusifs…un pays émergent présente une forte croissance (globalement +4.5%), avec un marché intérieur conséquent, une classe moyenne naissante et qui possède des réserves de devises étrangères. Les réserves d’or et de dollars des principaux pays émergents s’élèvent à plus de 4 500 milliards de dollars (Chine en tête), ce qui leur donne les moyens d’influencer le cours du dollar et de leurs devises, parfois sous-évaluée afin de permettre une exportation massive de produits à des coûts imbattables (ex : Chine).

brics pib

Source : France 24, Les grands pays émergents invitent l’Afrique du Sud à rejoindre les Brics, 27/12/2010

Fonds souverains : Certains pays émergents (Chine), de nombreux micro-Etats développés (Singapour, Qatar), ou des pays développés (Norvège) disposent de fonds souverains alimentés par une épargne nationale, un excédent commercial, ou encore une rente de matière première. Ces fonds, plus ou moins liés à l’Etat (qui a soit un simple rôle de contrôle, soit en est quasiment le superviseur), sont la parfaite illustration de l’imbrication croissante entre la sphère politique et financière. Peut-on parler d’un retour du capitalisme d’Etat ? Le trader retiendra que l’entrée d’un fonds souverain au capital d’une société a régulièrement pour effet la hausse du cours en bourse, alors que le retrait d’un fonds souverain n’a pas d’effet significatif de baisse sur le cours d’une action (retrait progressif, non brutal).

actifs fonds souverains

B – Les Organisations internationales : Ce sont des structures supra-étatiques, composées d’Etat-membres ayant librement choisi de rejoindre ces organisations. Par la ratification du traité fondateur d’une organisation internationale, comme la Charte de l’ONU, le Traité de l’OTAN, ou encore l’ensemble des traités de l’OMC : {GATT 1994, ADPICS …}, l’Etat-membre perd certaines prérogatives au profit de l’organisation. L’Union européenne est une organisation d’intégration régionale, construite traité après traité. La ratification du Traité de Maastricht implique le respect de certains principes économiques : les critères de convergence. Critères de convergence (Traité de Maastricht) :

criteres maastricht

Ainsi, en rejoignant la zone euro ou en étant candidat : un Etat doit s’engager à suivre les critères de Maastricht (critères de convergence), à savoir :

– Inflation contenue : pas plus de 1.5 points que les trois Etat-membres ayant les meilleurs résultats en termes de stabilité des prix. Même si ce critère tend à être surveillé de manière plus laxiste depuis 2008, ce pour éviter la déflation et stimuler la croissance…

– Maîtrise des finances publiques (dette publique inférieure à 60% du PIB, déficit publique inférieur à 3% du PIB)

– Aucune possibilité de dévaluation du taux de change

– Taux d’intérêt long terme ne dépassant pas de 2% ceux des pays les plus rigoureux L’organisation internationale peut même infliger des sanctions d’ordres politiques, économiques, ou commerciales à un Etat-membre (décider d’un embargo à l’encontre du pays, sommer le pays à mettre en place des réformes structurelles, dénoncer le résultat d’une élection, demander des dommages et intérêts à un membre au bénéfice d’un autre membre pour une pratique commerciale non-conforme aux règles de l’OMC…).

organisation internationale

Source : http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1032223

Ces organisations ont diverses vocations : favoriser le libre-échange et dynamiser le commerce international (ALENA, MERCOSUR, SAARC, OMC, ASEAN, OCDE….), assurer la stabilité monétaire internationale (FMI), former un cartel de pays exportateurs à même de fixer la production (et donc le prix – OPEP pour le pétrole), assurer une protection commune (OTAN), créer un espace d’intégration politico-économique régionale (U.E), ou tout simplement veiller à la stabilité de l’ordre mondial sur tous ses aspects (économique, financier, politique, environnemental), comme le fait ONU..

C- Les ONG : Synthétiquement les ONG sont des associations (ex : association loi 1901 en France) actives à l’échelle internationale. En ce qui concerne la finance, les ONG se veulent des représentantes de « la société civile » face aux marchés… La plupart des ONG….

ong

Transparency International met au point un indice quantifiant la transparence dans le secteur public, pays par pays. Cet indicateur est suivi par de nombreux investisseurs afin d’avoir une vision chiffrée de la corruption (100 étant le meilleur score sur l’Indice de Perception de la Corruption en 2012, Corruption Perception Index 2012) :

indice corruption monde

Source : Transparency International, 2012 (Indice de Perception de la Corruption)

D – Les réseaux criminels : (comme les mafias, les réseaux terroristes…) sont devenus des acteurs de poids à l’échelle de la sphère financière internationale. Il a été estimé que le blanchiment d’argent représenterait de 2.4 % … jusqu’à 10% du PIB mondial en 2009 ! (selon les auteurs et la profondeur de la distinction entre l’argent et l’argent sale) L’argent sale est extrêmement volatil et circule : nombreux flux par les marchés de swaps, les produits structurés… On se souviendra de la crise financière et économique survenue abruptement à Chypre. Suite à un plan de sauvetage de l’U.E. et du FMI en mars 2013, l’île fait l’objet d’un audit sur la potentialité d’un blanchiment d’argent russe… Sans relever de la criminalité au sens strict (…du moins on ose l’espérer…), on peut aussi s’interroger sur la découverte d’une dette publique beaucoup plus importante en Grèce (à l’origine de l’effondrement du pays et de la dégradation en cascade de sa notation)… et des personnes qui ont pu bénéficier de ces dettes masquées… On se souviendra également du rôle très pro-cyclique des agences de notation (dégradation de la notation grecque « en cascade violente »), sans avoir pu anticiper la situation…

Les Espaces

La plupart des foyers de tension se localisent sur des zones de transit (commerce, pipelines) ou des régions riches en ressources, ex : le Bassin Caspien : une zone riche en hydrocarbures.

espaces geosgtrategique

Source : http://www.memoireonline.com/09/09/2703/Geostrategie-de-la-Caspienne.html

Problème ? Partage des eaux (et surtout des hydrocarbures) de la Caspienne dont le statut, (mer intérieure vs lac, qui conditionne le régime d’exploitation des hydrocarbures) est encore débattu. Les pays riverains veulent bénéficier au maximum de la rente des hydrocarbures et ne s’entendent pas sur le partage. Un oléoduc de Bakou (Azerbaïdjan) jusqu’à Ceyhan (Turquie), en passant par Tbilissi (Géorgie) est fonctionnel. Réserves estimées, jusqu’à : 10 % du gaz mondial et 6 % du pétrole. On notera la proximité de nombreux autres foyers de crise (Caucase Nord Russe, Iran, Kurdistan revendiqué, Iraq, Pakistan, Afghanistan, Détroit d’Ormuz…).

petrole geostrategie

Source : http://www.memoireonline.com/09/09/2703/Geostrategie-de-la-Caspienne.html

Ex : les détroits (la menace est d’autant plus avérée qu’une petite escarmouche ferait exploser des tankers dans une zone géologiquement fragile). Il est impressionnant de constater que 50% des flux pétroliers passent à travers une bande qui se rétrécit jusqu’à 50 km de large dans les parties les plus étroites (détroit de Malacca). On comprendra également le succès de Singapour, qui est en tête de pont face à ce détroit, donc parfaitement intégré aux flux commerciaux internationaux.

Malacca (piraterie, menace d’Al Qaida en Asie du Sud)  Ormuz (menace de fermeture par l’Iran).

50%  des flux pétroliers mondiaux

22%  flux pétroliers mondiaux

detroit-petrole

detroit-ormuz

Source : wikipedia (détroit de Malacca), source France 24, Téhéran veut-il vraiment verrouiller le détroit d’Ormuz, 20/12/2011 (détroit d’Ormuz)

’Iran a ainsi menacé de fermer le détroit d’Ormuz par lequel transitent plus près d’un quart du commerce international de pétrole. Au sommet de la crise du détroit d’Ormuz, en mars 2012, le baril s’est élevé à 125,45 dollars… petit retour sur l’événement…

« Détroit d’Ormuz : 22% des flux pétroliers mondiaux, soit 17 millions de barils par jour dont 1/5ème à destination de l’U.E., transitent à travers ce détroit d’une importance géostratégique considérable. La crise du détroit d’Ormuz depuis décembre 2011 est la transposition des tensions régionales et internationales liées au programme nucléaire iranien. Les marchés pétroliers se sont agités sur fond de crise diplomatique. C’est au sommet de la crise, en mars 2012, que le pétrole a atteint un plafond de 125,45 dollars le baril. L’économie iranienne reposant sur le pétrole, une fermeture du détroit reviendrait pour l’Iran à se tirer une balle dans le pied. De plus, les capacités de production de l’OPEP sont prévues à la hausse en 2013. Jusqu’à 5,5 millions de barils par jour pourraient être produits, en raison de la récente augmentation de productivité en Irak. Cette hausse aura donc un effet tampon sur un potentiel regain de tension au sujet du nucléaire iranien. »

Source : Traders Magazine, juillet 2013, page 22, « Risques géostratégiques et marchés financier, Alexandre PAMART »

A- Les espaces physiques (terre, mer, air) : Sur ces espaces se trouvent les populations, les ressources naturelles, les infrastructures de transport et de communication, les sièges sociaux d’entreprise, les usines de fabrication (assurant la production nationale)… Ces espaces furent des lieux d’affrontements par excellence, depuis l’Antiquité (guerres du Péloponnèse, guerres puniques, etc.), ce jusqu’au 20ème siècle. La mise en place d’un système de défense collective et de maintien de la paix (OTAN, ONU….), a contribué à la diminution des conflits entre Etats depuis la fin de la Guerre Froide. La plupart des conflits armés existants demeurent des conflits intra-étatique, c’est-à-dire menés par des rébellions, des guérillas sécessionnistes comme c’est le cas en République Démocratique du Congo, ou encore dans le Caucase Russe … l’inviolabilité des frontières d’un Etat demeure une règle globalement respecté et la tendance à la décentralisation apaise les revendications sécessionnistes. Les principaux litiges sont portés devant la Cour Internationale de Justice  (CIJ), l’organe juridique de l’ONU. Certains conflits liés à la possession de ressources naturelles sur des frontières poreuses ou mal définies peuvent déboucher sur des tensions.

C’est le cas par exemple des disputes sur les îlots en Mer de Chine du Sud, revendiquées par plusieurs pays (Chine, Vietnam, Indonésie, Singapour, Malaisie, Japon…). La possession de ces ilots se révèle stratégique pour étendre la zone économique exclusive des Etats (leur conférant des droits économiques exclusifs d’exploitation des ressources naturelles comme les hydrocarbures, les minerais ou encore les substances du fonds marin pouvant entrer dans la composition de médicaments pharmaceutiques).

Réserves de Pétrole : 23 à 30 milliards de tonnes  – Gaz : 16 000 milliards de m3 :

géostrategie

Source : http://leblogalupus.com/2011/06/11/risque-geopolitique-mer-de-chine-meridionale-la-mer-de-tous-les-dangers/

C’est la zone de tension la plus surveillée par les Etats-Unis, qui ont installé des bases militaires en Australie (Darwin) et passent des contrats de vente de F16 avec les différents pays alliés (Philippines, Indonésie..), pour contrer les prétentions chinoises.

L’Or noir du Grand Nord : Découvertes de pétrole / gaz naturel dans l’Arctique sous l’effet du réchauffement climatique.

or noir grand nord

Source image : L’Expansion, Arctique, « la nouvelle course aux trésors », 04/07/2011

or noir

L’or noir du Grand Nord : Au fur et à mesure que le pétrole se raréfie (risque du pic de production) son prix augmente. Parallèlement, cette meilleure rentabilité du pétrole autorise l’exploration de gisements techniquement plus coûteux. L’Arctique fait ainsi l’objet d’exploration et de prospection intensive. La fonte progressive des glaces (sous l’effet du réchauffement climatique), tend à rendre possible un accès direct entre l’Asie de l’Est (grosse consommatrice d’hydrocarbures pour alimenter sa croissance économique) et la Scandinavie. Cette possibilité réduirait le prix du transport pétrolier (avec un gain de près de 6 000 km entre Tokyo et la Scandinavie, au lieu de passer par les détroits de Suez, Ormuz, Malacca), ainsi que les risques (les pirates somaliens et indonésiens menacent les tankers, les assureurs demandent des primes plus élevés qui se répercutent sur le prix à la pompe…). Les pays qui pourraient réclamer l’exploitation de ces hydrocarbures sont la Russie, la Norvège, le Danemark (Groenland), les USA et le Canada.

Pour le pétrole : réserve estimé 84 milliards de barils, soit 5% des réserves mondiales, 2,5 ans de conso mondiale.

Pour le Gaz 51 000 milliards de m3.

B- Le cyberespace : c’est l’espace virtuel formé par Internet et le web 2.0 (les Réseaux sociaux, Facebook, Twitter, les Forums).

Source : http://www.contrepoints.org/2012/01/07/63903-evasion-dans-le-

Le trader recherche de l’information financière, les sites boursiers veillent à actualiser leurs informations et vérifient leur authenticité. Le cyberespace devient une véritable sphère d’affrontements entre entreprises concurrentes ou Etats…

« Sources d’informations financières, cet espace virtuel devient le terrain d’affrontement entre entités diffuses : hackers indépendants se servant d’un réseau de botnets, cyber-militaires formés par l’armée, groupes de protestation comme les Anonymous…. A titre d’exemple, le piratage récent de l’agence Associated Press a provoqué une chute du Dow Jones de 130 points le 23 avril 2013, soit une baisse relative de 1%. Le tweet à l’origine de cette chute était le suivant : Deux explosions à la Maison Blanche, Obama blessé. Il fut revendiqué par l’Armée Electronique Syrienne, alors que la guerre civile fait rage en Syrie, pour protester contre la position américaine. » Source : Traders Magazine, août 2013, page 21, « Risques géostratégiques et marchés financier, Alexandre PAMART »

Se pose aussi la question de l’indépendance des journaux. Deux types de dépendances peuvent être soulevées :

Dépendance économique : certains hedge funds dirigés par des grandes fortunes ont été accusé d’utiliser « l’arme informationnelle, comme effet de levier ». L’idée étant de subventionner des agences de presse pour accentuer la médiatisation de leurs prises de positions agressives.

Dépendance politique ou idéologique : c’est par exemple la critique dont fait souvent l’objet la chaîne qatari Al Jazeera (jugée « pro-occidentale » et économiquement libéral par les pays arabes ayant un passé socialiste, mais jugée « antioccidentale » tout en étant économiquement libéral par les pays européens).

Dès lors, l’hypothèse d’efficience informationnelle des investisseurs est remise en cause.

Conclusion

Les événements internationaux depuis le 11 septembre, illustrent l’importance de considérer l’aspect géostratégique avant de prendre un investissement conséquent, de longue durée, dans un pays émergent ou même sur une matière première. L’éternelle question : analyse fondamentale vs analyse technique se pose. Le risque géostratégique étant qualifié de risque externe (choc externe qui peut être systémique, local, sectoriel, asymétrique, symétrique…), son appréciation relève de l’analyse fondamentale. Toutefois, il est remarquable de constater que les signaux d’analyse technique (RSI) confortent des fois l’analyse géostratégique fondamentale (exception faite d’événements violents absolument pas prévisibles : tsunami, attentats…). Le trouble géostratégique survient généralement suite à un contexte économique morose, un climat politique progressivement tendu, une perte de confiance des investisseurs, des performances boursières faibles…

 

Plus d’information:

Géostratégie et marchés financiers
Noté cette article