L’analyse fondamentale est utilisée par de nombreux intervenants sur le Forex même si l’analyse graphique (cf : figures chartistes) l’est aussi. Ceci implique que leur horizon d’investissement est beaucoup plus longue car les répercutions des fondamentaux ne sont pas immédiates (certains éléments sont déjà inclus dans les cours). Le but de l’analyse fondamentale est d’évaluer au plus juste la valeur théorique d’une devise par rapport à une autre en fonction de la conjoncture économique au sein des pays concernées. Sur le court terme, l’analyste fondamentale va donc étudier les divers indicateurs économiques mais pas uniquement. Il prendre également en compte la qualité de gestion, la politique gouvernementale, les mesures mises en place ou à venir etla structure de son activité économique (comment est composé l’offre et la demande de produits et services). Une fois son analyse terminé, l’analyste dira si la devise en question est sur ou sous évalué par rapport à une autre devise.

A voir aussi : Faut il privilégier l’analyse fondamentale ou l’analyse technique ?

PIB – Produit Intérieur Brut :

Le PIB est la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises situées sur le territoire national. Ces entreprises peuvent être françaises ou étrangères. Il ne faut pas le confondre avec le PNB. Le PIB additionne l’ensemble des activités de production du territoire. Si le PIB était calculé à partir de cette définition, certaines productions seraient comptabilisées deux fois. En effet, de nombreux produits sont fabriqués à partir de produits intermédiaires. Un ordinateur par exemple nécessite la transformation d’une multitude de pièces informatiques pour aboutir au produit final, l’ordinateur. Le PIB prend donc en compte seulement la production de produits finis et exclut les produits intermédiaires. Le niveau réel d’activité sur le territoire apparaît donc non faussé. Le PIB est l’un des indicateurs de référence pour un pays. Il est souvent exprimé en pourcentage de variations par rapport au PIB de l’année précédente. Des comparaisons faciles peuvent ainsi être effectuées entre les différents pays. Mais attention, il faut comparer des pays avec des niveaux de développement semblables. On ne peut par exemple pas comparer la Chine avec une croissance de son PIB d’environ 10% et la France avec un PIB de 2%. On parle alors de croissance économique. En effet, la Chine est un pays en voie de développement alors que la France est un pays déjà développé. Elle ne peut plus atteindre un niveau de développement pareil.

Le PIB est aussi utilisé par les états pour la construction de leur budget, le budget étant établit à partir de prévision de croissance du PIB. Il permet aussi d’obtenir des points de références. Les pays membres de l’Union Européenne étant par exemple limités à un déficit de leur budget de 3% du PIB.

En pratique:

Si le PIB publié par un pays est supérieur à celui de l’année précédente, il y a création de richesse et la monnaie du pays va s’apprécier. L’effet est donc positif.

Si le PIB publié par un pays est inférieur à celui de l’année précédente, il y a destruction de richesse et la monnaie du pays va se déprécier. L’effet est donc négatif.

Très souvent, c’est la prévision du PIB qui est intégrée dans le cours avant la publication. A l’annonce, si le PIB est supérieur aux attentes, la monnaie s’apprécie; Inversement, si le PIB est inférieur aux attentes, la monnaie se déprécie. Ainsi, il est courant de voir une monnaie s’apprécier à la suite de l’annonce, alors que le PIB est inférieur à celui de l’année précédente. (C’est parce que les prévisions étaient plus mauvaises que le réel)

L’Inflation :

L’inflation est l’augmentation générale des prix et entraine donc la dépréciation de la monnaie. La dépréciation monétaire est le fait pour une monnaie de perdre de la valeur par rapport aux biens et services qu’elle permet d’obtenir. Il est nécessaire d’avoir plus de monnaie afin d’acquérir un même bien ou service. C’est donc une perte de pouvoir d’achat. Ce phénomène est donc une conséquence de l’inflation. En effet, l’inflation est du à une forte création monétaire ce qui fait perdre de la valeur à la monnaie. C’est le cas lorsque le pays est en phase de croissance, les taux d’intérêts étant bas, ce qui permet une injection importante de monnaie dans le circuit économique. La dépréciation monétaire est alors du à la hausse du nombre d’unités en circulation. Cependant, l’inflation est normalement compensé par une hausse des salaires, ce qui vient contrer la perte de pouvoir d’achat du à la dépréciation monétaire. Enfin, il est important de distinguer la dépréciation interne, du à l’inflation à l’intérieur du pays et la dépréciation externe qui est du à la décote de la monnaie par rapport aux autres monnaies. Cela traduit d’une perte de confiance des acteurs étrangers pour la monnaie nationale. C’est la politique du pays qui entre alors en compte. Le pays peut vouloir par exemple une monnaie faible afin de doper ses exportations.

En pratique :

Lorsque l’inflation est trop importante, la parité de pouvoir d’achat du pays en question se déprécie sur le long terme.

Sur le CT, l’inflation ou plutôt ce qui la provoque a plusieurs effets. Si le taux d’un pays baisse, le cours de la monnaie en question va baisser elle aussi. A l’inverse, si le taux monte, le cours va monter. Cela s’explique d’une façon simple, si les taux d’intérêt montent, c’est pour lutter contre l’inflation et c’est donc perçu positivement par le marché.

L’inflation est évaluée par l’indice des prix à la consommation (IPC). Sa publication a donc un impact important sur les différentes parités de la monnaie concernée.

Forex Déflation :

La déflation est une période économique pendant laquelle on constate une baisse des prix. Il y a donc augmentation du pouvoir d’achat. Il faut cependant que cette baisse ne soit pas ponctuelle, mais qu’il y ait un vrai mouvement de baisse des prix pour que l’on soit en déflation. La déflation est de nos jours un phénomène très rare. Même en cas de ralentissement économique, la déflation n’apparaît que très peu. Il faut donc une volonté marquée des politiques pour qu’un pays soit en déflation, comme cela a été le cas dans les années 20 en France. Ce cas de figure n’apparaît que très rarement. En effet, les gouvernements et entreprises sont sans cesse mis sous pression par les salariés pour voir leur salaire augmenter. Or, l’augmentation des salaires crée de l’inflation puisqu’il y a plus de monnaie en circulation. En cas de croissance,  une baisse des prix est donc impossible. Les banques centrales telle que la BCE, ont malgré tout pour priorité la lutte contre l’inflation. Elles cherchent à contrôler l’inflation mais n’ont pas pour but de la stopper. L’inflation, si elle n’est pas excessive est considérée comme un élément de croissance. En revanche, si la conjoncture va mal, il y a ce que l’on appelle la désinflation, c’est-à-dire une baisse du taux d’inflation et donc un ralentissement de l’inflation. Le niveau général des prix augmente alors moins vite. Cela se fait naturellement mais sur une période qui peut parfois être longue. Pour qu’il y ait déflation, il faudrait que les entreprises baissent leurs prix de vente. Le problème est qu’elles ne peuvent pas réduire leurs coûts aussi rapidement que la baisse de l’activité ne s’effectue.  Cette baisse de l’activité est du à la faible consommation des ménages. Mais, afin que l’entreprise s’adapte à cette baisse d’activité, cela demande du temps.  Elle doit revoir sa chaine de production, réduire les cadences, trouver de nouveaux fournisseurs moins chères, renégocier certains contrats. Tous ces facteurs font que le processus est long. Aujourd’hui, ce cas de figure n’est pas à exclure. En effet, on assiste avec la crise actuelle à une baisse des prix sur certains produits. C’est notamment le cas de l’automobile. Cependant, ce n’est pas le cas pour l’ensemble des produits et cela ne provoque pour l’instant que de la désinflation. La déflation semble donc difficile à atteindre car de plus, les gouvernements ne sont pas forcement prêt à accepter qu’il y ait déflation. Il essaye par ailleurs de relancer l’activité par divers moyens, tel que la baisse des taux par exemple.  Mais, une crise durable pourrait à terme, mener à la déflation comme cela a été le cas au Japon en 1998.

En pratique :

– La déflation ne pouvant apparaître que conjointement avec des taux d’intérêts très faibles, cela va avoir un effet néfaste sur la monnaie sur le court terme. La monnaie va en effet subir le phénomène du carry trade, puisque les investisseurs vont emprunter la monnaie, c’est-à-dire la vendre pour en acheter une autre plus rémunératrice. La monnaie qui a le plus faible taux d’intérêt (cf : tableau des taux), doit normalement se déprecier sur le court terme par rapport aux autres devises.

– Sur le long terme, une devise subissant la déflation est théoriquement censée s’apprécier puisqu’elle voit sa parité de pouvoir d’achat augmenter. En effet, les ménages ont un pouvoir d’achat plus important vu que les prix baissent. Mais dans la réalité, une période de déflation est néfaste pour la croissance économique du pays et donc pour sa devise, entrainant sa dépréciation sur le Forex.

 

 

Plus d’information:

Analyse Fondamentale
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