La politique budgétaire est la gestion des recettes (impôts) et dépenses des administrations publiques d’un pays ou d’un état. La politique budgétaire comprend donc également la politique fiscale. Chaque année, les autorités compétentes votent un budget en fonction des recettes et des dépenses prévues. Le budget peut se présenter sous 3 formes :

  • un budget équilibré
  • un budget déficitaire
  • un budget excédentaire

Le solde budgétaire (recettes – dépenses) lui est un bilan de la politique budgétaire mené pendant l’année. Ce solde variera bien évidemment en fonction de la conjoncture économique. Une période de croissance aura un effet positif sur le solde budgétaire alors qu’une période de récession aura un effet négatif.

 

La politique budgétaire en période de récession :

En période de récession, le budget sera dans la quasi-totalité des cas un budget déficitaire. En effet, l’état va chercher a stimuler l’activité économique par les dépenses publiques afin de relancer la croissance. En reprenant la théorie Keynésienne (de J.M Keynes en 1936), ce budget ressemble a un budget de relance (augmentation des dépenses) mais si dans certains cas, le budget déficitaire peut etre du a une baisse des recettes fiscales (baisse du taux d’imposition). Il faudra distinguer s’il s’agit d’un budget volontariste ou d’une situation endémique reflétant une incapacité de l’État a contenir ses dépenses.

Un budget déficitaire induit une période de création monétaire. L’inflation sera donc mécaniquement forte et conduira a terme a une augmentation des taux d’intérets afin de contrôler l’inflation. On parle également de la politique de < la planche a billets >. Le but étant d’injecter un maximum de liquidité dans l’économie afin de restaurer la confiance entre les acteurs économiques. Par ailleurs, l’augmentation de l’investissement public et privé (les banques accordant plus facilement du crédit aux entreprises) entrainera la création de nouveaux emplois et le revenu des ménages va ainsi augmenter.

De part les effets du multiplicateur de dépôts et du diviseur de crédit, il est admis que l’accroissement du revenu des ménages sera plus important que le montant de la dette induit par des mesures de relance. En effet, l’augmentation du revenu des ménages va faire croître les recettes fiscales et donc le déficit sera couvert en théorie.

En pratique, cela n’est pas toujours le cas. Les liquidités injectées dans l’économie par l’Etat peuvent etre détournées de leur but initial qui est de favoriser le crédit. C’est le cas lorsque l’argent n’est pas redistribué par les banques aux entreprises et aux ménages. Les banques utilisent alors ces liquidités a ses propres fins tels que le trading pour compte propre. L’argent n’étant pas redistribué, les créations d’emplois sont insuffisantes et l’accroissement du revenu des ménages ne couvre alors pas l’augmentation du déficit. Cela peut alors avoir des effets désastreux.

 

La politique budgétaire en période de croissance :

En période de croissance, la discipline budgétaire devrait en théorie permettre de réduire le déficit public. En effet, durant cette période, les recettes augmentent et les dépenses sont réduites du fait que l’activité économique est déja dans un cercle vertueux. Toutefois, il faut faire attention a ne pas tuer la croissance en coupant les dépenses car si l’investissement induit des créations d’emplois, le désinvestissement a l’inverse induit des destructions d’emplois. Les périodes d’expansion ne sont pas forcement les plus faciles a gérer pour les Etats car il faut choisir ce que l’on décide de faire de l’excédent de recettes du a conjoncture économique favorable. L’Etat peut :

  • Rembourser une partie de la dette publique.
  • Développer des programmes sociaux.
  • Se livrer a une politique d’investissements publics.
  • Alléger le poids de la fiscalité.
  • Employer ces surplus en cas d’événement imprévisible.

Tous ces choix auront des conséquences tres différentes a la fois immédiatement et a long terme.

LES CONSEQUENCES IMMEDIATES :

Remboursement de la dette publique (baisse des taux “long terme” ; moins de compétition privé/public dans la recherche de financement ; allegement du poids de la dette)

  • Développement de programmes sociaux (aucune)
  • Politique d’investissements publics (créations d’emplois)
  • Allegement de la fiscalité (augmentation de la consommation)
  • Emploi des surplus en cas d’événements exceptionnels (c’est le cas des USA apres le 11/09/2001. Le gouvernement disposant de matelas fiscaux imposants peut décider d’allegements destinés a la fois a couvrir directement des pertes (40MM$ destinés aux compagnies aériennes et aux compagnies d’assurance et réassurance) et a relancer la consommation (100MM$ d’allegements fiscaux pour les ménages)

LES CONSEQUENCES A TERME

  • Remboursement de la dette publique (baisse d’impôts entraînant une hausse du revenu disponible (qui sera partagé entre consommation et épargne.)
  • Développement de programmes sociaux (plus de place a l’État providence et hausse du revenu disponible des ménages)
  • Allegement de la fiscalité (les conséquences dépendront de la nature de la baisse de fiscalité ; s’il s’agit de diminution de l’impôt direct (cas des USA), a terme la hausse de la consommation entraînera une hausse des rentrées fiscales indirectes; s’il s’agit d’une baisse de l’assiette de l’impôt, aucune conséquence a terme.
  • Emplois des surplus pour des cas exceptionnels (les conséquences a terme dépendront a la fois de la gravité des évenements et des choix politiques faits pour corriger cette situation)

Toutefois, peu importe le choix de la politique monétaire, le solde budgétaire est tres dépendant de l’évolution de la conjoncture économique. C’est pour cette raison que la politique budgétaire a parfois des effets contraires aux objectifs de l’Etat.

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Politique budgétaire
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