Le G20 a été créé en marge du G7 du 25 septembre 1999 de Washington, lors d’une réunion des ministres des finances du groupe, après la succession des crises financières dans les années 1990. Le but de ce nouveau groupe est alors de favoriser la stabilité financière internationale et de créer des possibilités de dialogues entre pays industrialisés et pays émergents, ce que les réunions des ministres des finances du G8 ne permettaient pas. Il vise donc à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Outre son rôle d’éviter les crises mondiales, le G20 tient donc également le rôle de forum sur les questions budgétaires et monétaires, de croissance, de commerce et d’énergie.

Selon ses créateurs, ce groupe constitue “90% du Produit intérieur brut mondial, 80% du commerce international (y compris les échanges interne a l’UE) et les deux tiers de la population mondiale”, lui donnant un poids politique et une importante légitimité.

Voici une carte montrant la localisation des différents membres du G20 :

g20

Dans les pays du G20, on retrouve donc les membres G8 ainsi que 11 pays à économies émergentes. L’Union européenne est représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne, ce qui explique le nom de G20. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) sont également présents.

 

Un rôle grandissant avec la crise

Au départ, seule une réunion des ministres des Finances et banquiers centraux se tenait par an. Le rôle du G20 s’est renforcé l’an dernier avec la crise financière, lorsqu’un premier sommet de ses chefs d’Etats a eu lieu le 15 novembre a Washington, a l’invitation de l’ancien président américain George W. Bush.

Le 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire, ce sont donc les chefs d’État ou de gouvernement qui se sont réunis et non uniquement les ministres des finances.

Ce sommet du G20 a condamné la tentation protectionniste et recommande dans son communiqué final des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides, il souligne aussi l’importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées a chaque pays.

Un nouveau sommet a eu ensuite lieu quelques mois après, le 2 avril 2009. Cela montre l’importance de ce Groupe de 20 lors des crises. Le G20 cherche des moyens d’actions et instaure de nouvelles règles pour que d’une part, le monde puisse sortir de cette crise et d’autre part qu’une telle crise ne se reproduise plus. Des actions très concrètes ont donc été prises a l’issue de ce sommet.

 

Le sommet de Londres : Un tournant majeur

Voici les principales mesures qui ont été adoptées a l’issue du sommet :

1 – 1000 milliards de dollars supplémentaires pour le FMI et la Banque mondiale

Le G20 s’est engagé a augmenter de 1000 milliards de dollars les ressources du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Selon le communiqué final, les dirigeants des deux institutions seront désormais nommés au mérite.

En pratique, le FMI verra notamment ses moyens tripler, avec 500 milliards de dollars supplémentaires, a précisé Gordon Brown au cours d’une conférence de presse. Ces fonds seront constitués par de “l’argent nouveau” et par des droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI.

Le Fonds va également pouvoir vendre de l’or pour financer son aide aux pays les plus pauvres. Et 250 milliards de dollars seront consacrés à aider le financement du commerce pour relancer les échanges mondiaux.

Tout cela va donc renforcer le pouvoir du FMI qui pourtant est souvent critiqué par les spécialistes. Il est souvent dit que le FMI est ‘en retard’ et qu’il voit arriver les  crises après tout le monde. Cela est en parti du à son importance politique. Le FMI est en effet souvent très optimiste pour ne pas affoler les marchés financiers.

2 – Une liste noire des paradis fiscaux

Une liste des paradis fiscaux a été publiée par l’OCDE pour décourager l’évasion fiscale. L’OCDE a publié deux listes de paradis fiscaux. Une liste noire compte le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l’Uruguay. Cette liste inclut les pays qui ne se sont jamais engagés à respecter les standards internationaux. Une deuxieme liste, incluant 38 pays dont Monaco, le Liechtenstein, la Suisse, le Luxembourg et la Belgique, recense les Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l’OCDE mais ne les ont pas “substantiellement” appliquées. L’OCDE a également publié une liste de pays qui appliquent “substantiellement” les règles internationales, dont la France, la Russie, les Etats-Unis et la Chine.

“Le temps du secret bancaire est révolu”, s’est félicité Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse a l’issue du sommet. Le principe d’une liste noire des pays fiscalement non-coopératifs a en effet été entériné par le G20. L’OCDE devrait publier dans les heures qui viennent la liste de ces Etats qui ne sont pas en conformité avec les règles mondiales d’échange d’informations fiscales.

Une liste de sanction est également prévue pour ces places non coopératives : “dans la déclaration, elles vont de l’alourdissement des contraintes administratives a l’interdiction des organisations internationales a placer de fonds dans ces Etats. Et une palette de sanction doit etre définie par les ministres des Finances même si un certain nombre sont prévues dans la déclaration”, a précisé Nicolas Sarkozy.

3 – De “nouvelles règles” de gouvernance des marchés financiers

Par ailleurs, les pays du G20 se sont mis d’accord pour mettre en oeuvre de “nouvelles règles” sur les salaires et les bonus au niveau mondial, a annoncé le Premier ministre britannique a l’issue du sommet.

Les dirigeants ont adopté des principes communs et des sanctions sont déjà prévues pour les faire respecter : “ceux qui auront des politiques risquées en supporteront le prix en termes d’exigences en capital. Pour faire clair, les superviseurs pourront imposer à des banques qui n’auront pas des politiques de rémunération des traders raisonnables des obligations en termes d’augmentation de leurs fonds propres. La aussi c’est du jamais vu”, a déclaré Nicolas Sarkozy.

Les Hedge funds et les fonds seront eux aussi encadrés par des superviseurs. L’activité des banques elle aussi sera contrôlée, notamment tout ce qui concerne les activités de titrisation et de hors-bilan qui devront être plus transparentes. Un nouvel organisme de la finance mondiale doit également voir le jour pour prévenir les crises.

 

Conclusion sur le G20

Les principaux dirigeants mondiaux se retrouveront a nouveau dans six mois, après la prochaine assemblée générale de l’Onu, a New York en septembre 2009. “Le premier sommet du G20, les principes, Washington, le deuxième sommet du G20, l’opérationnalité, le troisième sommet du G20, l’évaluation”, a détaillé Nicolas Sarkozy.

 

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